La clandestinité est synonyme de précarité, d’insécurité, de restrictions. Ces femmes, en venant en Suisse, ne cherchent que le contraire, soit de meilleures conditions de vie, la sécurité et la liberté (cf. chapitre 1, deuxième partie). La clandestinité impose une situation contradictoire avec les objectifs, les attentes, les projets migratoires et l’identité de ces femmes. Ainsi, le mode de vie passé (celui du pays d’origine) doit être réaménagé pour un nouveau mode de vie résistant aux vicissitudes du pays de réception mais relevant d’une nouvelle réalité, celle de la clandestinité. Il s’agit d’un nouveau mode de vie qui doit être résistant aux défis d’ici et aux défis d’aujourd’hui. Pourtant, la réalité du migrant est marquée par cette dualité émigrant/immigrant. De quoi est donc fait ce nouveau mode de vie ? Quel est le mode de vie d’une femme sans-papiers?
Les questions suivantes guideront notre analyse:
- La femme latino-américaine, arrivée en Suisse doit, face à la clandestinité, apprendre à vivre dans ce contexte, c’est-à-dire, adopter des comportements et
des pratiques propres à l’art de vivre dans la clandestinité. Elle doit gérer le fait de vivre entre la visibilité et l’invisibilité, entre la légalité et l’illégalité. Ceci est important pour assurer la survie et la prolongation de son séjour.
- À partir de là et avec d’autres éléments (tels que les objectifs migratoires, la création et la mobilisation des ressources, la création de routines, les logiques d’action) la femme sans-papiers va organiser sa vie au quotidien pour créer un mode de vie résistant, capable de reproduire les conditions de la clandestinité, prolonger son séjour en Suisse et accomplir ainsi ses projets migratoires.
La migrante apporte avec elle les différents façonnements culturels, sociaux, religieux forgés dans le pays d’origine ainsi que les objectifs migratoires, qui doivent être réaménagés (cf. évolution des projets migratoires122) dans le nouveau contexte. Nous pensons que les projets migratoires et leur évolution vont exercer une influence sur la manière de vivre, sur les différents choix à faire et sur le mode de vie « ici ». Ces femmes doivent ainsi réadapter des projets migratoires initiaux aux circonstances réelles. Il nous importe de nous demander quels changements qui se produisent dans leurs projets migratoires. Quel est le contenu de leur projet actuel ? Ainsi, la manière d’organiser la vie en Suisse va dépendre des nouveaux objectifs ou des objectifs ajustés à la clandestinité, des ressources transférées, créées et /ou récréées et de leur mobilisation. Ainsi, nous posons la question de l’évolution des projets migratoires.
Plusieurs auteurs évoquent l’importance d’étudier les projets migratoires dans la sociologie des migrations dans la mesure où cela va influencer les conduites et les attitudes des migrants tout au long de leur expériences migratoires. C’est ainsi que Véronique de Rudder-Paurd, à travers une étude sur les immigrés et leur logement en France, affirme que l’attitude économique de ceux-ci est liée au projet : des personnes avec un projet d’épargne consacrent 10% de leurs ressources pour leur logement. Le projet à court terme aboutit donc à une attitude plus limitative en termes économiques que le projet d’enracinement. Toutefois, il faut indiquer que les projets des immigrés ont une influence directement perceptible sur leurs aspirations en matière de logement en
122 Les projets de départ se trouvent confrontés aux réalités de l’émigration à savoir: l’emploi, le
logement, l’attitude de la population du pays de résidence, le dépaysement, etc . et tout particulièrement la clandestinisation. Par rapport à l’évolution des projets migratoires voir TABOADA-LEONETTI I., "Le projet de migration. La nature du projet de migration et ses liens avec l’adaptation", loc. cit., p. 117.
France mais ces aspirations, dans un domaine précis de l’insertion, apparaissent dépendantes à la fois de l’expérience personnelle et collective et du projet qui oriente l’action123.
Nous pensons que même si ce projet migratoire initial subira des modifications et sera remanié constamment par nos interviewées face aux nouvelles conditions du pays de réception (manque de statut légal, difficultés pour trouver un logement et, entre autres, un emploi), il se constituera non seulement en une sorte de fil conducteur de l’expérience migratoire mais, en plus, il représentera une source de sens de leur expérience migratoire, à laquelle ces personnes feront référence dès qu’il s’agira de légitimer leur expérience.
Nous allons utiliser l’image du monde de la clandestinité pour caractériser la clandestinité et pour relever le fait qu’il y a des codes propres à la clandestinité ; toutefois, il s’agit d’un monde qui n’est pas circonscrit, qui n’a pas de frontières mais qui se fonde dans le flou : en effet, les sans-papiers ne portent pas d’étiquettes qui les désignent comme tels. Tout d’abord, il nous semble important de définir ce qu’est le monde de la clandestinité et d’identifier les éléments de la clandestinité.
Ce nouveau contexte impose aux femmes latino-américaines de nouvelles adaptations et de nouvelles pratiques à assumer vis-à-vis de la clandestinité. Par ailleurs, nous pensons, qu’afin de prolonger leur séjour en tant que femme sans-papiers, ces femmes doivent savoir se débrouiller124 dans le monde visible/invisible, légal/illégal. Il s’agit pour ces femmes d’apprendre l’art de vivre dans la clandestinité, c’est-à-dire d’acquérir les différents instruments et outils pour garder/dévoiler le secret, pour faire face aux besoins quotidiens et prolonger leur séjour en tant que personne ayant le statut de sans-papiers. Comment apprendre l’art de vivre dans la clandestinité ? Comment vivre entre le visible et l’invisible ?
123 Cf. DE RUDDER-PAURD V., "Des projets aux aspirations. Les immigrés et leur logement en
France" in L'année sociologique, volume 26, 1975, p. 149. Voir également TABOADA-LEONETTI I., "Le projet de migration. La nature du projet de migration et ses liens avec l’adaptation", loc. cit., p. 108.
124 "…la débrouillardise est la ‘qualité’ la plus vantée du citadin qui ‘s’en sort’ ; ce qui signifie que pour
devenir un citadin à part entière, il faut en passer par des méthodes quelquefois illégales, voire malhonnêtes. Le dicton ‘le malin vit du nigaud et le nigaud, de son travail’ entérine cette philosophie populaire". BEY M., "Quelques réflexions sur la continuité entre villes et campagnes", loc. cit., p. 133.
L’immigrée sans-papiers doit pour ainsi dire entrer dans le monde de la clandestinité, connaître son fonctionnement et assumer des comportements propres à la structure de la clandestinité. C’est à partir de là qu’elle va avoir des éléments pour construire son mode de vie. Ceci va permettre la reproduction des conditions de la clandestinité et prolonger son séjour en Suisse. Ces femmes doivent par ailleurs atteindre un niveau minimal d’adaptation pour être tolérées dans le nouveau pays (entre autres assumer de nouveaux comportements, de nouvelles règles, de nouveaux codes sociaux et une nouvelle langue).
Par mode de vie, nous comprenons les formes d’aménagement de la vie quotidienne, propre à chaque profil de femmes, à chaque projet migratoire, à chaque parcours de vie, et à chaque expérience. Claudio Bolzman affirme que le mode de vie résulte de la manière de mettre en relation le système de ressources et l’identité de l’individu dans une société donnée125.
Daniel Bertaux conçoit le mode de vie des familles comme modes d’organisation de
la production familiale des énergies humaines (cf. chapitre 2, première partie). Ce
concept de production nous semble assez adapté à notre approche. Nous comprenons par mode de vie la manière dont les femmes latino-américaines clandestines s’organisent dans la quotidienneté dans le but d’assurer leur survie, de reproduire les conditions de la clandestinisation et d’atteindre leurs objectifs migratoires. En d’autres termes, il s’agit de la manière de gérer la vie en Suisse face à la survie, à la clandestinité et aux projets migratoires. C’est donc à une attitude active et appartenant au registre de l’historicité que nous faisons appel à travers ce concept de mode de vie.
C’est justement à travers l’engagement actif de ces femmes dans leurs projet migratoires, à travers des processus de mobilisations (des ressources, des énergies, des efforts, des conduites) que de petits aboutissements auront lieu. Le fait de voir les modes de vie comme des modes de production éventuellement structurés par des processus de mobilisation en fait ressortir la dimension active. Alors quelles ressources mobilisent ces femmes ? Quelles comportements assument-elles afin de prolonger leur séjour ? Quel mode d’organisation, quelles logiques d’action ont-elles?
125 Cf. BOLZMAN C., Sociologie de l’exil : Une approche dynamique. L’exemple des réfugiés chiliens en Suisse, op. cit., p. 105.
Nous pensons que la réduction des degrés d’ouverture à l’imprévisibilité, autrement dit la création de routines (qui sont aussi une manière de gérer le temps, de gérer son temps) sert à maîtriser l’incertitude. Mais cette routine suppose un travail qui ne va pas d’emblée de soi. Dans ce sens, l’enjeu est de construire un nouveau mode de vie adapté à de nouvelles réalités et résistant aux différents types de vicissitudes. Ces nouvelles pratiques seront des « indices d’un rapport à l’existence qui n’est fait ni de résignation,
ni à l’opposé de confiance aveugle dans un salut qui viendrait d’en haut… »126.
Nous pensons que les ressources ont un rôle-clé à jouer. Anthony Giddens127 affirme que le fait de pouvoir disposer des ressources contribue à créer un sentiment de confiance. Ceci est fondamental surtout dans un cadre où la peur et l’instabilité sont monnaie courante. Claudio Bolzman définit le système de ressources comme « l’ensemble de moyens d’ordre socio-économique, relationnel, culturel et psychosomatique dont dispose une personne et qu’elle peut mobiliser dans le contexte où elle évolue »128.
Deux mots-clés se dégagent de cette définition : mobilisation et utilisation. Si nous parlons de ressources, c’est justement pour faire référence à cet ensemble de moyens ; constitué par des groupe d’amis, des connaissances, par des informations, par la croyance, par la foi, par le savoir acquis progressivement à travers l’expérience (comment réagir, que dire, où, à qui, etc.), par les pressentiments, par les sentiments positifs tels que l’espoir, la croyance, la connaissance d’autres langues, par la capacité d’établir des relations, par la sociabilité, etc. dont les femmes latino-américaines disposent et mobilisent de manière à pouvoir résister et faire face aux différentes situations.
Il nous semble important de parler de qualité de ressource. Étant donné que l’objectif est de vivre concrètement en Suisse (c’est-à-dire de prolonger le séjour en tant que clandestine et de s’y faire une place) nous définissons la qualité de ressource à travers des critères qui permettent justement de s’approcher du pôle de la légitimité, autrement dit, du pôle du pays de réception. Cela veut dire que les critères opposés à l’illégalité
126BERTAUX D., "Vie quotidienne ou modes de vie?", loc. cit., p. 69
(stabilité, légalité, une certaine certitude, crédibilité, etc.) servent à parler de qualité de ressource. En revanche, ce qui est proche du monde de la clandestinité (la peur, les risques, la concurrence, les histoires « noires ») diminue la qualité des ressources. Nous pensons que la qualité des ressources est en lien direct avec un mode de vie résistant à la clandestinité.
Quelles sont les ressources dont les femmes sans-papiers disposent ? Face à l’impossibilité de transférer des ressources passées, comment créer de nouvelles ressources adaptées au nouveau contexte de la clandestinité ? comment faire ? Ainsi, nous croyons que les ressources, leur mobilisation et leur qualité influencent en quelque sorte le « confort » dans l’« ici » ainsi que la diminution de la peur et la construction d’une vie normale.
Cependant, comme l’affirme Claudio Bolzman, même lorsque les acteurs sociaux se trouvent dans une situation semblable du point de vue de leurs ressources, il existe des différences quant à la logique qui gouverne leur mobilisation. Dans ce sens, nous allons utiliser, dans notre cadre d’analyse, la notion de logique d’action. Ainsi, nous essaierons de distinguer différentes logiques d’action autour desquelles se structure la vie quotidienne de ces femmes. Les logiques d’action sont associées au système de valeurs de l’individu défini socialement129. À travers les pratiques individuelles, les récits de vie donnent des renseignement sur les systèmes de valeurs, de normes et de représentations sociales tels qu'ils sont intériorisés et négociés par les sujets.
Ces logiques s’entrecroisent et il est donc difficile de les trouver à l’état pur dans un seule mode de vie. Pour construire ces logiques d’action, nous allons utiliser les critères suivants : tout d’abord il nous semble important de définir la valeur sous-jacente à partir de laquelle se structure le mode de vie. Cette valeur est en lien direct avec le projet 128 Cf. BOLZMAN C., Sociologie de l’exil : Une approche dynamique. L’exemple des réfugiés chiliens en Suisse, op. cit., p. 105.
129 Christian Lalive d’Epinay appelle ce système de valeur l’"ethos", c’est-à-dire : "(…) ensemble des
valeurs, des normes et des modèles de comportements fondamentaux qui caractérisent un groupe social et orientent le comportement de ses membres. L’ethos joue à la fois le rôle de coordinateur du système d’action, de principe organisateur de la vie quotidienne et de régulateur de l’événement. Avec le style de vie, ils forment les deux faces d’une même réalité, la première en désignant l’intériorisation individuelle, la seconde se situant au niveau de l’extériorité et des pratiques (…)." LALIVE D’EPINAY C., Entre retraite et vieillesse, Lausanne, Éditions Réalités sociales, 1996, pp. 104-105 et pp. 12-13. Voir également LALIVE D’EPINAY C. & alii., "L’hédonisme stoïque de la culture populaire. Le prolétaires retraité" in Revue suisse sociologie, n º 1, 1983, pp. 169-186.
migratoire. En effet, ces femmes sont en Suisse en cherchant à atteindre des buts
migratoires ; il est donc compréhensible que leurs conduites vont être dirigées vers l’obtention de ces objectifs. Un autre critère qui nous semble essentiel est celui de la
temporalité. Il est évident que les projets de ces femmes ont subi une évolution mais
leurs références (par rapport à la manière d’être, au mode de vie passé, aux caractéristiques personnelles, etc.) peuvent bien se situer entre le passé, le présent et le futur.
Finalement les ressources nous semblent également importantes au moment de comprendre les logiques d’action de ces femmes. En effet, c’est l’état de ressources (adaptées au nouveau contexte et à la nouvelle réalité) qui va permettre un investissement majeur ou mineur (symbolique, matériel, relationnel, etc.) de ces femmes dans le pays de réception.
Dans ce chapitre, nous avons posé les fondements théoriques de notre problématique. Préalablement, nous avions déjà dressé le cadre de la clandestinité et de l’immigration de femmes du Sud/latino-américaines pour la réalisation des tâches ménagères dans le Nord, ceci à l’aide des théories de la migration internationale et des approches macro- sociales. Notre intérêt principal porte maintenant sur l’expérience de la migration clandestine telle qu’elle est ressentie et vécue par les femmes. Nous voulons comprendre d’une part, l’agir de ces femmes et d’autre part, les multiples réponses qu’elles donnent face à la clandestinité et la manière de s’en sortir. Nous nous sommes donc penchée sur une approche compréhensive. Dans le chapitre suivant nous allons approfondir la méthodologie sur laquelle cette enquête repose.
Chapitre 3 : La méthodologie
Comme nous l’avons déjà indiqué dans les chapitres précédents, étant donné la complexité du phénomène, le recours aux théories sociologiques de la migration internationale et de la migration clandestine nous permet de dresser le paysage contextuel et le cadre de la recherche. Ces théories permettent d'appréhender les facteurs qui poussent ou demandent le départ des immigrées clandestines de la part de la société d'origine comme de la société de réception. C’était donc dans le but de comprendre ce contexte, qui détermine en quelque sorte le marge d’action de l’actrice sociale, que ces théories ont été utilisées.
Dans cet univers des contraintes, que la clandestinité suppose, l’individu garde toujours un minimum de liberté130, une marge d’action à partir de laquelle il est capable de jouer avec les différents possibles afin de construire son histoire de manière créative. Par conséquent, le fait de prendre en compte le système ne veut pas dire croire à un fatalisme ou à un déterminisme simple de celui-ci sur l’individu. Au contraire, restituer et mettre en relief ce « champ des possibles » déterminé par ce processus de
clandestinité s’avère nécessaire si l’on veut saisir les différentes conduites, réponses et
logiques d’actions des immigrées latino-américaines dans la construction de leur expérience sociale. Le cadre de départ est donc ce contexte de clandestinité. À partir de là, il importe de comprendre le comportement de nos interviewées.
L’individu est « produit de l’histoire et (…) producteur d’histoire »131. Il est, en effet, le produit d’un contexte particulier d’où on ne peut pas l’isoler et, c’est ainsi enraciné dans un espace et un temps déterminés, qu’il doit faire des choix et trouver des réponses. Bref, il est appelé à gérer ces multiples déterminations et contradictions. L’acteur se situe donc dans un système qui définit sa liberté et sa rationalité de même que ses objectifs et ses besoins. D’une part il est une construction sociale, et d’autre part, le système n’existe que par l’acteur. C’est lui, avec ses actions, qui lui donne vie et
130 Cf. CROZIER M. & FRIEDBERG E., op. cit. pp. 41-57.
131DE GAULEJAC V., "Histoires de vie : héritage familial et trajectoire sociale" in Sciences Humaines,
permet sa reproduction. Le système ne peut donc être conçu sans la présence de l’acteur132.
Comment donc comprendre l’action des acteurs ? « Comment les immigrées latino-
américaines arrivent-elles à se construire une ‘place’ dans l’univers des contraintes qu’est la clandestinité ? ». Compte tenu de la question de recherche, le recours au
paradigme compréhensif devient nécessaire.
Toutefois, il n’est pas aisé de rendre compte des « motifs »133 de l’action des acteurs. Autrement dit, il n’est pas évident de « comprendre » la signification subjective que l’expérience de clandestinité a sur les immigrées latino-américaines. Comment se fait-il qu’elles soient en Suisse ? Même si elles ne savaient pas qu’elles allaient être clandestines, pourquoi, une fois qu’elles découvrent cette réalité, restent-elles ? Pourquoi « préfèrent »-elles subir des expériences d’exploitation, de discrimination, d’incertitude plutôt que de rester avec leurs enfants, amies ou famille ? Ne seraient-elles pas mieux dans leurs pays d’origine ? Ces types de question et encore d’autres peuvent être soulevées par la pensée courante. Et alors, faut-il réduire toutes les réponses à une dimension nettement économique ? Le paradigme compréhensif suppose la rupture avec l’évidence quotidienne. Il s’agit donc d’aller au-delà des réponses « réductrices » ou « simplistes » et d’entrer dans la complexité des acteurs sociaux. Ce paradigme permet de comprendre la réalité sociale à partir du sens que prennent les choses pour les individus. Pour comprendre les motifs de l’acteur et ses actions, la compréhension de la signification que ceux-ci leur donnent s’avère nécessaire134. C’est pour cette raison que ce paradigme éclaire les objectifs de cette recherche.
La personne occupe ainsi une place centrale, mais elle est à la croisée de multiples logiques, d’intentions, de contradictions, de croyances, d’incohérences, etc. Bref, elle doit être considérée comme un tout dans sa complexité. Cette perspective met en avant
132 Cf. CROZIER M. & FRIEDBERG E., op. cit. p. 11.
133 Au sens de Weber, c’est-à-dire "un ensemble significatif qui semble constituer aux yeux de l’agent ou