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Une soiree chez Pierre Loti

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Academic year: 2021

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N ° 1621 — 43

tant à prendre, à capter, si l’on peut dire, pour la complète satisfaction de notre curiosité toujours avide d’objets nouveaux, un cliché inédit, que nul n’avait encore fait : celui de l’aéroplane en plein vol, obtenu à bord même, avec un recul suffisant pour nous donner l’étrange, l’impossible impression d’assister, témoins aériens, à la fuite rapide de la campagne au-dessous du grand oiseau mécanique, et de participer à l’existence de ces aviateurs, que, si souvent, notre pensée accompagne, mais que nous n’avions jamais vus de si près, dans l'accomplisse­ ment de leurs quotidiens exploits. Ce cliché d’un rare attrait a été réussi, pour la première fois, par M. André Schelcher, qui est, en même temps qu’un aéronaute fervent, un virtuose de la photographie en ballon, et qui, tout récemment, parvenait à « se » prendre, à 3.000 mètres d’altitude, dans la nacelle du Quo Vadis. Nos lecteurs se souviennent de ce do­ cument, paru dans L’Illustration du 13 avril dernier. Celui que nous publions dans ce numéro appa­ raît plus curieux encore.

Pour exécuter cette photographie, M. André Schelcher, qui montait un biplan « Zodiac », nou­ vellement construit par une société dont il est l’un des administrateurs, et piloté par l’aviateur Pierre Debroutelle, dut suspendre son appareil à l’extré­ mité antérieure de l’aile supérieure droite : si léger que fût ce poids supplémentaire, il fallut, pour main­ tenir le rigoureux équilibre de l’aéroplane, le contre­ balancer par un poids égal, attaché à l’aile opposée. La prouesse était déjà jolie, et peu commune, d'avoir tenté, dans de semblables conditions, un pareil cliché. Mais M. André Schelcher a voulu qu’il béné­ ficiât d’une autre sorte d’intérêt, et qu’il se ratta­ chât, en quelque manière, à l’actualité. Aussi a-t-il choisi de préférence, comme fond à ce tableau d’as­ pect si imprévu, le château de Bévilliers-Breteuil, résidence champêtre de M. le marquis de Breteuil, qui domine la riante et verdoyante vallée de Che- vreuse, et dont on aperçoit, sur notre gravure, des-

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sinés d’un trait délié, les constructions harmonieuses, j

les cours ornées de parterres, les jardins à la iran" çaise, d’une élégante et noble ordonnance : c’est là que notre hôte, le prince de Galles, après une brève apparition à Londres et à Windsor, où ont été, à la fin de juin, célébrés son dix-huitième anniversaire et sa majorité, est venu passer le mois de juillet, en attendant de rejoindre, dans le commencement d’août, à Cowes, les souverains britanniques.

UNE SOIRÉE CHEZ PIERRE LOTI On sait que, la semaine dernière, M. Pierre Loti a donné chez lui, à Rochefort, une soirée musicale devant un auditoire restreint composé d’une soixan­ taine de familiers de sa maison. Malgré les précau­ tions qu’il avait prises pour éviter le reportage, les journaux en ont parlé. Au programme, la fin du quatrième acte des Huguenots et presque tout le cinquième, avec figuration. Notre illustre collabo­ rateur, qui jamais de sa vie n’a même joué la comé­ die de salon, s’était amusé à remplir le rôle de Raoul de Nangis. Il sut, avec autant de simplicité que de noblesse, avec un sens parfait de la psychologie du rôle, sans efforts, tout naturellement, toucher et émouvoir ses auditeurs, mieux que ne l’eût fait le plus réputé des professionnels. Sa voix souple et habilement conduite, son jeu scénique plein d’ai­ sance et d’exactitude, étaient d’un jeune homme. Alerte, preste, fringant, séduisant, il paraissait vingt-cinq ans à peine.

Puisque la chose a été déjà ébruitée dans la presse, M. Pierre Loti ne nous en voudra pas sans cloute de publier cette curieuse photographie, qui n’avait été prise que pour laisser à ses invités un souvenir matériel d’une inoubliable soirée.

Un détail amusant que les journaux n’ont pas rap­ porté, c’est que le tocsin de Saint-Germain l’Auxer- rois et la fusillade de la Saint-Barthélemy ont beau­ coup épouvanté les voisins, que l’on avait oublié d’avertir.

LA PHOTOGRAPHIE EN AÉROPLANE

( Voir notre gravure de première page. )

Depuis quelques années qu’il y a des aéroplanes, et qui volent, d'innombrables images ont été don­ nées d'appareils de toutes sortes, au repos, prêts à partir, ou, très hauts dans le ciel, traversant le libre espace, ou encore gisant à terre, les ailes brisées, après la chute ; et c’est à peine si l’œil, accoutumé à ces spectacles, et déjà blasé sur la beauté, ou l’horreur qui s’en dégage, s’y arrête aujourd’hui, et ! les retient, tant ils nous ont été de fois offerts, et j

tant ils nous sont devenus familiers. Il restait pour- Le trio du quatrième acte des Huguenots, représenté chez M. Pierre Loti, à Rochefort. F ho- jozz:

M. Pierre Loti.

Raoul do Nantis. 31. Rudolf, «le l'Opéra-Comique Marcel.)

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