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3. DİNÎ EPİSTEMOLOJİDE FİDEİST OLAN BAZI FİLOZOFLAR
3.3. Dini Epistemolojide Wittgensteincı Fideizm ve ‘Gramer Olarak Teoloji’ Teoloji’
Située à gauche du Sermon, La Tempérance (fig. 41) entretient également un lien, plutôt indirect, avec l’Hospice Sainte-Élizabeth. Le 25 janvier 1904208, l’évêque Decelles réprimande le prêtre de l’Hospice de Farnham, pour avoir ouvertement consommé de l’alcool et s’être fait voir en état d’ébriété. Le problème de la tempérance concerne donc le clergé de Farnham. Le 24 août 1905209, le vicaire Alexis-Xyste Bernard assure le curé Laflamme qu’il prendra en main le cas d’un curé s’occupant de l’hôpital. Il précise alors : « Je ne veux pas qu’il soit pour Farnham une occasion de scandale. Après avoir reçu les
208Ibid., p. 442-443, Lettre de M., évêque, S-H, au prêtre de l’Hospice Sainte-Élizabeth de Farnham, 25
janvier 1904.
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avis nécessaires, il lui faudra se conduire en bon prêtre ou quitter votre hôpital ». Il s’agit du deuxième problème de boisson éprouvé par un prêtre chargé de l’hôpital de Farnham. C’est un endroit facile où se procurer de l’alcool parce qu’il sert à soulager la douleur des patients. Non seulement le clergé souffre de ce mal, mais la population aussi parce que de nombreux points de vente sont ouverts dans la ville, comme des auberges et des tavernes, où se reposent et festoient les voyageurs qui s’arrêtent à la gare de Farnham.
Conséquemment, le curé Laflamme se sent particulièrement concerné par la cause de la tempérance. Il propose à l’évêque Alexis-Xyste Bernard de reproduire, sous forme de livret et de le distribuer au peuple, le mandement sur la tempérance, qu’il a composé, mais il ne lui permet pas d’entreprendre cette démarche. Dans une lettre du 10 janvier 1908210, après que l’évêque Bernard se fut réjoui de son enthousiasme pour la cause, il ajoute : « N’êtes-vous pas optimiste ? » Sans doute le curé est-il optimiste parce qu’il lutte année après année au conseil de ville pour la diminution et l’éventuelle abolition des nombreux points de vente de liqueurs, dont l’abus de consommation, qu’il observe quotidiennement, fait des ravages dans la population et même chez les membres de son clergé! Puis, le 21 février 1908211, Mgr. Bernard accepte cependant que Laflamme organise une retraite de tempérance pour le mois de mars comme « C’est le temps le plus favorable pour réunir tout votre peuple ». Leduc peint donc La Tempérance à Saint- Romuald en référence à la société catholique qui porte le même nom.
Pour ce qui est de La Justice (fig. 42), l’artiste l’intègre certainement au programme parce qu’elle forme un pendant à La Tempérance. Elles font toutes deux parties des quatre vertus cardinales. Dans ses notes personnelles, conservées à la BAnQ, Leduc écrit les attributs de ces deux allégories : « Tempérance – Un mors avec sa bride Justice Une
balance et une épée »212. Dans son premier tome, Réau (1955-1959 : 183) indique les raisons pour lesquelles la Justice possède pour attributs la balance et l’épée : « … elle pèse les raisons sur les plateaux de sa balance et sa sentence une fois rendue, elle la fait,
210ADSH, Registre des lettres. Série IIe, 2, Évêché de Saint-Hyacinthe, 1907-1911, commencé le 31
décembre 1906, p. 179, Lettre d’A.X. B., évêque, S -H, à J.-M.L., F, 10 janvier 1908.
211Ibid., p. 190. Lettre d’A.-X.B., évêque, S-H, à J.-M.L., F, 21 février 1908.
212BAnQ, Fonds O. L., MSS 327/4/8, Série 5/E8, Notes théoriques et de travail, symbolisme art sacré, s.d.,
si besoin est, respecter par l’épée ». Quant à la Tempérance, elle possède une bride pour aider à retenir les passions.
La Tempérance et La Justice, deux œuvres originales, ne furent pas retouchées. Dans la
première œuvre, l’allégorie est représentée par une jeune femme à la tête voilée, ressemblant à la Vierge, se tenant en pied sur un nuage. Une auréole, remplie de mosaïque en trompe-l’œil, entoure sa tête, d’où émanent des rayons lumineux jaunes qui se démarquent sur le fond bleu du ciel. Au-dessus de l’allégorie se découpe un emblème (fig. 43)213. Une croix sur laquelle se superpose un cercle, dont le contour se dessine de mosaïque brune, comme l’encadrement du tableau. Dans La Justice, nous retrouvons le symbole d’un œil dans un triangle référant au Seigneur omniprésent et à la Trinité (fig. 44)214.
Plusieurs éléments rapprochent ces compositions simplifiées du symbolisme. D’abord, l’allégorie correspond à un sujet très apprécié des symbolistes, parce qu’elle incarne une idée abstraite. De plus, les peintres de ce mouvement avantagent la planéité du tableau. Or, dans La Tempérance, par exemple, Leduc élimine les effets de relief, à l’exception du nuage, qui donne une certaine illusion de profondeur et de la cape, qui dépasse sur le cadre peint. Aussi, malgré le léger contrapposto créé par le genou gauche, la figure se tient bien droite, face au spectateur et les pans de sa robe cachent l’environnement céleste dans lequel elle aurait pu se trouver. Cependant, une petite courbe et un mouvement s’amorcent grâce à la bride du mors et aux quelques plis formés par le genou du personnage, ce qui l’empêche d’être totalement statique. Hormis le nuage, le ciel bleu et les rayons lumineux, aucun contexte, ni paysage ne créent d’effet tridimensionnel ou de perspective dans les deux œuvres. Par leur format long et vertical et par leur sujet, une seule figure, La Tempérance et La Justice ressemblent aux saints et aux évangélistes
213Il serait possible que Leduc ait été inspiré d’inclure un emblème surmontant les allégories de la Justice et
de la Tempérance par une reproduction de La Justice d’Edward Simmons de 1895 (fig. 95), conservée dans le fonds Ozias Leduc de la BAnQ, dans laquelle deux boucliers apparaissent au sommet de la scène.
214Ce symbole est relié à la franc-maçonnerie. Or, Gilbert Beaulieu, amateur de généalogie et du patrimoine
religieux de Farnham, nous a indiqué qu’une loge se trouvait dans sa ville. Cependant, il serait possible que Leduc n’ait pas seulement introduit cet emblème à cause de la présence de cette loge à Farnham, mais également parce qu’il appartenait lui-même à la franc-maçonnerie.
peints par Leduc à l’église St-Ninian d’Antigonish. Son Saint Jean (fig. 128), par exemple, tient lui aussi son attribut, une coupe, et se trouve en pied et de face avec la tête légèrement tournée aux trois quarts. Par contre, sous ses pieds, l’artiste peint le sol et de chaque côté du saint, il y inclut diverses plantes. À Farnham, le peintre isole donc davantage les figures et ajoute un élément important du symbolisme : l’emblème. Enfin, grâce à cet ajout, l’espace pictural n’imite pas le monde tangible, mais appartient davantage à un monde constitué d’« Idées » comme le décrirait Platon. De plus, cette croix complexe et stylisée et cet œil dans un triangle ressemblent à des joyaux. Or, les symbolistes aiment travailler la matière en y intégrant des effets de brillance et de préciosité, comme Gustave Moreau, qui, dans un grand nombre de ses toiles, exploite les textures des bijoux, des sculptures détaillées et des ornements. Ainsi, par leur sujet, leur planéité, leur simplification, leur isolement, leur emblème et leurs textures dorées et décoratives, La Tempérance et La Justice dénotent des influences symbolistes.
D’autre part, dans La Tempérance, des teintes bleutées recouvrent le nuage et font écho à la tunique de l’allégorie. Ce procédé, Leduc le reprend également dans La Justice, mais cette fois avec des teintes rougeâtres. Grâce à la couleur, le peintre unifie le bas et le milieu du tableau, mais comment y intègre-t-il l’emblème, qui se détache de la toile par une mosaïque en trompe-l’œil ? L’artiste se sert de la forme circulaire, de la couleur et de la texture de l’auréole de l’allégorie. Le premier cercle entourant la croix de l’emblème de La Tempérance reprend approximativement la grandeur de l’auréole. Aussi, son vert pomme, qui se reflète légèrement sur les plis de la robe sur son épaule gauche, se marie bien avec les touches subtiles de vert dans la mosaïque du cercle de l’emblème. Puis, bien sûr, la mosaïque de l’auréole reprend celle de l’encadrement de même que celle qui entoure la croix. Ainsi, La Tempérance et La Justice s’ancrent dans leur contexte historique et elles démontrent une influence du symbolisme dans le style de Leduc lors de la première étape de production à Farnham.