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İşârî Sûfî Tefsir

B. MÜFESSİRLERİN GÖRÜŞ, DÜŞÜNCE VE

2. İşârî Sûfî Tefsir

Pour connaitre plus en détail les matières enseignées au sein des écoles primaires d’AIU, nous produisons ici cinq tableaux d’après le programme scolaire de l’école primaire d’une des écoles de l’AIU pour l’année 1916514. Chaque tableau représente une classe :

Première classe

1ère cours 2ème cours 3ème cours 4ème cours

Dimanche Lecture français Hébreu Golestân de Saadi Hébreu

Lundi Récitation et

orthographe françaises

Hébreu Mathématiques Hébreu

Mardi Rédaction français -Géographie- orthographe persane

Hébreu Sciences naturelles

Mercredi Lecture et

orthographe

Hébreu Grammaire arabe Hébreu

Jeudi Grammaire français Madarej et

orthographe persane

Hébreu Mathématiques

Vendredi Hébreu Sciences naturelles

513 Ittehad est un mot arabe signifiant « union ». En effet, le terme « Alliance » ne fut pas remplacé par un nom purement persan, même si ce changement a été fait dans le cadre de « nationalisation des écoles ».

514Carton 644, n° 297036862, Programme d’étude de l’école AIU, 1916, Centre des archives nationales, Téhéran.

Deuxième classes

1ère cours 2ème cours 3ème cours 4ème cours

Dimanche Golestân de Saadi Lecture française Hébreu Mathématiques

Lundi Géographie Orthographe et

calligraphie françaises

Hébreu Orthographe et

calligraphie persanes

Mardi Mathématiques Lecture française Hébreu Golestân de Saadi

Mercredi Histoire de l’Iran Conversation et orthographe

françaises

Hébreu Géographie

Jeudi Hébreu Récitation française Dabir khaghan Hébreu

Vendredi Golestân de Saadi Hébreu

Troisième classe

1ère cours 2ème cours 3ème cours 4ème cours

Dimanche Hébreu Akhlagh-e mosavar Tableau français Orthographe persane Lundi Hébreu Akhlagh-e mosavar Orthographe française Nakhost nameh

Mardi Hébreu Mathématiques Conversation

française

Orthographe persane

Mercredi Hébreu Akhlagh-e mosavar Tableau français Nakhost nameh

Jeudi Orthographe et calligraphie persanes

Hébreu Récitation française Akhlagh-e mosavar

Vendredi Révision du français

Hébreu

Quatrième classe

1ère cours 2ème cours 3ème cours 4ème cours

Dimanche Hébreu Tableau persan Calligraphie persane Tableau français Lundi Hébreu Rudiment du persan Orthographe persane Conversation française Mardi Hébreu Orthographe hébraïque Tableau persan Orthographe et

Mercredi Hébreu Tableau persan Calligraphie persane Tableau français

Jeudi Rudiment du

persan

Hébreu Orthographe persane Conversation française

Vendredi Révision du persan

Révision du français

Cinquième classe

1ère cours 2ème cours 3ème cours 4ème cours

Dimanche Hébreu Tableau français Hébreu Akhlagh mosavar

Lundi Conversation française

Orthographe et

calligraphie hébraïques

Hébreu Rudiment du persan

Mardi Éthique et

orthographe persane

Hébreu Tableau français Hébreu

Mercredi Hébreu Tableau français Akhlagh mosavar Orthographe hébraïque Jeudi Hébreu Conversation française Rudiment de persans,

orthographe persane

Hébreu

Vendredi Révision du persan

Révision de l’hébreu

L’Akhlagh-e Mosavar (Les dilemmesmoraux) est un des premiers livres illustrés publiés comme manuel d’école primaire en Iran, et contient plus de cinquante fables morales. Il est publié en 1909 par Mirza Ibrahim Sani-ol Saltaneh515, photographe officiel de la cour de

Mozafar-ol Din Shah, ainsi que directeur de l’école « nationale » d’Aghdasieh, qui a pour but d’apprendre aux enfants des concepts moraux tels que la bonne conduite, la tolérance, l’honnêteté, des rudiments de théologie, etc. Ainsi s’exprime l’auteur dans l’introduction de son livre :

Entre temps, j’ai eu accès à un livre contenant des fables et des paraboles collectées par des élites européennes pour leurs enfants. Ils avaient illustré des fables pour qu’en

515Mirza Ibrahim commença ses études de photographie et cinématographie en France. Il est fort probable qu’il se soit inspiré des manuels utilisés dans les écoles françaises pour la publication de son livre.

regardant des images, l’enfant puisse comprendre le message moral de la fable. […] Il me semblait utile de faire un livre semblable en Iran516.

Toutes les fables choisies par Sani ol-Saltane sont considérées comme des « chefs d’œuvres des savants religieux ». Chaque fable débute par une illustration qui « facilite la compréhension du texte. » La langue principale de ces fables est l’arabe, mais une traduction en persan ainsi qu’une morale suivent chaque texte517.

Le DabirKhaghan est un livre de rédaction écrit par un des secrétaires du gouvernement, Agha Mirza Mehdi Izedi, surnommé Dabir Khaghan. Le DabirKhaghan est censé être un livre qui apprend aux enfants les façons de rédiger et de développer un texte. Un autre livre enseigné est le Nakhostnameh, un manuel scolaire persan publié en 1905 par Matavoos Khan Melikians518, un Iranien d’origine arménienne. Ce manuel illustré est

composé de trois volumes : à travers ce livre, l’enfant se familiarise avec l’alphabet persan et apprend à lire et à écrire. Le contenu de ce livre inclut diverses notions telles que la culture générale, les sciences sociales, la santé et le comportement social519.

Selon le bulletin de l’AIU de l’année 1901, l’histoire et la littérature juives sont introduites dans le programme des écoles de l’AIU comme matières obligatoires. Outre l’enseignement de l’histoire hébraïque, l’enseignant est chargé « d’insister sur les œuvres de quelques-uns des grands écrivains et auteurs juifs du Moyen Age et des Temps Modernes, ainsi que de faire ressortir l’influence morale et religieuse qu’ils ont exercés sur leur époque et sur leurs coreligionnaires »520.

Le rapport de l’année 1908 de la mission d’inspection en Orient explique ainsi à propos de l’importance de l’enseignement de l’hébreu dans les écoles de l’AIU :

L’enseignement de l’hébreu ne doit être donné dans nos écoles qu’à titre d’enseignement religieux dans le but de faire connaître aux enfants la religion et d’affermir leur foi. Il ne suffit donc pas pour professer dans nos écoles un enseignement ainsi compris, de bien posséder l’hébreu et d’être excellent pédagogue, il faut encore être un juif très croyant. Or

516Torfeh Abtahi, « Introduire le livre Akhlagh-e Mosavar », Payam Baharestan, N°4, 1388, Téhéran, page 589. 517Idem, page 587-590.

518Après avoir fait ses études dans une école arménienne à Téhéran, il entra dans un collège américain pour compléter ses apprentissages. Il fut ensuite, recruté dans ce même collège en tant qu’enseignant. Il parlait le persan, l’arménien, l’anglais et le français. Il a traduit le Cours élémentaire et progressif de français à l’usage des classes inférieures et moyennes des écoles de D. Margott, qui faisait partie des livres recommandés par le ministère de l’Éducation aux enseignants de la langue française.

519 Édouard Haroutonian, « Nakhost nameh (nakhostin ketab darsi zaban farsi baray noamoozan doreh ebtedaei) », Faslnameh farhangi Peiman, n°65, 2012,http://www.paymanonline.com/, consulté le 25 octobre 2013.

beaucoup de ceux qui seraient à même de donner un enseignement hébraïque parfait ne sont pas des israélites religieux et voient dans l’hébreu un moyen non pas d’approfondir ou de fortifier la religion, mais de relever la conscience juive nationale. Ce ne sont pas des maîtres de ce genre qui conviennent à nos écoles521.

On voit bien ici que l’AIU s’oppose aux tendances du mouvement sioniste alors naissant. Malgré une volonté affichée de faire sortir la communauté juive iranienne de sa dite arriération, il ne s’agit en rien de détruire ses sentiments religieux, bien au contraire. Et comme on l’a vu, les rabbins sont nombreux parmi les enseignants. S’adressant aux Juifs comme ceux pratiquant la religion juive, l’enseignement des écoles de l’AIU n’est pas à proprement parler laïc. Peut-être d’ailleurs peut-on également voir ce type de politique comme une concession faite aux rabbins orthodoxes, une forme de pragmatisme nécessaire à une bonne implantation des écoles au niveau local.

Il semble que l’hébreu est enseigné sérieusement dans les écoles primaires de l’AIU dans les premières années de sa création en Iran. Cazès insiste sur l’utilité de l’enseignement de l’hébreu aux enfants juifs iraniens, « non seulement afin de grouper en un seul faisceau toutes les forces de la communauté, mais surtout pour lutter contre le prosélytisme des musulmans et des protestants »522.

Comme il est mentionné dans les tableaux ci-dessus, le dimanche est le premier jour d’école de la semaine. Cela veut dire que le jour férié est le samedi et non le vendredi, le jour férié des musulmans. Cette règle est néanmoins acceptée et respectée par le ministère de l’Éducation iranien.

Ces emplois du temps contiennent également le nom de cinq enseignants de cette école. Le nom de chaque maître est noté en bas de chaque : un certain monsieur Neysan enseigne toutes les matières liées à la langue française. L’enseignement de l’hébreu est partagé entre Mulla Hagh Nazar et Mirza Nour-Allah et Mirza Elyahou. Ces deux derniers, accompagnés de Mirza Abd ol-Rahim s’occupent du persan, de l’arabe ainsi que toutes autres matières.

La durée d’études dans les écoles de l’AIU en Iran est de neuf ans : six ans d’études primaires et trois ans d’études primaires supérieures.Les examens pour l’obtention du certificat d’études primaire et du brevet élémentaire sont organisés par l’école en présence d’un représentant de la légation de France en Iran, et d’un représentant du ministère de

521Bulletin de l’Alliance Israélite Universelle, n° 33, 1908, pages 33-34. 522Bulletin de l’Alliance Israélite Universelle, n° 25, 1900, page 87.

l’Éducation iranien. Cela fut plus ou moins changé avec l’application du programme d’unification des programmes des écoles. A partir de là, les élèves se préparent aux examens officiels du certificat d’études primaires et du brevet élémentaire iraniens.