BÖLÜM 2. LOJISTIK VE KENTSEL LOJISTIK
2.4. Kentsel Lojistiğin Tarafları
du Sud
Pays d’émigrationSociété
du Nord
Pays d’immigrationCette théorie essaie d’expliquer le processus d’installation. Au contraire des théories déjà analysées, ces dernières n’ont pas pour objectif d’identifier les raisons qui initient un processus migratoire, mais elles s’intéressent plutôt aux nouvelles conditions qui existent dans le processus même de la migration, qui fonctionnent comme des causes indépendantes et qui influencent l’installation ou la prolongation du séjour dans le pays de réception.
Nous pensons que les réseaux et les institutions sociales accomplissent un rôle dans le processus migratoire et aident les immigrants à avoir un certain type d’adaptation. Nous trouvons que ces réseaux et institutions peuvent être considérés comme des ressources ou une forme de capital social. Les réseaux sociaux se construisent et ils ont besoin de temps pour se solidifier. Les réseaux facilitent l’émigration, mais nous ne savons pas jusqu’à quel point, par exemple, l’émigration devient vraiment indépendante des facteurs (structurels ou individuels) qui en sont initialement à l’origine, tel que ce modèle le prône dans le cas de la migration latino-américaine en Suisse. Le cas de la migration latino-américaine vers la Suisse est relativement récent et il n’y a pas encore d’études sur la taille de ces réseaux. Nous pensons cependant que l’existence d’un capital social constitue un support matériel et psychologique important qui va sûrement nous aider à mieux saisir le mode de vie des femmes sans-papiers.
Le concept de capital social nous semble particulièrement intéressant pour notre recherche. Étant donné l’incapacité de transférer diverses compétences, formations et ressources, nous pensons que les réseaux sociaux deviennent une ressource fondamentale, une forme de capital social important qui permet de faire face à la clandestinité. Par ailleurs, ce type de réseau marche déjà très bien dans le pays d’origine. Marguerite Bey, qui étudie les stratégies d’installation des migrants ruraux
s'intéresse aux mouvements de masse. Notre étude est qualitative. 2) Pour notre recherche, les étapes que la théorie de la transition énonce sont intéressantes et suivent quelque peu la tendance de la trajectoire des histoires de vie des immigrées interviewées. Toutefois, la migration latino-américaine en Suisse n’a pas été étudiée d’une manière systématique et nous ne pouvons donc pas généraliser ces étapes dans le contexte européen. 3) Nous pensons également qu’un acte migratoire a des conséquences sur la personne qui réalise la migration, sur la famille restée dans le pays d’origine, sur le pays d’origine en général ainsi que sur le pays de destination (tel que la cumulative causation le suggère). Pourtant, notre but n’est pas de mesurer ces conséquences au niveau global, c’est pour cela que nous ne nous intéressons pas à la théorie de la cumulative causation.
vers la ville au Pérou, constate l’importance de ces réseaux sociaux65. En ce qui concerne le capital, il convient de considérer la qualité de ce dernier. Par exemple, le fait d’avoir un frère qui habite depuis dix ans en Allemagne a plus de valeur pour un migrant potentiel que celui d’avoir un frère qui vient d’y arriver. De même, le fait d’avoir un frère qui est un résident légal est plus décisif que celui d’avoir un frère qui n’a pas de permis de séjour.
Cependant, cette approche s’avère insuffisante pour expliquer la manière dont les immigrées usent de ces ressources et, à partir de là, pour déterminer les modalités selon lesquelles elles construisent leurs expériences de la migration66. Il faut considérer la peur comme un élément présent dans l’expérience de la clandestinité. Par rapport aux institutions formelles de la société de réception, le fait de s’y adresser implique déjà le fait d’avoir surmonté, d’une certaine manière, un sentiment de peur. Ainsi, nous pouvons nous demander de quelle façon ces personnes arrivent à surmonter ce sentiment de peur.
Le processus d’installation ou celui de l’installation provisoire, spécialement dans le cas des femmes sans-papiers latino-américaines, est complexe à expliquer. Il est important de considérer également d’autres aspects qui peuvent « bloquer » le retour comme par exemple la perte d’un réseau dans la société d’origine, les faibles perspectives de réinsertion offertes dans celle-ci ou le non-accomplissement du projet migratoire (cf. chapitre 2 de la deuxième partie).
Ainsi, nous reprenons notre graphique que nous allons illustrer par différents éléments théoriques à l’aide de certaines approches : (voir ci-dessous)
65 Cf. BEY M., "Quelques réflexions sur la continuité entre villes et campagnes" in Mutations sociales et articulations des espaces ruraux et urbains, Paris, Éditions Cahiers du GEMDEV (Recherches francophones sur les dynamiques des Tiers Monde), nº 21, 1994, pp. 126-136.
66 Une autre limite de ce modèle est le présupposé selon lequel il existe un vecteur commun par lequel le
comportement migratoire est transmis des parents aux enfants. Ce qui implique que les enfants avec des parents actifs dans la migration ainsi que les personnes provenant d’une communauté ayant un grand stock d’expériences migratoires émigrent probablement plus que ceux qui ont des parents sans expérience migratoire ou que ceux qui proviennent d’une région où la migration internationale est peu pratiquée. Les études qui montrent la pertinence de cette théorie ne se réfèrent qu’à certaines communautés particulières (mexicaine aux États-Unis par exemple) Cf. MASSEY D. & alii, "Una evaluación de la teoría de la migración internacional : el caso de América del Norte" in MALGESINI G. (comp.), op. cit., p. 235.
Le cadre théorique étant posé, nous allons maintenant le rendre effectif à travers la présentation de diverses études qui seront détaillées plus tard (cf. chapitre 1, deuxième partie). Ces études reprennent les diverses théories que nous avons privilégiées (avec une analyse transversale de genre) dans notre modèle intégratif nous servant à dresser le panorama de la migration des femmes de Sud. Il s’agit du contexte migratoire -qui concerne le pays d’émigration et le pays d’immigration- dans lequel se situe l’émigration des femmes latino-américaines vers les sociétés du Nord pour réaliser des tâches ménagères et la garde des enfants. Tout d’abord, certaines études, en faisant le lien entre genre, capitalisme et patriarcat, laissent apparaître le genre comme un principe organisateur des relations sociales de pouvoir. L’analyse de genre met en lumière la manière dont les intérêts capitalistes trouvent des bénéfices en perpétuant la présence de la femme au foyer. Les femmes reproduisent la force de travail sans que le capitalisme s’y investisse, ce qui fait que la réalisation des tâches ménagères devient invisible. Celles-ci sont considérées comme un domaine propre des femmes.
Légitimées par une idéalisation du rôle de mère, les femmes assument cette idéologie comme étant normale67. Cela a comme conséquence la dévalorisation du travail
67 Il convient de mentionner l’étude de Norma Fuller qui observe, dans le cas du Pérou, l’influence de
l’image de "marianismo" sur les femmes. Cette image, associée à la Vierge Marie, représente la notion de la supériorité morale de la femme, l’hyper-affirmation de la maternité, le refus de la sexualité et l’esprit de sacrifice. Parmi les femmes de la classe moyenne du Pérou, cette image se présente comme peu renouvelée ; la maternité occupe encore une place importante et représente toujours le moyen le plus efficace pour que les femmes acquièrent le statut d’adulte et le chemin le plus légitime vers une reconnaissance sociale. Cf. FULLER N., Dilemas de la femineidad. Mujeres de clase media en el Perú, Lima, Fondo Editorial Pontificia Universidad Católica del Perú, 1993, pp. 204-213.