2.10. Hepatit C Virusu
2.10.2. Viriyonun ve genomunun yapısı
Je l’ai montré, selon la situation d’interaction, l’adulte et les enfants jouent et interprètent leurs rôles en fonction de leurs propres perspectives mais aussi en fonction de la manière dont l’autre va lui aussi jouer et interpréter son rôle. Se met alors en place un jeu interactif dans lequel les acteurs occupent de manière temporaire différentes positions, qui ne sont pas nécessairement congruentes avec leurs statuts et attentes de rôles.
Il semble donc important de faire une distinction entre rôle, place, statut et position que les participants peuvent prendre dans une interaction :
« Le rôle désigne les attentes, que les interactants et l’institution à laquelle ils se rattachent, ont par rapport à certaines valeurs, comportements, attitudes, etc. ; [...] la place désigne les différentes positions que les interactants sont amenés à occuper sous l’effet de leur inter-actions » (Grossen et al., 1997, p. 228).
La notion de rôle, qui est décrite de manière similaire par Linton, est définie en étroite relation avec celle de statut :
« [Le rôle correspond à] l’ensemble des modèles culturels associés à un statut donné. Il englobe par conséquent les attitudes, les valeurs et les comportements que la société assigne à une personne et à toutes les personnes qui occupent ce statut. […] En tant qu’il représente un comportement explicite, le rôle est l’aspect dynamique du statut : ce que l’individu doit faire pour valider sa présence dans ce statut » (Linton, 1977, pp. 71-72).
Comme la place qu’un individu prend dans l’interaction dépend également de celles des autres interlocuteurs, cette dernière doit être appréhendée en termes de rapport de
places (Flahaut, 1978; Vion, 2000). Ces auteurs mettent en évidence que la place qu’un
locuteur prend se définit toujours par rapport à celle de son interlocuteur à un moment précis de l’interaction :
« Chacun accède à son identité à partir et à l’intérieur d’un système de places qui le dépasse ; ce concept implique qu’il n’est pas de parole qui ne soit émise d’une place et convoque l’interlocuteur à une place corrélative ; soit que cette parole présuppose seulement que le rapport de places est en vigueur, soit que le locuteur en attende la reconnaissance de sa place propre, ou oblige son interlocuteur à s’inscrire dans le rapport » (Flahaut, 1978, p. 58).
Ce concept de rapport de places rend ainsi compte de la nature dynamique de l’interaction, de ce jeu de positionnement complexe, des rôles sociaux joués par les interactants et de leurs statuts respectifs.
Je souhaite à présent éclairer un peu plus le terme « position ». Il semblerait que les auteurs dont j’ai fait référence ici l’utilisent par exemple dans le sens de « position sociale », notamment Flahaut et Vion37. J’ai également montré qu’ils utilisent le terme de « positionnement » (ou « positionnement énonciatif », voir Vion, 2008). Vion affirme notamment « que le positionnement de chaque sujet est hétérogène et fait intervenir une pluralité de rapports de places » (Vion, 2000, p. 111). J’ai également fait appel à d’autres auteurs, notamment dans les champs de la « Positioning theory38 » (Davies & Harré,
1990) et de la « Dialogical Self Theory » (Hermans, 2001), qui ont développé de manière intéressante ce concept de position. Davies et Harré ont développé le concept de
positioning car celui de « rôle » leur paraissait trop statique, formel, ritualisé (Davies &
Harré, 1990) : les auteurs justifient leurs propos en montrant que les rôles caricaturent les personnes, comme si ces dernières adoptent un comportement prescrit. Dans la théorie des rôles, une conversation est comprise en termes de rôle que ces personnes peuvent prendre. Les dires de ces personnes sont en général associés au rôle qu’elles
37 On retrouve cette terminologie par exemple chez Vion : « communiquer implique que les sujets parlent de positions sociales et donnent vie à des rôles » (Vion, 2000, p. 95).
38 Etant donné que toute la littérature sur le Positioning theory et le Dialgocal Self est en anglais et pour que le lecteur me suive, j’ai choisi de garder cette même terminologie anglaise dans mon texte. Ces termes anglophones seront écrits en italique dans le texte.
occupent dans la conversation et sont interprétés également selon ces rôles. Dans le concept positioning,
« The focus is on the way in which the discursive practices constitute the speakers and hearers in certain ways and yet at the same time is a resource through which speakers and hearers can negotiate new positions. A subject position is a possibility in known forms of talk; position is what is created in and through talk as the speakers and hearers take themselves up as persons » (Davies & Harré, 1990, p. 61).
Les auteurs décrivent ce positioning comme étant « the discursive process whereby selves are located in conversations as observably and subjectively coherent participants in jointly produced story lines » (Davies & Harré, 1990, p. 49). Ainsi, lorsqu’elles sont en interaction, les personnes se positionnent les unes aux autres de manière intentionnelle ou non. Ce positioning a lieu autant au sein d’une interaction inter-personnelle qu’inter- groupes. Ce concept de positioning permettrait d’appréhender la manière dont les personnes donnent leurs avis lorsqu’elles occupent un seul et même rôle.
Dans la théorie du Dialogical Self39, Hermans a conceptualisé le Self en termes de « dynamic multiplicity of I-positions in the landscape of the mind, intertwined as this mind is with the minds of other people » (Hermans, 2002, p. 147). Cela signifie qu’une personne peut occuper plusieurs I-positions : dans une position, le I peut questionner, contredire, s’opposer, être d’accord, comprendre ou même confronter le I avec une autre position (Hermans & Hermans-Konopka, 2010).
Parmi les définitions présentées, j’ai choisi d’utiliser le concept de position dans l’analyse de mes données40. En effet, les termes de place ou rôle figeraient l’adulte ou l’enfant dans un rôle alors que le terme de position rend compte de la nature dynamique dans laquelle ces derniers se trouvent : aussi bien l’adulte que l’enfant occupe des positions qui sont susceptibles d’évoluer au fur et à mesure de l’interaction.