Dicle Üniversitesi Tıp Fakültesi Anesteziyoloji ve reanimasyon Anabilimdalı Algoloji Kliniğinde 2006 ve 2010 yılları arasında gelen yaklaşık 200 hasta geriye dönük
DEĞERLENDİRİLEN DEĞİŞKENLER
La liturgie de l’Eucharistie est décrite très précisément dans les Rubricae generales
Missalis (RGM), le Ritus servandus (RS) et l’Ordo Missae270 (OM). En étudiant ces
rubriques, nous constatons très rapidement que le rituel de la messe ne prévoit pratiquement aucun arrêt, encore moins de pause de silence. Depuis son arrivée à la sacristie jusqu’à son départ après la célébration, le célébrant est « pris en charge » par les rubriques du Missel qui décrivent méticuleusement tout ce qu’il doit faire, sans la moindre pause. Nous allons prendre trois exemples de moments de la messe où nous retrouverons plus tard une invitation à ménager une pause de silence.
Tout d’abord, il n’est pas prévu de s’arrêter entre l’invitation Oremus et la récitation de la collecte :
Deinde osculatur Altare in medio, et versus ad populum dicit: V. Dominus vobiscum. R. Et cum
spiritu tuo. Postea dicit: Oremus, et Orationes, unam aut plures, ut ordo Officii postulat (OM,
p. 274).
Dans certaines circonstances, notamment lors des jours de pénitence271, le diacre invite à fléchir le genou et le sous-diacre à se relever :
In Missa sollemni cum dicitur Dominus vobiscum et Oratio, Diaconus et Subdiaconus stant retro post Celebrantem. Flectamus genua dicitur a Diacono, a Subdiacono vero Levate, illo primum genuflectente, hoc primum surgente; Celebrans vero non genuflectit (RS V, 5).
Nous verrons un peu plus loin que cette génuflexion était liée initialement à un bref temps de prière en silence et que celui-ci sera rétabli lors de la réforme de la Semaine sainte dans les années 1950. Avant cette réforme, le Ritus Servandus précise qu’il n’est pas question de s’arrêter au Flectamus genua et que le Levate doit suivre sine mora surgens, sans délai, sans retard :
[Sacerdos] dicit: Oremus. Flectamus genua; et illico, manibus super Altare extensis, ut se ipsum ad Altare sustineat, genuflectit, et sine mora surgens, eadem voce ministro respondente: Levate, manibus extensis dicit Orationem, ut supra, et in conclusione eas jungit (RS V, 4).
Ensuite, dans l’Avant-Messe, les éléments s’enchaînent, sans pause, jusqu’au Credo, comme nous pouvons le voir dans les Rubricae generales :
1. Post ultimam Orationem dicitur Epistola: qua finita, a Ministris respondetur Deo gratias [...] 2. Post Epistolam dicitur Graduale [...]
270 Ces rubriques se trouvent respectivement aux pages 37*-60* (RGM), 60*-77* (RS) et 271-349 (OM) de
l’édition que nous avons consultée (voir note précédente).
271 « La position agenouillée pendant les oraisons demeure actuellement prescrite à ceux qui assistent au chœur,
pendant l’Avent, le Carême, aux Quatre-Temps, à la plupart des vigiles et aux messes des morts » (J.-A JUNGMANN,Missarum Sollemnia. Explication génétique de la messe romaine, t. 2, p. 129). Pourquoi l’invitation
à se mettre à genoux, qui figure ici à l’ordinaire de la messe, est-elle réservée dans la messe romaine à certains cas exceptionnels ? Probablement, répond Jungman, en raison du canon 20 du concile de Nicée fixant que la génuflexion s’omet au temps pascal et le dimanche. On ne l’a gardée que pour les jours de pénitence. Et la célébration de l’Eucharistie, qui pendant longtemps n’avait lieu qu’aux dimanches et jours de fête, semblait elle- même avoir un caractère pascal (p. 128).
3. Post Graduale dicuntur duo Alleluja, deinde Versus, et post Versum unum Alleluja [...]
6. Dicto Graduali, seu Alleluja, seu Tractu, dicitur Evangelium [...] Postea, si dicendum est, dicitur Credo (RGM X).
Enfin, après la communion et la purification des vases sacrés, les rites de la postcommunion suivent immédiatement avec la dernière oraison et l’envoi :
Celebrante purificato, dum Calicem collocat in Altari, liber Missalis defertur per ministrum ad cornu Epistolae, et collocatur ut in Introitu. Ipse autem minister genuflectit juxta cornu Evangelii, ut in principio Missae. Deinde Celebrans, stans junctis manibus, legit Antiphonam quae dicitur Communio; qua lecta, junctis itidem manibus ante pectus, vadit ad medium Altaris, et eo osculato, vertit se ad populum a manu sinistra ad dexteram, et dicit: Dominus vobiscum, et per eandem viam redit ad librum, dicit Orationes post Communionem... (RS XI, 1).
Il n’a pas été jugé utile d’inscrire dans les rubriques la possibilité de prévoir un temps de silence après la communion.
Les seuls moments où le prêtre est invité à marquer un temps d’arrêt se trouvent dans le Canon, pour la commémoration des vivants et des défunts, afin de prier pour eux, respectivement avant et après la consécration :
Commemoratio pro vivis
Memento, Domine, famulorum famularumque tuarum N. et N. Jungit manus, orat aliquantulum pro
quibus orare intendit: deinde manibus extensis prosequitur: et omnium circumstantium, quorum
tibi fides cognita est et nota devotio, pro quibus tibi offerimus (OM, p. 335).
Commemoratio pro defunctis
Memento etiam, Domine, famulorum famularumque tuarum N. et N., qui nos praecesserunt cum signo fidei, et dormiunt in somno pacis. Jungit manus, orat aliquantulum pro iis defunctis, pro
quibus orare intendit, deinde extensis manibus prosequitur: Ipsis, Domine, et omnibus in Christo
quiescentibus locum refrigerii, lucis pacis ut indulgeas, deprecamur (OM, p. 339).
On a pris en effet l’habitude de mentionner des noms appartenant au monde des vivants, notamment des donateurs ou des personnes illustres qui participent. Ainsi, lors des scrutins en Carême, le prêtre devait faire une pause, durant laquelle un autre clerc lisait à haute voix le nom des parrains de baptême272. Cette insertion est restée dans les rubriques, même si la mention ne pouvait plus se faire à haute voix puisque le Canon se récitait à voix basse.
Orat aliquantulum : il prie un certain temps. Cette expression se retrouve également
avant le début de la messe : à la sacristie, avant d’accomplir de nombreux gestes précis (prendre le missel, se laver les mains, etc.) et de prononcer toutes sortes de prières pendant qu’il prépare les vases sacrés et met les ornements liturgiques, il est demandé au prêtre de se recueillir et de prendre un peu de temps de prière :
Sacerdos celebraturus Missam, praevia Confessione sacramentali, quando opus est, et saltem Matutino cum Laudibus absoluto, orationi aliquantulum vacet; et Orationes inferius positas pro temporis opportunitate dicat (RS I, 1).
272 Cf. J.-A J
UNGMANN,Missarum Sollemnia. Explication génétique de la messe romaine, t. 3, p. 73-78. La
lecture de noms est clairement attestée dans les pays de liturgie gallicane (ex. Messe gallicane du VIIe s.) ainsi qu’à Rome.
Ce sont les seuls moments où il est demandé au prêtre de s’arrêter quelques instants pour un temps de recueillement et de prière. Nous n’en concluons pas que le prêtre ne priait pas pendant les autres moments de la messe, mais plutôt que les rubriques indiquent uniquement les actions de la messe et ne se soucient pas d’insérer des pauses ou des temps de silence. Ce mot ne figure d’ailleurs pas dans l’Ordo Missae, à l’exception d’un Amen que le prêtre doit dire sub silentio. Le Vendredi saint, au cours de l’office de la Passion, après le
Notre Père et le répons de l’assemblée Sed libera nos a malo, le prêtre répond en silence
avant de prononcer la prière du Libera nos :
Sacerdos, sub silentio dicto Amen eadem voce, qua dixit Pater noster, absolute sine Oremus in tono Orationis Missae ferialis dicit: Libera nos, quaesumus, Domine, ab omnibus malis, praeteritis (Feria VI in Parasceve).
Il nous semble un peu étonnant et paradoxal d’inviter le prêtre à dire un mot en silence… Sub silentio a probablement le même sens que secrete que nous retrouvons souvent au cours du rite. Et comme cette indication ne se trouve qu’au cours de l’Office du Vendredi saint, nous pensons que cette réponse en silence s’accorde avec la sobriété et la gravité de la commémoration de la Passion.
Il y a certes une deuxième mention du silence dans l’Ordo Missae, mais elle ne concerne que les cloches qui doivent se taire après le Gloria du Jeudi saint273. Ces deux occurrences, un Amen sub silentio et le silence des cloches ne sont aucunement significatifs, et attestent bien que le silence ne fait pas partie des rites du Missel de Pie V. Pourtant, les fidèles avaient l’impression de vivre de nombreux moments de silence, surtout lors des messes lues. Cela provient des nombreuses prières que le célébrant disait à voix basse.