• Sonuç bulunamadı

Fennî/İlmî Tefsir

B. MÜFESSİRLERİN GÖRÜŞ, DÜŞÜNCE VE

4. Fennî/İlmî Tefsir

Bien que les programmes d’études des écoles de l’AIU soient calqués sur ceux des écoles françaises, le certificat de fin d’études des écoles de l’AIU n’est pas équivalent à celui des écoles françaises, et les diplômés de ces écoles ne peuvent pas entrer directement dans les écoles supérieures en France. A ce sujet, nous étudions ici une série de correspondances échangées entre le ministère des Affaires étrangères iranien, l’ambassade d’Iran à Paris et le

523Bulletin de l’Alliance Israélite Universelle, n° 26, 1901, page 100. 524 Aubin, op.cit., page 300.

ministère des Affaires étrangères français au sujet d’un certain Soleiman Kalimi, ou Soleiman Khan, juif ayant fait ses études à l’école de l’alliance Israélite en Iran et désirant « être autorisé à se présenter à l’examen d’admission à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr »525.

En avril 1911, le ministère des Affaires étrangères iranien adresse une lettre à l’ambassade iranienne à Paris pour que cette dernière « fournisse une aide et un soutien en faveur de Soleiman Kalimi »526. Le 25 avril 1911, l’ambassade d’Iran répond au ministère comme suit :

[En arrivant en France] Soleiman Kalimi a fait ses études dans une école primaire parisienne et il a eu son certificat. Il souhaite continuer ensuite ses études dans l’école supérieure de Saint-Cyr. Or, le certificat de cette école est insuffisant pour qu’il puisse entrer à Saint-Cyr. D’un autre côté, son certificat de fin d’études délivré par l’école de l’AIU ne fait pas partie des certificats valables selon l’accord signé entre notre ambassade et le ministère des Affaires étrangères. C’est la raison pour laquelle, il est confronté à des obstacles527.

D’après le contenu de cette lettre, l’ambassade d’Iran signe un accord avec le ministère des Affaires étrangères, selon lequel le diplôme de certaines écoles iraniennes est reconnu par le ministère de l’Éducation français. Cet accord est fait afin de faciliter les démarches des diplômés iraniens qui envisagent de poursuivre leurs études en France. Mais les diplômes des écoles de l’AIU n’en font pas partie. L’ambassadeur d’Iran tente de négocier avec le ministre des Affaires étrangères pour qu’on reconnaisse le diplôme de l’école de l’AIU délivré à Soleiman Khan. D’après le contenu de la correspondance du ministère des Affaires étrangères français en réponse à l’ambassade iranienne à ce sujet, il nous semble que le contrat signé entre deux pays au sujet de la reconnaissance du diplôme des Iraniens était négociable :

J’ai l’honneur de vous faire savoir, en réponse à la démarche verbale que vous avez effectuée auprès de mon département, que je suis disposé à appuyer auprès de M. le ministre de la Guerre, la requête formée par Suleyman Khan […]. Toutefois, avant de saisir mon collègue de cette demande et en vue d’en assurer le succès, je crois devoir appeler votre attention sur une communication du ministre de la Guerre dont je vous ai donné connaissance le 16 avril 1909 et qui visait précisément le frère de Suleyman Khan, Karim Khan, ancien élève de l’Ecole du service de santé militaire de Lyon. Ainsi que j’ai eu l’honneur de vous le faire savoir à cette époque, Karim Khan a quitté l’école de Lyon

5251329 gh-36-15 (125), Lettre du ministère des Affaires étrangères adressée à l’ambassade iranienne à Paris, 1911, Centre des archives nationales, Téhéran.

5261329 gh-36-15 (139), Lettre de l’ambassade iranienne à Paris adressée au ministère iranien des Affaires étrangères, 1911, Archives du ministère des Affaires étrangères, Téhéran. Kalimi signifie « juif ».

sans effectuer le payement intégral des sommes dues à l’Etat français pour frais de pension. Vous estimerez, avec moi, qu’il serait impossible de présenter au département de la guerre une demande eu faveur de Suleyman Khan, avant que les arriérés de la dette de Karim Khan, son frère, fussent versés au trésor528.

L’ambassade iranienne s’adresse, de nouveau, au ministre des Affaires étrangères iranien par une lettre datée de 28 août 1911. Tout au début de sa lettre, elle se plaint auprès de ce ministère qu’on ne s’occupe pas correctement de la question de droits de scolarités des anciens étudiants iraniens qui ont étudié en France. Ce qui provoque des problèmes pour les nouveaux arrivés. Ensuite, elle aborde le cas de Soleiman :

En ce qui concerne Soleiman Khan, nous en avons discuté avec ses enseignants : ils jugent utile que Soleiman Khan reste encore un an dans son école actuelle pour qu’il se prépare à l’entrée à l’école militaire de Saint-Cyr. […] Etant donné qu’il convient de prendre des mesures des démarches administratives bien avant la rentrée, j’ai abordé, verbalement, cette question auprès du ministère des Affaires étrangères français. Or, ce dernier a jugé inutile de transmettre cette sollicitation au ministère de la guerre français avant de régler les endettements de Karim khan. […] Veuillez informer Monsieur Nayor- ol Molk [ministre de l’Education] à ce sujet pour que l’on rembourse, le plus tôt possible, les droits de l’école de Lyon. Et pour que l’ambassade puisse acquérir l’autorisation d’inscription de Soleiman Khan à l’école militaire529.

Ces lettres sont révélatrices à plus d’un titre des évolutions causées par l’implantation des écoles de l’AIU en Iran. Elles disent d’abord le niveau d’études atteint par les jeunes iraniens en général, qui sont donc devenus à même de partir faire leurs études en France. Elles disent surtout l’évolution considérable du statut des jeunes juifs iraniens : quelle différence entre les mots de Nasser al-Din Shah à Rothschild, et le cas de ces deux frères juifs soutenus par leur gouvernement pour faire des études militaires en France, et par conséquent appelés à faire partie de l’armée royale ! Pour couronner le tout, ils sont tous deux appelés par l’ambassadeur d’Iran en France Khan, c’est-à-dire littéralement « seigneur », titre honorifique qui témoigne de leur ascension sociale, permise par leur passage des les écoles de l’AIU.

On constate donc que, bien que dans les écoles de l’AIU en Iran, l’enseignement ait été fait selon les méthodes françaises et en français, ces écoles ne sont pas officiellement

5281329 gh-36-15 (142.1-142.2), Lettre du ministre français des Affaires étrangères adressée à l’ambassadeur iranien à Paris, 1911, Archives du ministère des Affaires étrangères, Téhéran.

529 1329 gh-36-15 (143), Lettre de l’ambassade de l’Iran à Paris adressée au ministre des Affaires étrangères iraniens, 1911, Archives du ministère des Affaires étrangères, Téhéran.

soutenues et reconnues par le gouvernement français. Celui-ci préfére soutenir d’autres écoles françaises en Iran, telles les écoles de l’Alliance Française.