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I. Sermaye yeterliliği standart oranına ilişkin açıklamalar (devamı):
159 Id., XV, 5, éd. cit., p. 70.
160 Ce qu’avait dit aussi Aristote dans le cadre d’une philosophie différente : « Si donc l’intellect est quelque
chose de divin par comparaison avec l’homme, la vie selon l’intellect est également divine comparée à la vie humaine. Il ne faut donc pas écouter ceux qui conseillent à l’homme, parce qu’il est homme, de borner sa pensée aux choses humaines, et, mortel, aux choses mortelles, mais l’homme doit, dans la mesure du possible, s’immortaliser, et tout faire pour vivre selon la partie la plus noble qui est en lui » (Ethique à Nicomaque, X, 7, 1177b, 30, trad. par J. Tricot, Vrin, 1987, p. 512-514).
Un lieu commun veut que les Grecs n’aient pas eu une idée très nette du temps. Le mot chronos n’est jamais le sujet d’un verbe chez Homère161. L’évolution de la pensée grecque, d’Hésiode à Aristote, s’accompagne pourtant d’une réflexion de plus en plus insistante sur la relation de l’homme au temps. Avant le stoïcisme, la littérature tragique s’est clairement posée la question de savoir comment l’action humaine prend place dans la configuration du Destin. De son côté, en marge du stoïcisme naissant, Aristote propose une réflexion originale sur le « moment opportun » (kairos) dans ses œuvres d’éthique. Ce sont ces deux traditions que nous allons visiter l’une après l’autre afin de préciser l’interprétation grecque du présent.
a) Temps et action dans la tragédie
La tragédie est par essence liée au temps. Jouant du contraste entre un avant et un après, un antécédent et un suivant, le drame consiste le plus souvent en une perturbation du cours plus ou moins insensible du temps par un événement transformateur : « Pindare parle du temps pour souhaiter échapper à ses perturbations, remarque Jacqueline de Romilly : les personnages tragiques parlent du temps parce qu’ils sont brutalement soumis à ces mêmes perturbations ; en un sens toute la tragédie présente et commente un effet du temps162 ». Cet effet du temps, sous l’emprise duquel l’homme se trouve placé, est le sujet implicite de toute tragédie. Plus ce qui vient se trouve en contraste avec ce qui précède, plus la perturbation du temps est grande, et plus dramatique paraît l’événement déterminant. A la différence du genre épique qui évacue volontiers la durée en la diluant dans l’immémorial d’une histoire mythifiée, la tragédie clôture l’action mise en scène dans un intervalle de temps extrêmement réduit. Cette condensation du temps jointe à l’unité construite de l’histoire (muthos163) donne à l’action (praxis) représentée une intensité particulière. Le temps s’y concentre à tel point que le genre tragique ne pouvait que donner lieu à une réflexion approfondie sur la nature de l’action humaine et du kairos. Nous allons détailler trois aspects du temps tragique : 1) la présence du passé ; 2) le présent comme crise ; 3) la puissance du temps.
1) Remarquons d’abord que le passé, dans la tragédie, est ce qui ne passe pas. Jamais complètement isolé du présent, le passé jette son ombre sur tout événement. Chez Eschyle en particulier, rien ne meurt jamais. Dans les Perses, Darius sort de son tombeau pour intervenir
161 Voir J. de ROMILLY, Le Temps dans la tragédie grecque. Eschyle, Sophocle, Euripide, Vrin, Essais d’art et
de philosophie, 1995, p. 9.
162 Id., p. 11.
163 Voir ARISTOTE, Poétique, 7, 50b : « Notre thèse est que la tragédie consiste en la représentation d’une
action menée jusqu’à son terme, qui forme un tout et a une certaine étendue » (trad. par R. Dupont-Roc et J. Lallot, Seuil, Poétique, 1980, p. 59).
dans le drame ; l’ombre de Clytemnestre poursuit les Furies elles-mêmes au début des Euménides. Le chant du chœur des Choéphores exprime clairement cette idée : « Mais que les gouttes en soient une fois bues par la terre nourricière, et le sang vengeur se fige : il ne s’écoulera plus !164 » Les morts frappent les vivants, et les actes du passé conditionnent largement le présent par une causalité souterraine et inquiétante. Le passé peut donc « figurer le présent, et se confondre avec lui en une sorte d’identité165 », comme dans les Suppliantes où les jeunes Danaïdes ne cessent de revenir au sort passé d’Io. Le Destin, plus qu’une providence divine, se montre sous le jour d’un déterminisme plus ou moins strict. Le héros eschyléen semble être ainsi toujours la proie d’un ensemble de faits qui ne sombrent pas dans l’oubli, qui résistent, qui travaillent, qui se réveillent et s’érigent sur scène. Le présent n’apparaît jamais comme un atome isolable, mais plutôt comme une conséquence se détachant soudain de la ligne continue de la chronologie. C’est là une nouveauté philosophique d’importance : sous une forme magique et divine, le temps tragique abrite un déterminisme marqué. Le temps se pense désormais comme une continuité solidaire de laquelle le hasard est largement exclu. Le présent ne se conçoit pas alors comme une éclosion accidentelle, un ensemble de faits fortuits, mais plutôt comme une crise du passé.
2) Aucune œuvre antique comme les tragédies ne fournissent une telle détermination du temps présent comme temps de crise. Comme le remarquait Aristote, l’épopée et la tragédie diffèrent essentiellement par la longueur : « La tragédie essaie autant que possible de tenir dans une seule révolution du soleil ou de ne guère s’en écarter ; l’épopée, elle, n’est pas limitée dans le temps166 ». Dans cette « révolution du soleil », qui est un espace de temps minimalisé, se nouent et se dénouent les intrigues. La journée devient l’aune du drame. Les Grecs ont trouvé là un moyen extrêmement efficace, en ramassant sur lui-même le temps du muthos, d’attirer l’attention du spectateur sur la puissance du temps et sur la concentration du moment présent. Le présent devient un foyer condensé de possibilités, de conséquences, de choix, de débats, de dilemmes ; il devient un temps de crise. « Pourquoi [l’action] semble-t- elle si sérieuse, si décisive, si palpitante, demande Jacqueline de Romilly ? Eh bien, parce que la brève série d’événements qui la constituent doit encore mettre en cause les problèmes les plus graves et les enjeux les plus décisifs. En un jour, on saura si Médée doit vivre ou mourir : cela est de l’ordre des faits. Mais également, en un seul jour, tout son amour passé, ses sacrifices, ses espérances, seront mis en question ; et l’honneur de Jason aussi, ainsi que le
164 Traduit par Jacqueline de Romilly, op. cit., éd. cit., p. 28. 165 J. de ROMILLY, op. cit.., p. 29.
166
droit des gens à se venger167 ». En représentant sur scène le drame d’une vie sur un jour, et un jour en une heure, en produisant l’attention la plus aiguë possible sur un certain nombre d’événements palpitants, la tragédie invente une temporalité nouvelle, condensée et imbriquée : « Tout le passé et tout l’avenir seront donc impliqués dans l’action ainsi engagée : elle est sérieuse, elle est décisive ; et, pour cela, elle est, au sens étymologique du mot, une crise168 ». Les héros tragiques, quelque joué à l’avance que soit leur sort, se débattent dans les circonstances et ne cessent de délibérer pour conduire leur action. Ainsi de la tragédie, devenant une considération sur une phase du Devenir, naît l’idée d’un présent sérieux, grave, compénétré, lourd des significations du passé et gonflé d’implications pour l’avenir. S’il y a crise dans le temps, crise du temps lui-même, c’est parce que le présent se trouve au moyeu de la roue du Devenir.
Paul associe lui aussi fréquemment les notions de « jugement », de « décision » (krisis) et de temps. Le jour est proche, selon lui, où le jugement de Dieu mettra à nu le secret de chacun169. Le présent est donc un temps de « crise » où toute décision humaine s’avère décisive et où le jugement divin, par le truchement du Christ, s’apprête à libérer le salut. Mais à la différence des poètes tragiques, pour qui la « crise » du présent atteste la force mécanique du Destin, le temps messianique se révèle à Paul comme ce moment particulier où se cristallise in statu finalis temporis la volonté personnelle de Dieu.
3) Ce caractère « sérieux » du kairos se mesure également à la toute-puissance du temps que ne cessent de clamer les tragédies. L’instabilité des affaires humaines, les changements brusques dont les hommes sont parfois les victimes fragiles, forment l’autre face de la souveraineté du temps. Le temps tragique n’est déjà plus la fluctuation aléatoire et chaotique des Anciens, mais le maître impérieux des existences. L’homme doit donc se soumettre au temps. Apparaît, chez Sophocle notamment, cette idée que, sous l’empire du temps, la seule option raisonnable est d’en reconnaître le pouvoir. Dans Ajax, Athéna recommande à Ulysse de s’imprégner du spectacle des malheurs auxquels conduisent la démesure et l’orgueil : « Un jour suffit pour faire monter ou descendre toutes les infortunes humaines », lui dit-elle170. Un seul jour (hèmera) suffit pour détruire le bonheur, pour briser les prétentions, pour réduire à néant l’insouciance. C’est un thème cher à la sagesse grecque, que l’on retrouvera jusque dans l’Ethique à Nicomaque d’Aristote. Si le bonheur consiste dans une activité de l’âme conforme à la vertu, Aristote s’empresse d’ajouter : « Et cela dans une vie accomplie jusqu’à son
167 J. de ROMILLY, op. cit., éd. cit., p. 14.
168 Id., p. 15. Le mot « crise » vient en effet du verbe κρίνειν, qui signifie « juger », « discerner », « décider ». 169 Voir Rm 2, 16.
170
terme171 », ce qui peut se comprendre en deux sens au moins. Aristote veut dire que le bonheur n’est pas l’œuvre d’une journée, pas plus qu’ « une hirondelle ne fait le printemps ». La formule signifie également qu’une faiblesse soudaine, une injustice stupidement commise, un renoncement au bien, une lâcheté momentanée, une imprudence idiote, peuvent détruire brutalement le bonheur dans son exigence de constance. C’est bien là l’un des enseignements de la tragédie sur le temps172. Ainsi, l’homme doit-il s’y soumettre, comme nous l’avons dit. Soit en l’utilisant comme un auxiliaire selon les recommandations d’Aristote173, soit en reconnaissant avec humilité sa puissance souveraine comme y invitent nombre de tragédies174.
Mais en reconnaissant sa propre faiblesse, l’homme découvre une façon d’accepter le temps, et, s’y pliant avec prudence, de prendre sa place dans l’empire majestueux du Devenir. En quelque sorte, la crise du temps mise en scène dans les tragédies délivre une leçon de morale : parce que le présent bouillonne des événements du passé ; parce qu’il procure l’occasion (eukairos) d’échapper au déterminisme (que celle-ci soit illusoire ou non175) ; parce qu’il s’impose au spectateur comme puissance souveraine, pour ces différentes raisons l’homme apprend la fragilité des bienfaits et découvre la nécessité d’ordonner avec sagesse ses actions.
b) « Kairos » et « phronèsis » (Aristote)
Plus proche encore que Platon des enseignements philosophiques implicites de la tragédie, Aristote a souvent médité sur le rapport de l’éthique au temps opportun (kairos). Il y eut différentes façons, dans l’évolution de la pensée grecque, de déterminer le kairos. Le kairos a d’abord eu une signification religieuse, renvoyant comme chez Héraclite par exemple « aux initiatives arbitraires d’un Dieu qui joue avec le temps176 ». La notion de Dieu se rationalisant peu à peu, le kairos n’a plus désigné « l’action divine décisive », mais « le moment où le cours du temps, insuffisamment dirigé, semble comme hésiter et vaciller, pour
171 ARISTOTE, Ethique à Nicomaque, I, 6, trad. par J. Tricot, Vrin, 1987, p. 59.
172 C’est également un thème cher au stoïcisme. Cf. par exemple SENEQUE, Lettres à Lucilius, I, 8, 4. 173
Voir ARISTOTE, Ethique à Nicomaque, I, 7 : « Voilà donc le bien décrit dans ses grandes lignes […] On peut penser que n’importe qui est capable de poursuivre et d’achever dans le détail ce qui a déjà été esquissé avec soin ; et le temps, en ce genre de travail, est un facteur de découverte ou du moins un auxiliaire précieux » (éd. cit., p. 60).
174
Voir J. de ROMILLY, p. 92.
175 Voir id., p. 25.
176 P. AUBENQUE, La Prudence chez Aristote, PUF, Quadrige, 2009, p. 104. Pierre Aubenque fait référence au
fragment 52 (« Le temps est un enfant qui joue au trictrac. Royauté d’un enfant »), mais le mot qui désigne ici le temps est αίων et non καιρός.
le bien comme pour le mal de l’homme177 ». Puis, de fil en aiguille, la kairos a désigné le moment fatidique se présentant à l’homme où la décision oriente significativement l’existence. C’est en ce sens que l’entend Aristote dans l’Ethique à Nicomaque.
Contre Platon, qui n’envisageait la vertu qu’en relation à l’éternel, le Stagirite a souhaité réintroduire la dimension temporelle dans l’économie de la morale en distinguant la sagesse (sophia) et la prudence (phronèsis). Si la sophia porte sur ce qui demeure toujours, sur l’identique, sur l’Etre, sur l’éternel (to aidion, ta aei hôsautôs onta), la phronèsis porte, quant à elle, sur les êtres soumis au Devenir, aux fluctuations, au changement (ta en metabolè onta). Or, comme l’Ethique à Nicomaque ne cesse de le rappeler, la vie humaine, faite de décisions, de choix, d’options et de calculs divers, se déroule dans des circonstances demeurant largement imprévisibles à l’avance. Le but même de l’action humaine (praxis) est soumis au Devenir : « La fin de l’action varie avec les circonstances178 ». Dire que le telos de l’action se détermine selon le kairos (kata ton kairon estin), comme le fait Aristote de manière d’ailleurs tout à fait originale, c’est affirmer qu’il ne peut y avoir de principe universel de l’action. L’homme, parce que plongé dans le mouvement erratique du Devenir, soumis aux caprices de la fortune – ou de ce qui lui paraît tel faute de pouvoir prévoir –, est obligé de penser son action d’après un « contexte particulier », toujours neuf, toujours fluctuant, toujours imprévisible. Il est donc impossible de déterminer rationnellement le kairos, sans le discernement duquel pourtant il ne peut y avoir d’action bonne, puisque les circonstances sont infiniment variées et recèlent une part de hasard.
C’est donc à une autre faculté que l’intelligence dianoétique qu’il faut s’adresser pour saisir le kairos, le comprendre et l’interpréter. Aristote appelle prudence (phronèsis) la faculté particulière de bien évaluer les circonstances permettant la meilleure action possible. A l’idéalisme platonicien se substitue l’intelligence des contextes singuliers. La prudence n’est pas seulement « une disposition accompagnée de règle vraie capable d’agir dans la sphère de ce qui est bon ou mauvais pour un être humain179 », mais ce talent spécial, cette habileté si particulière dont Périclès a pu faire preuve en apercevant ce qui est bon pour lui-même et ce qui est bon pour l’homme en général à tel ou tel moment précis de sa vie ou de sa carrière180. Cette « excellence » n’a pas pour objet les universels, comme le dit Aristote, mais doit « avoir la connaissance des faits particuliers181 ».
177
Id.
178 ARISTOTE, Ethique à Nicomaque, III, 1, 1110a 14, éd. cit., p. 120. 179 ARISTOTE, Ethique à Nicomaque, VI, 5, 1140b, 5, éd. cit., p. 285. 180 Voir Id., VI, 5, 1140b, éd. cit., p. 286.
181
c) Une réhabilitation du temps ?
Il est à noter que la pensée éthique d’Aristote, aussi bien que les tragédies d’Eschyle, de Sophocle ou d’Euripide, atteste d’une conception ambivalente du « moment opportun » que désigne le kairos. Le kairos est incertain, plus ou moins fortuit, plus ou moins contingent. Relevant pour part de la tuchè, il est imprévisible, imprévu, donc inquiétant, menaçant, propice à l’erreur, propice à la catastrophe, propice à l’irruption du malheur dans le cours de la vie. D’un autre côté, parce qu’en lui se mêle dramatiquement le passé, le présent et l’avenir, parce qu’il est aussi un moment condensé et une circonstance déterminante, l’homme y découvre la nécessité urgente d’y exercer quelque vertu pratique. Le courage dans la tragédie, la prudence dans l’éthique, sont les réponses averties de l’homme à l’imprévisibilité temporelle. La pensée grecque découvre que l’individu, prenant acte des troublants aléas du Devenir, renonçant peu ou prou à se déterminer selon l’immuabilité et l’immutabilité de l’Etre, n’en perd pas pour autant le loisir de répondre, par l’héroïsme ou par le calcul, à la contingence insinuée dans la vie. Aux menaces du temps entendu comme « circonstances » ou comme « instant propice » répond une forme particulière de l’intelligence humaine, une forme modeste peut-être, et qui doit composer avec le fluent, mais une forme néanmoins subtile, quelque chose comme un savoir-faire devant l’inconnu. Il semble à ce sujet que la plainte de Denys d’Halicarnasse, selon qui aucun philosophe ni aucun rhéteur n’a jamais rien pu dire du kairos, fut largement démentie182. La notion classique du kairos donne en fait une certaine consistance au temps. Le temps est quelque chose, au moins anthropologiquement. Il s’objective dans sa relation à l’intelligence humaine. Il est occasion, opportunité, décision. Mieux : il est circonstance, contexte, ensemble de données, ensemble de faits, complexe de réalités mêlées dans le présent. Le kairos n’est plus seulement du temps, mais relation d’intelligence au Devenir. Et le Devenir lui-même, dont nous avons dit qu’il demeurait par lui-même aussi impensable qu’insaisissable et aussi insaisissable que toujours-Autre, n’est plus réductible à un vulgaire flux inconsistant, mais se réalise et se spatialise en quelque sorte en actions (praxeis). La pensée de Paul s’inscrit largement dans ce mouvement de réhabilitation de la notion de kairos, comprise désormais comme entrelacs du temps présent et de détermination éthique. Le mot est utilisé une vingtaine de fois dans les sept lettres authentiques, toujours dans un contexte théologique important. Nous pourrons voir cependant
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que Paul pousse beaucoup plus loin qu’Aristote la valorisation du kairos. En tant que temporalité finale, et en vertu de sa nature propre, le kairos n’est pas seulement le moment clé de la décision éthique mais un bouleversement substantiel du temps même : l’événement de la résurrection a transformé de manière déterminante la manière dont l’homme reçoit désormais le temps.
Si le bien et le mal, le bon choix comme le mauvais, sont maintenant appréhensibles dans le temps, quelle rétribution en découle ? On sait que pour Aristote la prudence conduit à une action qui réussit au présent, ou du moins dans les limites de la vie humaine. Mais de cette réflexion sur l’action vertueuse ou mauvaise peut aussi naître l’idée d’une rétribution posthume. Il nous faut donc, pour terminer cet aperçu de la conception grecque du temps, nous interroger sur l’appréhension de l’au-delà de la vie.