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I. BÖLÜM

3.3. Veri Toplama Teknikleri

3.3.3. Veri Toplama Araçlarının Geliştirilmesi

3.3.3.1. Literatür Taraması

La nicotine est reconnue comme étant une substance qui crée une forte dépendance (Benowitz, 1999, 2008; Fagerstrom, 2002; Glover, Glover et Payne, 2003; World Health Organization, 2006). Cette dépendance est similaire à celle causée par d’autres drogues telles que l’héroïne et la cocaïne (Hatsukami et al., 2008). Les personnes dépendantes au tabac éprouvent donc beaucoup de difficulté à diminuer leur consommation ou à cesser de fumer. Auparavant, la consommation de tabac était considérée comme une habitude de vie; maintenant, on considère la dépendance au tabagisme comme une maladie chronique

(Anderson et al., 2002; Benowitz, 2008; Centers for Disease Control and Prevention, 2008; Fiore, 2000; Khurana et al., 2003; Rigotti, 2002).

Les critères pour déterminer la dépendance aux produits sont énumérés dans le manuel de diagnostics (DSM-IV) et la classification internationale des maladies (ICD-10) (Benowitz, 2008; Hatsukami et al., 2008). En résumé, ces critères sont : 1) une utilisation compulsive, prise sur une longue période; 2) un comportement de renforcement (autorégulé); 3) une tolérance au produit; 4) un besoin persistant de consommer; 5) une poursuite de la consommation malgré les connaissances et les effets indésirables; 6) une priorité accordée à la consommation durant les activités, la recherche d’occasions de consommation, l’importance sociale liée à ces activités; 7) des symptômes de manque après un arrêt de consommation; 8) des rechutes fréquentes lors de cessation.

Avec ces critères, plusieurs modèles tentent d’expliquer la dépendance. DiClemente (2003) les a regroupés en sept catégories : le modèle social ou environnemental; le modèle génétique ou physiologique; le modèle de la personnalité ou intrapsychique; le modèle du coping ou apprentissage social; le modèle de conditionnement ou renforcement; le modèle excessif ou compulsif; et le modèle biopsychosocial. Le Tableau III donne un bref aperçu de chacun d’eux ainsi que leurs forces et leurs faiblesses.

Tableau III : Classification des modèles pour expliquer la dépendance selon DiClemente (2003) Modèles expliquant la

dépendance

Focus Forces Faiblesses

Social ou

environnemental

Importance du rôle de l’influence sociale, de la pression sociale, du système familial ou du groupe.

Explique bien la consommation dans les sous-groupes.

Difficulté à expliquer l’initiation des individus au tabac ou la cessation d’individus vivant dans ces groupes.

Génétique ou physiologique

Mécanisme d’influence génétique. Facteur de tolérance, donc la consommation augmente pour obtenir le même effet. Réaction physiologique (effets positifs à la consommation et effets négatifs à la cessation) joue un rôle

important dans la dépendance.

Modèle beaucoup utilisé en cessation tabagique pour diminuer les effets indésirables du sevrage.

Individu devient dépendant

différemment à différents types de substances. Dépendance

biologique ou génétique

n’explique pas les différences aux niveaux culturel, situationnel et intrapersonnel.

Personnalité ou intrapsychique

Comportement de dépendance souvent conceptualisé comme symptôme d’un conflit

intrapsychique ou historique

Recherches ont dressé des traits ou dimensions psychosociales des individus dépendants tels que traits antisociaux, diminution de

Plusieurs groupes ont des comportements dépendants et pourtant des personnes aux traits similaires ne seront pas

Modèles expliquant la dépendance

Focus Forces Faiblesses

souvent étiqueté comme un désordre de personnalité.

l’estime de soi. nécessairement dépendants.

Coping ou

d’apprentissage social

La dépendance est considérée comme le résultat d’un mécanisme de coping inadéquat tel que : incapable de gérer le stress, la frustration, la colère, l’anxiété, la dépression. La perspective de l’apprentissage social ajoute la cognition sociale.

On ne peut pas généraliser une dépendance selon un mécanisme d’adaptation inadéquat.

Conditionnement ou renforcement

Centré sur les effets directs du comportement comme la tolérance, le sevrage et autres réponses psychologiques tels que le chien de Pavlov.

Difficulté à expliquer tout le phénomène du changement dans la dépendance. Par exemple : une femme qui cesse de fumer lorsqu’elle est enceinte et qui reprend par la suite.

Modèles expliquant la dépendance

Focus Forces Faiblesses

ou compulsif à un rituel. Comportement est hors de contrôle pour satisfaire le besoin ou résoudre un conflit psychologique.

Biopsychosocial Intègre une explication biologique, psychologique et sociologique à la dépendance.

Pas juste un facteur pour expliquer la dépendance, c’est plus

complexe. Source : DiClemente (2003)

C’est la nicotine contenue dans le tabac qui crée la dépendance. La rapidité d’absorption de la nicotine et la grande quantité absorbée par les poumons sont deux facteurs cruciaux pour provoquer et maintenir la dépendance (Benowitz, 2008; Hatsukami

et al., 2008). Tous les modèles explicatifs énumérés peuvent aider à comprendre le

phénomène en vue d’intervenir de façon adéquate auprès des fumeurs afin d’arriver à une cessation complète. Cependant, aucun de ces modèles n’explique l’ensemble des dépendances tabagiques. Par contre, l’évaluation de la dépendance individuelle constitue un élément important dans l’aide aux fumeurs. Ceux-ci doivent comprendre que la nicotine libère des éléments chimiques procurant la sensation de plaisir, l’excitation, la stimulation, la relaxation, le soulagement des symptômes de sevrage (Benowitz, 1999, 2008; Glover et

al., 2003; Lebargy, 2000), l’amélioration de l’attention et de la performance, la réduction de

la faim et l’accélération du métabolisme (Balfour, Benowitz, Fagerström, Kunze et Keil, 2000; Benowitz, 1999, 2008). Le besoin de fumer crée rapidement des symptômes désagréables de sevrage, qui sont à nouveau soulagés par la prise de nicotine. Parmi les symptômes de sevrage, on trouve l’irritabilité, la mauvaise humeur, l’impatience, l’agitation, la difficulté de concentration, l’insomnie, l’augmentation de l’appétit, l’anxiété et la dépression (Benowitz, 2008; Hatsukami et al., 2008; Rigotti, 2002; Sohn et al., 2003). Par contre, la dépendance n’est pas que physique. Plusieurs éléments psychologiques et sociaux entrent aussi en jeu. La dépendance devient ainsi un comportement très complexe.

En résumé, le tabagisme est reconnu comme un fléau à l’échelle mondiale. Malgré une diminution de la prévalence du tabagisme au cours des années, le Québec est l’une des provinces qui affiche un taux élevé (25,1 %). Dans les régions du Québec, la prévalence varie de 21,3 % à 29,8 %.

La nicotine crée une forte dépendance dont il est extrêmement difficile de se défaire à cause de facteurs physiques, environnementaux et personnels. La dépendance est maintenant considérée comme une maladie chronique et non comme un simple comportement ou une habitude de vie. Les fumeurs et les non-fumeurs exposés à la fumée secondaire voient leur espérance de vie et leur qualité de vie diminuer avec le tabagisme.

Cela entraîne des coûts importants pour la société. La section suivante présente les efforts réalisés jusqu’à présent en matière de cessation tabagique.