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1. MESLEKLER SOSYOLOJİSİNE KAVRAMSAL BİR GİRİŞ

1.4. Rol

Objet du marché :

Création de la Maison Julien GRACQ – Espace culturel et résidence d’écrivains Lot n°4 – menuiseries bois, suite à appel d’offre infructueux

A) Lieu d’exécution : St Florent le Vieil (49) B) Caractéristiques principales :

Nature et étendue des travaux : Le présent marché a pour objet la réhabilitation la demeure de l’écrivain Julien Gracq et ses dépendances situées quai de la Loire, rue du Grenier à Sel à St-Florent le Vieil. Les travaux portent sur :

• réhabilitation du « Grenier à Sel » en espace permettant l’accueil de public, avec salle de conférence/lecture/expositions et bureaux administratifs.

• création d’une résidence pour écrivain constituée de trois appartements et réhabilitation de pièces communes dans l’ancienne villa de Julien Gracq,

La surface totale est estimée à 950 m² SU.

La présente consultation concerne le seul lot n°4 – menuiseries bois, suite à un appel d’offre infructueux.

Options : oui

Document 69 : extrait de l’appel d’offres Maison Julien Gracq

site des marchés publics de la Région des Pays de la Loire, date de remise des plis le 10 septembre 2012 à 13 h 00 - https://marchespublics.paysdelaloire.fr

Le deuxième temps de cette politique régionale du livre démarre au début des années 2000 et c’est le vice-président Culture de la précédente majorité de droite, Bruno Retailleau, un ancien proche de Philippe de Villiers, aujourd’hui sénateur de Vendée apparenté UMP qui en est le promoteur initial : a) recrutement d’une personne pour suivre Encres de Loire, une revue de liaison pour l’inter- profession du livre (auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, journalistes, collectivités, associations culturelles) et la valorisation de la vie littéraire. Elle comprend une recension déclarative des livres parus dans la région et des auteurs de la région édités ailleurs. La revue trimestrielle, tirée à 5 000 exemplaires et envoyée gratuitement aux abonnés, est en ligne depuis plusieurs années, pour un coût annuel de 100 000 € en 2012 ; b) soutien aux festivals littéraires qui ont grossi ou émergent (25ème heure du livre au Mans, créé en 1978 ; Printemps du Livre de Montaigu, créé en 1988 ; Festival Simenon aux Sables d’Olonne, créé en 1999) en 2001 ; c) puis en 2002, début de l’aide directe aux éditeurs ; en 2005, début de l’aide directe aux libraires et systématisation du dispositif régional d’aide aux manifestations littéraires (40 manifestations aidées contre 3 précédemment).

Dernier élément du dispositif262, le Salon de Paris n’est plus la seule participation extérieure, puisque la Région organise un stand collectif au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo (abandonné en 2011) et au Festival du livre jeunesse de Montreuil (réduit en 2012). Enfin, en 2009, un Centre de Ressources du Livre, pôle de coopération pour la lecture et l'écriture en pays de la Loire est créé et implanté au Mans. C’est un service de la Région et non une association ou une SPL. Le choix de la localisation est un arbitrage politique au plus haut niveau de la collectivité et qui fait discussion. Il s’agit d’une volonté de déconcentration, dont la Ville du Mans, par son festival littéraire bien ancré et ses réseaux politiques, bénéficie à ce moment de la politique régionale. En plus des coûts propres de la délocalisation du service, un certain nombre d’acteurs du livre se demandent si l’outil de promotion régionale ne devrait pas se trouver au centre géographique du secteur, à Nantes, où travaillent plus de la moitié des professionnels concernés. Mais, à Nantes, selon nos informations croisées, il n’y a pas réellement de discussion entre le Conseil régional et la Ville. De plus, la DRAC n’est pas non plus associée au CRL des Pays de la Loire qui, s’il a bien le même acronyme qu’un Centre Régional des Lettres (construit sur le modèle du CNL) n’en partage ni le co-financement État, ni peut-être la même philosophie et le même budget de fonctionnement. La lecture des études du Ministère sur les CRL263 montre d’une part, que le CRL des Pays de la Loire est un des derniers créés et que le budget alloué en 2009264 est le plus faible (parce que le gros des 262 En même temps, l’action « Livres offerts aux jeunes mariés » est progressivement abandonnée ; elle coûtait 150 000 €.

263 État des lieux CRL 2007

http://www.fill.fr/images/documents/fill_synthese_de_l_etat_des_lieux_des_srl_07.pdf État de lieux CRL 2009 - www.fill.fr/images/documents/fill_edl_synth_se_2009.pdf

264 C’est toujours le cas en 2012 avec 100 000 € de budget annuel, pour un montant Livre et lecture total de 1,5 millions €. Le CRL de la région Rhône-Alpes, l’Arald (Agence Rhône-Alpes pour le livre et la documentation) premier de France après l’Aquitaine, mais avant l'Île de France est riche de fonctionnalités, dont témoigne le site internet, et de budget (1,5 millions € en 2009). C’est L’Arald qui finance, par exemple, la recherche de Bernard Lahire sur La Condition littéraire. La double vie des écrivains, paru en 2006. - www.arald.org

www.arald.org/ressources/pdf/divers/rapportorientation2011.pdf L’Arald est touchée au printemps 2012 par un scandale financier.

www.tribunedelyon.fr/index.php?la-ville-bouge/societe/33972-scandale-un-trou-de-400-000-euros-dans- les-caisses-de-l-arald

financements livre ne passe pas par lui, mais par d’autres outils du Conseil régional). Pour toutes ces raisons, ni la structure actuelle, ni la pérennité de cette localisation mancelle ne semblent assurées à moyen terme, dans la perspective d’autres investissements engagés (Maison Gracq) à budget constant. Il y aurait donc un « bricolage » des outils, qui montre que la Région a suivi plus son propre chemin qu’un modèle d’action national type CRL « vrai ». Bricolage n’est pas péché, bien, au contraire. Toutefois nous croyons repérer là un indice de provincialisme : une contradiction entre la précocité de la montée à Paris et une politique fragmentée et qui « démétropolise » son nouvel outil, en le délocalisant au Mans et en le sous-dimensionnant.

Il nous paraît également notable que le changement de majorité en 2004, confirmé en 2010, ne semble pas avoir eu d’impact significatif sur le budget du livre, ni sur la construction de la stratégie régionale, mais pris davantage la forme d’un approfondissement territorial et thématique, d’un plus grand engagement auprès d'acteurs eux-mêmes en évolution rapide. Nous croyons observer une certaine continuité et le choix des élus qui en ont été responsables depuis 2004, (une élue communiste de la Sarthe et une élue verte du Maine-et-Loire) peut nous laisser penser qu’il n’y a pas eu à cet endroit de rupture, ni d’enjeu de rupture pour l'exécutif régional. Le maintien des personnels l’attesterait aussi, confirmant peut- être le rôle décisif des techniciens des collectivités dans le lissage politique de l’action publique, en l’absence de vraie alternative ou rupture politique. Dans le contexte d’une certaine « crise du livre et de la lecture » comme d’une tension sur les finances des collectivités et à l’intérieur des nouvelles méthodes de co- construction des politiques publiques, la Commission livre et lecture265 de la Conférence régionale consultative de la culture créée en 2009 a ouvert ses travaux sur les chantiers « livre » : comité de rédaction de la revue Encres de Loire, comité d’attribution des aides, observation participative partagée pour la co-production de données avec les acteurs professionnels. Nous voyons dans l’apparente continuité de la politique régionale à travers l’alternance politique un nouvel indice d’un possible provincialisme. Les réactions d’éditeurs face au questionnement et à la réduction de l’offre « salons extérieurs » de la Région sembleraient nous le confirmer : « la Région a l’habitude de ... », disent-ils. L’habitude est-elle provincialiste quand elle est argument d’autorité ?

Parce que nous connaissons un certain nombre d’acteurs et avons participé à un certain nombre d’événements (d’événements de littératie, devrait-on dire) et de réunions de la Région, nous avons une perception des acteurs lorsqu’ils sont en région que nous pouvons comparer à notre perception des acteurs lorsqu’ils sont à Paris. Nous nous appuyons notamment sur la réunion du 9 septembre 2011, dont l’objet est de questionner, pour la première fois en dix-sept ans de participation, la présence de la Région au Salon du Livre de Paris et aux autres salons extérieurs. Nous y participons en tant que représentant des éditions À la criée. La réunion est présidée par Samira El Alaoui, conseillère régionale chargée du livre et co-animée par les deux techniciennes, Christine Marzelière (coordination Livre et lecture) et Virginie Guiraud (CRL). Sont présents une vingtaine d’éditeurs au statut varié de la PME, comme Mémo très active pendant la réunion, aux structures plus atypiques relevant de la pluri-activité ou de l’associatif. La réunion assure également une bonne représentativité des territoires. Trois libraires gérant la 265 C’est la plus petite commission de la Conférence régionale (12 membres) - Arts visuels (16), Patrimoine (18), Cinéma Audiovisuel (16), Spectacles vivants (36), Acteurs transversaux (54).

librairie de l’espace régional du Salon (librairie L’Atalante à Nantes, Très Petite Librairie de Clisson, Librairie Thuard au Mans) sont présents et prendront tous la parole. Nous sommes nous-même engagés dans le débat et interviendrons pour défendre une position qui s’avèrera minoritaire. Samira El Alaoui introduit la réunion en posant la question de la nécessaire analyse de pratiques et du coût très élevé de l’opération. Elle nous donne les chiffres suivants : la participation au Salon coûte 130 000 € par an, soit 10 % du budget annuel livre de la Région. Pour diverses raisons, nous pensons qu’il s’agit là d’un coût minimum, voire minoré.

Quoi qu’il en soit, le coût est très élevé. L’élue annonce la suspension de la participation à Étonnants Voyageurs et le maintien de celle au Salon jeunesse de Montreuil. Elle interroge les participants et sollicite des retours d’expérience. Laurence Neveu, la libraire de Clisson (libraire aidée à sa création, engagée et dynamique) fait un point sur les ventes de l’année précédente au Salon : 1 467 livres ont été vendus par les dix-neuf exposants pour un montant de 18 000 € ; 237 livres ont été vendus par les quinze éditeurs représentés pour un montant de 2 700 €. Même si les ventes sont en réalité très inégalement réparties, nous calculons une moyenne de 77 livres vendus pour un montant de 947 € par éditeur exposant. Malgré la très faible participation demandée aux éditeurs (marge de 5 % au lieu des 30 à 40 % d’un libraire), cette recette moyenne est très faible266 au regard des coûts de la montée à Paris pour les exposants, coûts financiers directs (transports, logement, restauration) et indirects (temps d’accès et de travail sur le Salon, souvent plusieurs jours à plusieurs personnes). Nous en tirons une première conclusion, c’est qu’on ne va pas au Salon de Paris pour faire du « cash ». L’opération est soit blanche, soit déficitaire. Il faut donc chercher les autres raisons de la montée à Paris. Elles nous sont données par plusieurs participants dans cette même réunion. Nous ne pensons pas la caricaturer en reprenant cette expression « on veut du linéaire et du confort ». Le courrier d’invitation à cette réunion du 9 septembre 2011 consacrée au devenir des salons extérieurs, explique Virginie Guiraud, chargée de mission du CRL, a motivé de manière exceptionnelle les éditeurs régionaux. Les réponses de confirmation ont été très rapides, sans relance, et nous trouvons autour de la table la quasi-totalité des éditeurs exposants à Paris. Cet intérêt exceptionnel pour la logistique de la réunion valide les prises de parole : les éditeurs réclament avec force le maintien de ce service. Oui, disent-ils, « la Région assure un service aux éditeurs ».

Mais à quoi sert ce service ? C’est d’abord une nécessaire monstration parisienne de son catalogue et de soi-même en tant qu’éditeur, une forme de l’existence de l’éditeur depuis que les foires du livre ont commencé elles-mêmes d’exister (Frankfurter Buchmesse, 15ème siècle). L’éditeur cherche à exister dans le marché. Christine Morault, la dynamique représentante des éditions Mémo267 a développé un grosse expérience des salons. Elle est affirmative. Aller au Salon et à

celui-là en particulier, c’est une nécessité professionnelle. C’est vrai pour Mémo,

éditeur d’échelle national et qui s’est fortement investi à l’international. Idem pour Joca Seria qui atteint une masse critique ou d’autres. Mais l'enthousiasme est le même chez Le bord de la vie, jeune et très petite maison vendéenne qui ne dispose sur le net que d’un blog difficile d’usage, truffé de publicités et de pop-ups malvenus. À ce stade, nous pensons pouvoir dire que le statut d’éditeur exposant 266 Pourtant en augmentation régulière, à Paris comme à Montreuil, selon Virginie Guiraud, chargée de mission du CRL.

267 citées dans la partie 42, à propos de Cho Eun-Young, une jeune illustratrice sud-coréenne publiée chez cet éditeur nantais.

au Salon du Livre de Paris est en soi une légitimation éditoriale. Par un principe d'alignement par le haut sur les éditeurs les plus professionnalisés, la présence au Salon jouerait aussi un rôle de masque professionnalisant pour les éditeurs de la marge. C’est du moins une hypothèse qui irait dans le sens d’un provincialisme à double détente : aller à Paris pour être reconnu, mais reconnu à l’égal de ses pairs régionaux.

La politique régionale du livre à la lumière du Salon de Paris

On voit donc une succession d’hypothèses aux raisons de la montée au Salon de Paris : vendre (peu), montrer son catalogue, se montrer, se rencontrer (entre régionaux, faire milieu), rencontrer d’autres (prestataires, entretiens et extension du réseau non régional), être reconnu (distinction, légitimation, professionnalisation), vendre des droits, placer des auteurs, faire des signatures et rencontrer des lecteurs, faire son métier, faire illusion, tout ça avec « du linéaire et du confort ». Bien sûr, en soi, et nous n’en avons pas encore parlé c’est tout simplement aller à Paris. Monter à la capitale. Ces hypothèses concernent les éditeurs qui payent leurs frais de déplacement et leur temps de travail, mais c’est la Région qui prend à sa charge l’espace d’exposition et les frais annexes. Malgré une baisse en 2012 grâce à un achat groupé de la Fédération inter-régionale du livre et de la lecture (15 % de remise, environ 20 000 €), Christine Marzelière nous signale que les coûts de location ont augmenté régulièrement tout au long des années 2000. La position des élus semble donc de rechercher une certaine réduction de cette dépense qui pourrait passer par un recentrage sur le territoire régional. Cela se concrétise dans la suppression de la présence à Étonnants voyageurs en 2012, malgré l’intérêt persistant d'un petit groupe d'éditeurs, la présence régulière d’une dizaine d’exposants et un coût modeste (entre 6 et 7 000 €). La participation au Salon de Montreuil, malgré une progressions sensible des ventes268, est également allégée en 2012 : plus de stand collectif financé et orchestré par la Région, mais une subvention à un groupe d’éditeurs auto- organisés qui prend en charge la réservation et la gestion du stand. Nous constatons qu’à la suite de la réunion du 9 septembre 2011 : a) deux salons majeurs de l’édition française (en Bretagne, en banlieue) néanmoins dépourvus de la marque parisienne ont été pour l’un délaissé, pour l’autre minoré par l’action publique régionale b) que le seul Salon qui apparaît à cette date inchangé, c’est le Salon du Livre de Paris. Le recentrage dans le territoire se fait au détriment des lieux extérieurs non parisiens et exonère l'investissement parisien. Nous voyons dans cet arbitrage à la fois un principe de réalité conforme à l’écrasante position éditoriale parisienne et un consensus provincialiste : toutes choses égales par ailleurs, Paris est priorisé par les éditeurs comme par la collectivité.

Ce choix peut paraître incontestable au premier abord, mais ne l’est pas. Notre expérience aux éditions L’Atalante (fondées à Nantes en 1988, huit salariés permanents, dont deux libraires, et 450 titres au catalogue aujourd’hui) montre qu’un éditeur en région peut réussir à se pérenniser, puis à se développer sans observer le grand rituel parisien (mais non sans actions extérieures). Lorsque nous les accompagnons au Salon de Paris, en tant que nouveau directeur de collection, en 2001 et 2002, ils ne sont ni sur un stand individuel, ni sur l’espace régional, ils sont simplement invités sur le stand d’Harmundia Mundi Livres, leur diffuseur- 268 Au Salon de Montreuil, jusqu’en 2011, un libraire tient le stand, les éditeurs représentés n’ont pas d’obligation de présence - CA du stand : 2009 , 5925 € ; 2010, 4670 € ; 2011, 7936 €.

distributeur de l’époque, lui-même installé à Arles. Adeptes d’une position décentrée et indépendante, conforme à l’itinéraire politique et professionnel de son fondateur, ils moquent alors volontiers le Salon du Livre de Paris. Mais ils vont sur d’autres salons en banlieue et en région. Soit avec leur propre stand d’éditeur : Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, Les Utopiales (Futuroscope de Poitiers, 1998, relocalisé à Nantes en 2000), Étonnants Voyageurs (Saint-Malo), La 25ème Heure du Livre (Le Mans). Soit en visiteur professionnel sans stand, mais, par exemple, en accompagnement de leurs auteurs : Les Imaginales d’Épinal. En réalité, ils continent d’aller à Paris, au Salon du Livre, en visiteur et, en 2009, au Salon des sciences humaines269 de Paris, avec un stand. Mais cette présence parisienne est normalisée, fluide, elle n’est pas impérative. Ils ont aussi leur propre librairie dans le centre-ville de Nantes au rez-de-chaussée de la maison d’édition et voient des lecteurs, leurs lecteurs tous les jours. Leur approche internet, débutante en 2000, s’est professionnalisée et diversifiée : site exhaustif, vente directe, carte des points de vente, liste de diffusion, forum, blog, concours et vote des lecteurs (folksonomie contrôlée). Les stratégies gagnantes sont donc multiples et scalairement diverses : le local, l’ubiquitaire, l’échelle de son marché, ici, un francophone européen. Nous pourrions dire que l’approche de l’Atalante est de devenir le centre de son propre espace de diffusion. L’absence de stand au Salon du Livre de Paris (comme art de la disparition) pourrait même faire partie de cette stratégie de formation d’un espace en soi. Le provincialisme, entendu comme la montée systématique à Paris pour paraître ou obtenir un effet dans le réel nous paraît ici contourné.

En contraste de cette inventivité, le choix de se recentrer sur le Salon de Paris paraît un choix stratégique contestable. En dehors de l’apparent consensus de la Région et des éditeurs régionaux, il ne nous semble pas justifié par des arguments de fond irréfutables. Il s’agit, selon nous, d’après des indices ou des suspicions d’indice, d’un provincialisme.

Concurrences stratégiques : représentation au centre ou diffusion par les réseaux ?

Aller au Salon, nous dit Christine Marzelière qui le pratique pour la Région

depuis 2001, c’est sortir du local. Paris, c’est le rendez-vous annuel des

professionnels, c’est le lieu où ils se sentent reconnus. Elle établit un lien entre la

faible identité ligérienne et le profil littéraire des éditeurs régionaux. Par rapport

aux régions qui ont une identité plus forte, nous n’avons pas de production régionaliste, les éditeurs, ici, ne jouent pas sur l’identité. La question est artistique, pas identitaire. Nous avons une tradition d’auteurs de fiction et de littérature étrangère. La conclusion est évidente. C’est la nature de ces maisons d’avoir une vocation nationale. Le lien est fait avec la stratégie parisienne.

Pourtant, à la question, existe-t-il un milieu éditorial en Pays de la Loire ?, elle nous répond que non, pas vraiment. Pas de collectif. Il se créé en partie et de

manière éphémère au Salon du Livre de Paris. S’agit-il alors de cela ? Pourtant, la

relation entre la Ville de Nantes et la Région, certainement nécessaire à la réalisation d’un milieu littéraire régional, ne fonctionne pas bien : peu ou pas de dialogue autour de la création du CRL, autour du projet de Festival de littérature de Nantes. De notre côté, nous soumettons aux participants à la réunion du 9