BÖLÜM 3 EMİSYON, HAVA KİRLİLİĞİ VE DÜŞÜK EMİSYON BÖLGESİ
3.2. Hava Kirliliği Kavramı
La clandestinité suisse, processus en reproduction, créée par des conditions de caractère structural constitue le cadre général et le « champ des possibles » dans lequel
100 Cf. BERTAUX D., "Vie quotidienne ou modes de vie?" in Revue suisse de sociologie, nº 1, 1983, pp.
l’agir des femmes va se réaliser. La clandestinité doit donc être comprise dans un système où il y a convergence des différentes forces plus ou moins déterminantes qui désignent le contexte de la clandestinité. Dans ce système, il y a des actrices concrètes qui contribuent à la reproduction quotidienne de la clandestinité en lui donnant, d’une certaine manière, une continuité à travers les modes de vie qu’elles vont construire afin de gérer la vie dans la clandestinité.
Ces conditions, d’une certaine manière déterminante, ainsi que l’action concrète des actrices sociales permettent la reproduction de la clandestinisation. Ainsi, afin de comprendre les réponses et la diversité des modes de vie que ces femmes élaborent face à la clandestinité, il s’avère nécessaire de s’approcher de la signification que prend l’expérience de la clandestinité pour les actrices sociales qui la vivent et la ressentent et d’en dégager les logiques d’action.
En effet, les sans-papiers n’ont pas une étiquette qui les désignent comme des clandestines. Apparemment, cette inexistence légale n’est pas repérable à première vue dans les espaces publics (sauf s’il y a un contrôle policier). En revanche, au niveau de la vie quotidienne, pour l’obtention d’un logement, d’un travail ou des soins, ces femmes sont confrontées au dévoilement de leur statut. Comment vivent-elles ? Quelles activités réalisent-elles ? En quoi consiste leur mode de vie ?
Le mot de « clandestin » évoque en nous, entre autres, des mots tels que « caché », « secret », et « illégal ». Nous nous demandons comment cette notion d’invisibilité (et d’homogénéisation -étant donné que cette étiquette de sans-papiers et des stéréotypes négatifs qui s’accompagnent est en principe collée à toutes les femmes sans-papiers) est vécue par ces femmes. Comment cette invisibilité interagit-elle avec la formalité et la visibilité qui sont, d’une certaine manière, indispensables à la survie ?
Ainsi, nous relevons, au milieu de notre analyse, l’expérience de la femme immigrée sans-papiers en Suisse. Or, cette femme amène avec elle une histoire concrète, une formation, une trajectoire particulière quant à son insertion professionnelle, des expectatives propres à son vécu, à sa famille, à son âge et des projets particuliers. Dans ce sens, nous allons considérer, dans notre analyse, des variables intermédiaires telles que l’âge, la scolarité, le statut civil, les conditions économiques et la situation de
famille101. Ceci nous donne une grille à partir de laquelle nous pouvons lire et contextualiser le discours de ces femmes, leurs réponses et le sens qu’elles donnent à leur expérience.
Ainsi, nous allons distinguer quatre cas de figures 1) les femmes établies en Suisse avec leur famille (c’est-à-dire enfant(s) et mari), 2) les femmes mères célibataires ayant laissé leurs enfants au pays d’origine et se trouvant seules en Suisse, 3) les femmes mères célibataires étant en Suisse avec leurs enfants et 4) les femmes célibataires sans enfants.
La disposition de ressources éducationnelles conditionne certainement la manière de percevoir le séjour dans le pays de réception ainsi que la décision de prolonger le séjour ou de retourner dans un futur proche dans le pays d’origine. Ainsi, nous ferons une distinction entre les personnes ayant une scolarité universitaire ou para-universitaire et/ou provenant des couches moyennes et supérieures102 et les femmes disposant d’un capital éducatif-économique moins important (personnes avec une scolarité primaire et secondaire et ayant occupé des activités dans le commerce informel : vendeuse, femme de ménage, etc.)
De même, l’âge est également un paramètre important que nous prendrons en compte : nous pensons que la manière de vivre l’expérience migratoire est différente s’il s’agit d’une jeune femme ou d’une personne plus âgée.
Alors que, dans un premier temps, il pourrait être évident de considérer le travail féminin (nettoyage, garde des enfants) en situation d’immigration clandestine comme un élément qui accentue la soumission des femmes et les conditions d’exploitation et de discrimination, un regard plus étendu peut nous permettre de relativiser ce rôle et surtout d’établir les différences et concomitances entre la situation de travail dans le pays d’origine et le pays de réception, entre le fait d’être femme dans le pays d’origine
101 Claudio Bolzman utilise le concept de médiations sociales qui permet de mettre en évidence les
insertions sociales antérieures de ces femmes et les expériences diverses vécues tout au long de leur parcours d’immigrées. Cf. BOLZMAN C., Sociologie de l’exil : Une approche dynamique. L’exemple des réfugiés chiliens en Suisse, op. cit., p.104
102 Nous avons pris, à l’instar de Jacqueline De Puy et Catherine Rodriguez-Vallotton, comme indicateur
de l’origine sociale la catégorie socio-professionnelle des parents. Cf. DE PUY J. & RODRIGUEZ- VALLOTTON C., Les années entre parenthèse. Vie quotidienne et projets d’avenir de réfugiés du cône sud de l’Amérique latine à Genève, Université de Genève, 1985, mémoire de licence en sociologie, p. 84 et 89.
et le pays de réception, entre le fait d’accomplir un projet ou de se voir pris dans un futur sans issues. Cette démarche est nécessaire si l’on veut appréhender la perception et l’utilisation que font les femmes de leur propre réussite ou encore leur intégration en tant que migrantes sans-papiers.
Nous tenterons de préciser ci-dessous certains aspects centraux de l’expérience de la clandestinité ; autrement dit, nous allons faire une décomposition analytique de notre problématique constituée des postulats et hypothèses suivants :