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3.3 İslam Kalkınma Bankası Perpektifi

3.3.5 İslam Kalkınma Bankası Yoksulluk Göstergeleri ve Ölçümleri

Comme nous l’avons indiqué, parlant de la laïcisation de la transe, la pensée rationnelle domine dans l’histoire de l’Occident dès l’époque de la Grèce classique sans toutefois éradiquer la pensée « sauvage ». On l’a vu, la laïc isation de la transe (solidaire de celle de la pensée) commence avec la crise induite par Simonide de Céos en rapport avec la transe poétique. Au cours de l’histoire d’Occident l’hégémonie du rationnel s’accroît, provoquant une « fermeture épistémique » relative à la possibilité des voyages dans d’autres mondes. La pensée symbolique perd peu à peu sa capacité à pénétrer la profondeur des univers chamaniques, à relier par ses ponts sémantiques les dimensions du grossier, du subtil et du causal, à établir un lien entre nature et surnature. D’une certaine manière, le mode le plus subtil de la psyché (tout ce que regroupe ce mode en fonction des terminologies différentes) est comme rayé de la carte anthropologique ; d’une dimension tripartite (corps – cœur – esprit), on passe tout d’abord à un dualisme « âme – corps » (Descartes), puis dans notre ère post- moderne à un monisme unidimensionnel « corps » réduisant l’homme à ce que certains ont nommé : l’homo biologicus.

La la ïcisation est réalisée: de l'ordre initial où la transe visait « Aléthéia » (Vérité), de la hiérarchie intime allant dans le sens esprit - cœur - corps avec leurs nourritures respectives et leur importance proportionnée, on est passé au nouvel ordre tyrannique, avec ses idéologies spécifiques, allant dans un sens inverse: corps (hédonisme - matéria lisme - consumérisme) - cœur (psychologisme - émotionalisme) - raison (rationalisme - athéisme) avec l'élimination de la fonction symbolico-spirituelle. La laïcisation, du même coup, dilue la cohésion communautaire et instaure le règne de l'individualisme. "L'en-soi" social voit sa base éthique disparaître et surgit alors un "pour-moi" anomique revendiquant une liberté « d’ivresse » sans référence aux normes initiatiques qui jalonnaient jadis les chemins de la transe.

Dès lors, la transe post-moderne n’a plus d’orientation ni le pouvoir d’activer les liens transitiques à des niveaux mult idimensionnels ; elle s’évertue, de manière spectaculaire, à épuiser par ses fantastiques vibrations, le « corps végétatif » dans lequel, catalysée par la substance toxicomanogène, elle a été induite.

Il a été écrit, en ce qui concerne la transe et les états de possession, de même que d’autres états modifiés de la conscience que ceux-ci « pouvaient être produits dans n’importe quel cadre par n’importe quels agents ou procédés qui interfèrent avec le flu x normal des sensations et des stimuli proprioceptifs, le flux norma l des impulsions motrices, la « tonalité émotionnelle » ou le flux normal et l’organisation des processus cognitifs » (Ludwig 1968, 70). Et le mê me auteur rajoute : « les niveaux de stimulations extéroceptives, qu’ils soient au-dessous ou au-dessus d’un « niveau optimal », de mê me qu’un appauvrissement des stimuli environnementaux divers et variés, se révèlent favorables à la production d’états modifiés de la conscience ».

En prenant l’exe mple d’une « rave party » post-moderne, les stimuli

des lumiè res, la danse, la promiscuité des danseurs, la musique, le jeûne, chacun de ces facteurs étant à sa mesure un vecteur de transe. Il apparaît d’emblée qu’il manque ici le paramètre « orientation ». Les participants à la rave ne vivent pas un processus identificatoire, du moins pas celui qui consisterait officielle ment à s’identifier à « un dieu ». Et pourtant, c’est ce que nous aimerions démontrer, demeurent toutefois sous- jacents aux diffé rentes transes apparemment chaotiques, les « résidus » des transes archétypales, jubilative, héroïque, chamanique et autre sous le signe des Apollon, Mars, Dionysos et compagnie.42 En considérant quelques transes post-modernes dans leur rapport à l’espace, nous aimerions souligner ce fait, qu’en dépit de la désorientation explic ite des transes culturelles, subsiste au plus profond de la psyché post-moderne, comme une mémoire transitique visant malgré tout à l’identification avec un « dieu », soit à une transe de possession inconsciemment recherchée.

1. Le rapport du cocaïnomane à l’espace et la transe héroïque

L'espace n'est rien d'autre que la manière dont s'assemblent et se rassemblent les formes, leurs jeux d'expansion et de contraction dans des entrecroisements réciproques. Comment la conscience pourrait-elle se représenter un espace vide, en formuler mê me le concept, si elle ne le faisait par comparaison spontanée à la mé moire d'un espace peuplé d'objets.

Le vide est spatialement inimaginable, inconceptualisable, aperceptif. C'est le rapport d'une conscience à des formes qui postule l'espace. Ces formes s'agencent selon une régularité conventionnelle, répétant les structurations "attendues" et formant le monde de la normalité: celles-ci définissent alors l'espace de la conscience de veille. Lorsque le jeu des formes ne correspond plus aux mécanismes phénoménaux prévus et aux logiques spatiales déterminées, ces formes relèvent alors du fantastique de la conscience transitique.

Chaque substance toxique est une puissance spécifique, un pouvoir d'animation particulier en ce sens qu'ils stimulent dans une région de l'âme en résonance, l'effectuation d'une ambiance et d'une coloration correspondantes, d'une pensée et d'un comportement synchrones.

Il nous paraît donc opportun de décrire les espaces liés aux prises de drogues différentes pour déterminer quels modes de l'âme sont activés et précipités dans la descente de nos transes contemporaines. Après avoir répertorié le flot d'images recueillies à travers les témoignages des transes des toxicomanes, nous pensons pouvoir établir d’intéressantes comparaisons entre quelques formes d'ivresse induite par la cocaïne, l'héroïne, le LSD et les ivresses archétypales répertoriées chez Platon.

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On peut relever ici un phénomène de liminarité avec inversion mais dont il n’y aurait plus la réintrégration codi fiée et effective. Turner, p arlant d es hippies, signale l’inversion à travers les v aleurs et l es comport ements choisis. Si l’ambiance « zen » caractérisant la mentalité hyppi e (don c contemplative) et l a communitas non structurée dans laquelle ils évoluent, s’appliquent bien à l a liminarité d e la deuxièm e période, le processus échoue souvent p ar rappo rt à la troisième période dite de réintégration sociale, parce qu e le rite de p assage n’est plus codifié, mais simplement vécu de manière « inconsciente » .

Vo ici un premier compte-rendu de « Michel André » relatif à sa perception sous cocaïne.

Cubrik 1995. Rock will dans le canton de Berne, dernière ivresse mémorable et incontrôlable de tous mes sens et même plus... c'est une mega rave de 20'000 personnes réunies pour un seul et même but : une déjantée névrosée sur de la techno à 100% !! C'est de la folie, une ambiance irréaliste et futuriste; le look des mecs et des gonzesses est terriblement excitant... bref. Le "matos" de base pour une bonne soirée et le reste c'est au moins cinq grammes de coke par personne. La première disjonctée c'est le matin même, le premier pilz de cok e, en plus au volant de ma "Uno Turbo IE", la musique à coins ! Cette sensation de bien être quand l'effet du pilz commence, il se passe une montée de chaleur qui m'envahit le cerveau avec en plus une irrésistible envie de bouger. J'appuie sur les gaz... le paysage avec tous ses objets ridicules disparaît... il n'y a plus que la route et bientôt même plus la route... j'ausculte avec une infinie précision les milliards de grains de goudron qui s'étalent maintenant sur deux lignes se rapprochant à une vitesse effrayante, se jouxtant là-bas en un point au fond de l'entonnoir : le bout de la route. Je ris, je suis heureux, je vois tout très clairement, il n'y a pas de problèmes... plus. J'arrive et j'entre dans la danse. C'est génial ! je me démembre comme un robot. Je serre les dents et j'ai un goût de fer dans la bouche. Je suis tout métallique... j'avance irrésistible et je fends la foule sans importance qui sourit béatement. C'est l'extase. Toutes les formes qui dansent sont du pur mouvement. J'en saisis une et je la dissèque jusqu'en ses plus intimes profondeurs. Je sais tout sur elle et je sais tout sur tout. Je suis artiste, nabab, homme d'affaires, ministre, et je disserte en maître sur tous détails. Ma pensée s'enfonce avec une obsession pénible soudain sur un truc qui lui résiste. Elle veut aller plus loin, lui ne veut pas... il résiste. La pensée me dit :"qu'y a-t-il là-derrière de louche". Alors c'est la parano... le petit détail au fond du détail que je ne peux saisir, rebondit comme un boomerang dans la salle, remplit de doute toutes ces formes auparavant indifférentes et les relance, menaçantes, contre moi. Vite un pilz, on va bien voir.

En substituant les termes à la mode par ceux de l'époque médiévale, la "Uno Turbo IE" par le fougueux coursier, par e xe mple, on aurait pu croire à la description d'une chevauchée héroïque. Un premier effet de la cocaïne est donc de susciter une conscience transcendant les corps, d'énergétiser l'espace des formes lourdes et végétatives jusqu'à leurs transformations en "purs mouvements", en structures de plus en plus minuscules, en "détails" atomisés concentrés à l'e xtrême dans le point final que Michel-André nomme : le bout de la route.

La pensée est ici de nature schizomorphe avec une tension radicale au découpage du réel. A la limite de cette hyperconcentration du spatial, après avoir exc lu l'une après l'autre les formes constitutives de l'espace, celui-ci n'existe plus. L'ivresse anagogique du héros, sous le signe de Mars, montrait que la lutte contre "l'ego", la grande guerre, se fait les armes à la main et que les portes du ciel doivent être forcées par l'épée. A

nouveau, dans le texte de Michel, nous observons de curieuses analogies; moteurs, musique, goût de fer dans la bouche, sensation de métal, toutes allusions qui nous ramènent aux ambiances métalliques des grandes épopées avec leurs rumeurs stridentes et leurs mouvements frénétiques. Sous l'effet de la coke, Michel-André se transforme en avatar négatif du héros traditionnel. Mais là encore, par le sens a priori donné à l'expérience, le résultat est contraire à celui recherché dans l'ivresse héroïque. D'une part l'ivresse cocaïnomaniaque exalte l'imaginaire de l'âme végétative à s'investir dans des formes surpuissantes et mégalomaniaques, ce qui apporte cette illusion de vertus héroïques, d'autre part le mental investi de ces mêmes formes démesurées focalise sur un cap "sans fin et sans fond", sourd aux ordres d’une intelligence lui dictant le chemin.

Ainsi l'espace du cocaïnomane, indéfiniment dichotomisé, est réduit au terme de la crise à ce point limite que symbolise la conscience d'un moi hypertrophié, exalté ou paranoïaque. Disparaissent alors dans cette centralisation égotiste maximale la conscience des autres et la possibilité d'une quelconque transcendance. Malgré son sentiment d'omnipotence, Michel-André est seul avec ou sans lui-mê me. Les formes qui dansent ne sont pour lui que des formes "indifférentes" au sourire "béat". Son espace d'ivresse coïncide alors avec celui du solipsisme et de l'auto-enfermement, lieu d'une clôture où le mental dissèque de l'imaginaire jusqu'à épuisement.

2. Le rapport de l’héroïnomane à l’espace et la transe jubilative

Si l'analogon positif du cocaïnomane peut être représenté par le héros classique qui cherche la "réalisation" dans la voie de l'action, l'analogon positif de l'héroïnomane peut correspondre au sage méditatif engagé dans la voie de la contemplation.

L'héroïne fonctionne comme un dépresseur du système nerveux central et un "agent parasympathéticotonique". Lorsque le toxique entre en action, il stimule la "végétativité" de l'âme et inhibe la fonction mentale et intellectuelle. La puissance se porte sur l'âme végétative et exacerbe les perceptions spatiales d'horizontalité et de profondeurs "engloutissantes". Lorsque le système nerveux central est quasiment interrompu, lorsque les fonctions du mental responsables des représentations formelles sont mises hors circuit, lorsque la fonction symbolique et intelligible réglant le sens "de l’être" est inhibée, temps et espaces se fondent dans le Tout.

Ici, nous avons le mouvement inverse de celui observé lors de l'ivresse de Michel- André. Dans celle-ci, l'univers se condensait en se rétractant dans le centre/ego d'une conscience personnelle. Dans l'ivresse héroïnomaniaque le centre/ego se dilate à travers le rayonnement centrifuge jusqu'à se perdre aux e xtré mités du cercle universel. L'héroïnomane, lors de sa tentative transitique, est en expansion et sa conscience se moule au grand vide de l'espace, vide de représentations. Sa perception est celle d'une descente vertigineuse dans les eaux matricielles, dans la grande âme végétative du monde. Sa conscience, contrairement à celle du cocaïnomane, fait l'e xpérience "mystique" du Tout, mais celui-ci est la nature avec ses forces obscures, souterraines,

engloutissantes, dissolvantes, avec ses monstres larvaires de l'inconscient liquide qui grignote cette conscience jusqu'à l'oubli mê me de son nom.

Le plaisir, dans cette chute, réside dans la perception d'une ineffable paix. L'héroïnomane devient un homme sans songes, sans rêves, sans projets, sans espoir. Son seul rêve est de perpétuer sans cesse cette paix, comme un oubli de lui-même . L'obsession de Michel-André portait sur le découpage du réel par la tension du mental. Il reste une obsession à l'héroïnomane : son corps. Et c'est là le grand paradoxe de l'homme à la seringue, déchu, mal nourri, ma l vêtu, ma lade et sans hygiène, perforé, troué, les artères violettes et le corps sale et croûté: l'obsession d'aimer celui-c i. Il l'aime et l'idolâtre parce que ce corps est le véhicule qui l'emmène vers cette paix absolue et nirvânique. Il lu i voue un culte, des rites, et même un langage.

Alors je commence à sniffer de l'héroïne, d'abord ça n'a rien de spécial, mis à part ce sale goût qui me descend tout au long de la gorge. Soudain me voilà dans un nouveau monde. C'est fantastique. Je ne me reconnais plus, je suis quelqu'un d'autre, je suis, excuse-moi l'expression, au septième ciel. Mais il me fallait plus; alors je prends la shooteuse et là c'est le sommet. C'est comme un rituel quelque part. Il y a toute une préparation importante, chimique, si je peux dire. Après j'observe la veine, je la lisse, la compresse et mets la ligature pour la voir belle, bleue et gonflée. J'approche la shooteuse, je pique... C'est l'extase.

Alex

Alex aurait pu dire "c'est l'orgasme". Car c'est une "véritable" partie d'amour qu'il s'est joué entre l'aiguille-pénis, la veine-vagin et le flash-orgasme.

L'e xa ltation enivrante de Michel-André s'accroissait au fur et à mesure du processus performant de mic rocentration culminant dans la contemplation égocentrique, en équilibre instable pourtant, toujours proche de la rupture et de la chute paranoïaque. L'ivresse d'Alex consiste en une macrodissolution du "moi" dans le corps cosmique, en retour récupéré, réduit lui-mê me à devenir "l'ego" du corps de l'épave héroïnomaniaque.

La transe jubilative du soufi ou du mystique chrétien vise à l'intégration du moi en Dieu. L'e xpérience de l'héroïnomane est une expérience de mystique naturelle dans l'immanence de l'indifférenciation des éléments. Ce qu'il perçoit, dans son ivresse, ne relève aucunement de principes transcendantaux décrits par les adeptes de la transe jubilative tels l'Un, le Beau, le Bien, le Vra i, etc... qui qualifieraient sa paix totalisante. Celle-ci se caractérise plutôt par une absence de « qualités archétypales », par un néant de déterminations vécu au seuil le plus bas de la végétativité. Cette dernière, lors de l'e xtase, absorbe dans son bouillon de sèves ténébreuses le grand souffle voilé de la pensée symbolique, réduit lui-mê me à une vastitude émotionnelle sans coloration, qui s'anéantit dans une vie amorphe semblable à celle "des ténèbres qui régnaient sur l'abîme".

Ici la dé marche analytique et focalisante n'est plus de mise. La conscience a la nature des vagues; elle épouse les corps émoussés du réel et les rares reliefs dont elle prend encore connaissance, résident dans les récifs brumeux des songes et des mélancolies. A force de s'épandre à l'e xtérieur, la conscience se perd dans les grands espaces horizontaux auxquels elle s'identifie. Dans ses dérives centrifuges se dilue peu à peu et parfois à jamais son propre principe d'identité.

L'héroïnomane n'a alors plus que l'apparence du compact; son intérieur, semblable à une poussière d'arbre mort, se désagrège dans le néant; au niveau animique ses fonctions intelligibles et sensitives se sont diluées dans la fonction végétative, elle- mê me diluée dans l'âme du monde : la materia prima. Au niveau bio-chimique la parasympathéticotonie a anesthésié "toutes les excitations sensorielles et nerveuses". Système nerveux central et système nerveux sympathique sont au repos. Les ondes cérébrales bêta, similaires à celles des méditants aguerris, oscillent calme ment en de larges arabesques à fréquence réduite. Le "chlorydrate de l'ester diacétique" a officié comme solvant, d'abord dans le sang, puis dans l'intimité cellulaire jusque dans les véhicules de l'information eux-mê mes, où il a posé le sceau de l'informe, d'une paix nocturne, du chaos primordial.

D'une certaine façon, l’héroïnomane est mort à son « nom » et la conscience diluée dans le Tout ne peut, sémantiquement, que restituer du Tout. Les descriptions phénoménologiques de l'ivresse héroïnomaniaque ne s'embarrassent d'ailleurs ni de symboles ni d'images, puisque ceux-ci manquent. Seule la répétition lancinante du seul concept pouvant tout englober, le tout et ses synonymes de néant, ramène aux récits de l'e xpérience. Au réveil dramatique, la fusion se révéle alors éphémère; l'impact de l'union végétative seule est lacunaire car elle n'unit qu'une partie de l'âme. Au sortir de l'ivresse les fonctions sensitives et symboliques se manifestent comme la souffrance d'une blessure, un instant endormie, et soulignant encore davantage l'échec de l'union. Le mystique chrétien et le soufi en transe jubilative se propulsent dans la transcendance par l'envol de leur esprit dans lequel sont subsumées les autres fonctions de la psyché. Dans l'enstase, comme ils la décrivent, ils vivent l'Amour et la Lumière et le retour à la conscience de veille ne provoque pas les catastrophiques ruptures éthiques, l'oubli du beau, les dérives comportementales observées chez les toxico manes. La voie de la contemplation chez l'héronoïnomane est illusoire et sa mystique subversive. Les sages de l'héroïne, dans leur lente immersion minérale où, d'une certaine manière, ils expérimentent la fusion cosmique, ne ramenent aucune perle du voyage.

3. Le rapport de l’ « halluciné » à l’espace et la transe mixte

La subversion héroïque consiste en l'hyper-excitation enivrée du cocaïnomane et la subversion contemplative en la dissolution extatique éprouvée par l'héroïnomane. Les hallucinogènes exaltent la vision magique, les fresques stupéfiantes de l'e xtraordinaire, mêlant aux ombres monstrueuses de l'Hadès, parfois, les lueurs étincelantes des empyrées avec des archétypes reconnaissables, mais surgissant au hasard sans qu'il soit possible d'affirme r une rencontre avec la transcendance ou l'établissement de quelque lien non fictif avec le sacré.

L'e xpérience des toxicomanes avec l'hallucinogène n'est que l'analogon négatif des expériences de la Pythie vaticinant au temple de Delphes, de celles des Ménades voyantes de Dyonisos, des chamans sacralement intoxiqués établissant les contacts divins.

En fait de chamanisme, nous avons parlé de cette convergence descriptive riche en images éclatées, de cette tension prospective dans les bourgeonnements du monde, sautant avec une facilité déconcertante de l'infiniment grand à l'infiniment petit, remontant les maillons des généalogies de la paramécie originelle en passant par les