ABIDINE DINO
(signe ses peintures de son prénom) Né en 1913 à Istanbul.
1928 Premiers dessins humoristiques publiés à l ’âge de quinze ans dans la presse turque.
1931 Ponde avec quatre amis le groupe "D", premier groupe de peinture d'avant-garde turc.
1932 Exposition de groupe à Léningrad. Travaux pour le Cinéma. 1934 Exposition à Chicago.
1938 Fin des travaux pour le Cinéma. Exposition de groupe à Istanbul.
1939 - 40 Publication de revues d'art, dessins pour poèmes. Création d'un nouveau mouvement de peinture "Le Groupe du Port", recherches d ’un nouveau langage pictural pour un nouveau public.
1942 Séjour ®n Anatolie qui durera six ans. Peintures sur des thèmes paysans.
1S46 Exposition de thèmes paysans à Ankara. 1948 Exposition de t hèraes paysans à Ankara.
1991 Exposition de groupe galerie Zodiaco à Rome.
1952 Exposition de groupe, Art Club , au Musée de l'Art Moderne de Rome.
1952 Invité à lia Bi ennale de Venise (section des étrangers résidant en Italie).
NOTICE, BIOGRAPHIQUE
1955 1955 1957 1958 1959 1961 1962 1963 1964
Exposition à la galerie Kléber à Paris. Toile achetée par l'Etat.
Exposition à la galerie Octobon à Saint-Paul-de-Vence. Exposition à la galerie La Demeure, Rive-gauche.
Exposition de groupe galerie Satarasso a Nice. Exposition à la Cadan Gallery à New-York.
Exposition de groupe à Edimbourg et Londres. Exposition de groupe "L'Art au Village"
(3t-Jeoire-en-Eaucigny).
Exposition au Musée Grimaldi, Antibes. Exposition à la galerie Schoeller, Paris. Amsterdam, galerie d'Eendt.
Grenoble, galerie "Parti-Pris".
A exposé de 1954 à 1962 au Salon de Mai. Prague, galerie "Spisovatele".
Musée de l'Art Moderne à Paris : exposition d'Art turc contemporain.
Peintures dans différentes collections en irance, Italie, Angleterre, Belgique, U.S.A., U.R.3.3., Turquie.
Peintures acquise par la Ville de Paris. Peintures aux Musées de Sea t êe (U.3.A.)
Antibes (FRANCE)
CRITIQUES :
EXPOSITION GALERIE KLEBER (1955)
Philippe SOUPAULT (Préface - invitation pour 11 exposition de la Galerie Kléber) Paris - Février 1955.
S'il est évident qu'Abidine nous accorde ce que la plupart des artistes contemporains nous refusent, un contact avec notre époque, il ne renonce cependant pas à être un peintre, dans le sens le plus fort du mot.
Et j'ajoute un grand peintre, un peintre exceptionnel dont la force a quelque chose de magique et aussi de convaincant.
Libération : Guy DURMAND
Cette première 'exposition a révélé un peintre turc qui a désormais sa place marquée parmi nous.
EXPOSITION GALERIE OCTOBON (Saint-Paul-de-Vence) Avril 1955
André VERLET (préface au catalogne)
Le lyrisme d'Abidine atteint des cimes significatives dans ses superbes lavis. Devant cette suite, nous nous trouvons comme devant une sorte d'anabase positive, dont l'ampleur de mouvement nous fait songer à un passage de 1'ODYSSEE de l'Anabase, aux paysages infinis, baignés d'éternité vivante des grands artistes Song, Yuang ou Ming. Abidine a trouvé là le style épique, le "climat" oriental qu'un sujet si grandiose exigeait.
EXPOSITION GALERIE LA DEMEURE (Rive-gauche) 1956
Le Monde : 18-V-1956 - Conil Lacoste.
Le Turc Abidine procède à une telle épuration de son style qu'il en arrive à ne plus exprimer que "l'essentiel de l'essentiel" et, en quelque sorte, des résumés d'Abidine, ce qui limite un peu son audience à l'égard de ceux qui n'auraient pas suivi son inté ressante évolution. Mais c'est dans le sens d'une tenue d'une
rigueur, d'une réserve toujours plus grande : la toile est à peine couverte, les tons s'inscrivent dans une gamme de gris, de bistres, d'orangés subtils. Abidine a complètement abandonné ses figurations schématiques et dramatiques de l'an dernier (série du Juge, etc...) mais il conserve en l'épurant le thème général du cheminement sym bolique de l'homme, traité en survol, que détaillaient ses dessins d'autrefois, et qu'il schématise aujourd'hui au pinceau dans un esprit de suggestion très synthétique et fort intelligent.
France-Soir ( 5-V-19 5 5 )
Une belle exposition du peintre Abidine.
Après l'exposition des gouaches et des tapisseries de Le Corbusier, la galerie La Demeure-Rive-Gauche expose jusqu'au 20 Mai un important ensemble de peinture d'Abidine. Trente toiles et de grands lavis mettent en relief la qualité dramatique des oeuvres de cet artiste pour qui le réalisme s'allie à une vision poétique du monde. Toutes les compositions d'Abidine sont d'une intense sobriété plastique et frappent par l'ampleur du mouvement.
L 'Humanité (18-V-l95b ) - J. Parle.
Abidine est un peintre turc; si l'on applique à ses oeuvres les critères de la tradition française, on rieque d'être désorienté Son effort de synthèse n'est pas un chemin vers l'abstraction. Dans ses toiles, d'une rigueur extrême, tout se trouve l'éduit à l'essen tiel, avec une sûreté qui sollicite l'imagination. Elles sont poi gnantes, ces petites silhouettes humaines si exactement situées dans un espace dénudé. On évoque la lumière de l'Asie, l'homme infime sur l'horizon sans fin de la steppe, l'héroïsme des longues marches révolutionnaires par des contrées désertiques.
Arts - (16-V-l95S) Luce Hocquetin
Deux lignes de préoccupations sont représentées par cette nouvelle exposition de l'oeuvre d'Abidine. Le thème qui illustre une partie de ses toiles est, en effet, celui de la condition de l'homme en lutte contre un monde démesuré. C'est ainsi que de peti tes silhouettes extrêmement stylisées apparaissent égarées sous un ciel immense, sur une èerre où s'allongent des ombres tragiques. Composition simple. Etranges couleurs orangées et brunes. Des en cres, plus impulsives, expriment sans contrainte la violence de la même idée. Une autre série de toiles plus récentes, marque le
surgissement de nouvelles recherches : des bouquets composés de quelques fleurs très raides dans des vases hauts et minces se déta chent légèrement de fond d'une extrême transparence, gris, rose, bleu. L'objet, dans ce qu'il a d'essentiel, et l'espace translucide s'inscrivent dans ces toiles dont certaines sont de véritables
réussites.
Libération -( 13- '7-1956 ) Guy Dor n and .
...terminons rue Saint-André-des-Arts, à La Demeure. Abidine y accroche des huiles, les unes pâles et subtiles, les autres bien contrastées (ciels jaunes, sols d'ocre brun en général) où de peti tes silhouettes humaines semblent s'élancer à la conquête de step pes infinies. Un sens prodigieux de l'espace habite ces oeuvres d'une originalité prenante. Les mêmes thèmes, traités à l'encre de Chine, à larges touches, possèdent un égal pouvoir de suggestion et désignent en Abidine un disciple novateur de la calligraphie et du dessin de l'Extrême-Orient.
Lettres Françaises - Descargue.
Au rez-de-chaussée, une suite de toiles sur le thème de la grande marche dans le désert, se profilent quelques silhouettes d'hommes en marche, c'est-à-dire sur un fond habilement modulé, quelques tâches finement indiquées. Les tableaux de fleurs du pre mier stage semblent au premier abord différents, iiiais on y retrouve vite le même peintre qui domine un lyrisme naturel (dont nous
avions eu la preuve au Salon de Mai, voici quelques années) et s'oblige à des oeuvres d'un dessin très strict. Un dynamisme conte nu, dans lequel Abidine réalise pleinement son vrai talent.
Les beaux Arts (Bruxelles) 25-V-1956.
L'extrême dépouillement de la peinture d'Abidine qui avait pu sembler une insuffisance dans la seule toile exposée au Salon de Mai, prend dans son ensemble une profonde signification, car nous
pouvons la rattacher au vertige de l'espace et au sentiment de 3 0- litude angoissante qu'Abidine doit certainement ressentir ou avoir ressenti avec intensité; la traduction imagée qu'il nous en donne est non seulement émouvantes mais encore chaleureusement émerveillée.
Prisme n^ 3.1956 - Rodi ti.
Il y a un an, la Galerie Kléber nous présentait une première exposition parisienne de ce peintre turc dont l'oeuvre a évolué depuis, en un sens assez surprenant : de minuscule personnages, comme ceux d'un Jacques Callot, y poursuivent une mystérieuse épo pée dans un vaste décor vide. De la peinture chinoise classique et de celle de la période üuigoure de l'Art turc, Àbidine a conservé le sens du trait et de l'espace. Abidine a choisi une vocation de peintre épique, décrivant des épisodes de quelques Anabase, la geste de tout un peuple antique qui se met en route vers l'Histoire.
Cimaise - Juin-Août
19d& -
J.
A.
Ces toiles là ont "ce quelque chose de plus" que l'on demande à la peinture d'aujourd'hui.
EXPOSITION NICE - GALERIE MATARASSQ - 25 Août 1956 Le Patriote de Nice - André Verdet
Les toiles d 1Abidine sont drapées dans une tendresse crispée, raide même; ce peintre instaure un nouvel ordre spatial.
Arts - André Verdet
Le poids des grands espaces cosmiques, les longues rafales
silencieuses des cieux et des terres infinies, les vertiges sidéraux, s'inscrivent en pans d'onbre et de lumière, de vie et de mort sur ses toiles. Les hauteurs hypnotiques où Abidine nous convie témoi gnent d'une enquête spirituelle en route vers sa grandeur, d'un lyrisme que traversent les angoisses de l'heure et finalement, d' une morale plastique sans concession.
EXPOSITION NEW-YuRK (Cadam - 1957) A rt Hews - J .M .S .
Abidine presents groups of tiny human silhouettes marching through limitless space, integrated in a powerful shorthand with the spatial divisions - men, saud, clouds and sky are frozen in, yet motting through, infinity.
EXPOSITION riUSEE P
IC
A55 ü-GRIHALDI
- ANT IB ES 1958 de laSOUCHE
RE Conservateur du Musée Grimaidi-Abidine s'insurge contre la loi de la pesanteur. Ne pouvant partir d'un néant d'etre, il partira d'un néant d'ordre, parce que le plus puissant génie ne saurait ajouter un atome d 'exi3tence actuelle à la somme totale de celle que représente l'univers, mais il reste au pouvoir de l'homme de collaborer à sa manière à l'oeu vre du créateur, en produisant, de 1a. matière, dont il dispose, des etres d'un type nouveau, inédits en quelque sorte et dont l'ar tiste, qui les produit, tire l'idée moins de la nature que de lui- même .
Les Beaux-Arts - Bruxelles 1959 - fl.V .G .
C'est au contraire, l'élan de la transcendance qui anime
Abidine à un degré périlleux de la sublimation des éléments de son univers pictural. Ceux-ci ne sont pas dépuillés de tous les attri buts substantiels (nuances, valeurs, matière) mais, déjà souvent, sont réduits formellement aux traces d'un mouvement tandis que le milieu au sein duquel ce mouvement s'accomplit se veut équivalence d'une impondérable subtilité spatiale. On peut sans doute s'expli quer que l'acceptation de la solitude qui marquait jusqu'ici les oeuvres d'Abidine, est devenu une irrépressible nécessité de son esprit. Mais la tentation est dangereuse et l'on a vite franchi la distance qui sépare l'infini de la vacuité et l'acte pur du geste gratuit. Abidine se maintient en parfait équilibre au bord de 1'a- b i me . C'est parfait; puisse-t-il échapper à la menace du vertige tentateur auxquels plusieurs ont déjà succombé.
Combat 50 Mars 1959
-Ici, c'est plutôt la naissance de replis disparus, de mondes enfouis qui refusent leur anéantissement.
Connaissance des Arts - Mars 1959
Abidine s'inspire de paysages mais, en isolant certaines formes de leur contexte naturel, il les rend mystérieuses. Or à ce mystère, il ajoute celui du clair-obscur, ün se demande si la lumière dans ses tableaux vient de l'obscurité ou si, au contraire, c'est l'obscu rité qui vient.de la lumière.
Arts - Michel COURTOIS.
Dégagée des contingences arbitraires du tableau de chevalet, une belle peinture, tournée vers le futur laisse bien augurer d'un art de l'avenir, plus spirituel, plus intérieur, moins limité
"au bout du nez du peintre".
Lettres Françaises - Raoul-Jean MOULIN - Avril 1 9 5 9 .
Ignorant le geste gratuit de l'informel, Abidine passe d'une appréhension du inonde à une autre sans nulle rupture, la forme épousant étroitement le propos. De là, la cohérence de son oeuvre, la qualité de son inspiration, le pouvoir révélateur qu'elle suppose.
Paris-Presse - 17 Mars 1959 - BAROTTE.
Son abstraction est toujours sensible. Il part d'une émotion sur la nature. Ses excellents dessins permettent de mieux compren dre ses recherches.
Libération - Mars 1959 - Guy DORMAND.
Mais précisément parce que peintre muni d'un très solide mé tier, du graphisme et de la matière, Abidine peut évidemment oser toutes les recherches qui peuvent tenter un artiste pleinement
conscient de sa mission et désireux de réaliser une vision originale du monde extérieur et de son microcosme intérieur.
L 'Express - 23 Mars 1919 - (Solutions )
Peintre des espaces. D'un intérêt exceptionnel.
Sens Plastiques - Pierrefitte n9 3 - Mai 1959.
Abidine lance sur des bruns magnifiques de grands "signes- oiseaux" qui s'imprègnent à leur ciel et semblent vouloir échapper au regard qui leur était destiné.
EXPOSITION GALERIS "PARTI-PRIS" 1962 - GRENOBLE
A rts - Christian PALI.
"Abidine se détourne du tachisme, donnant sa primauté au rêve éveillé devant les immensités marines, terrestres ou célestes."
ACCROCHAGE - GALERIE J. CASANOVA. Mars 1964 - F. PLUCHART. Un tableau bleu et noir de Abidine qui développe un espace de silence, profond et poétique. Sa lumière est sourde et mystérieuse, la peinture quelque peu réservée et hautaine. C ’est une oeuvre
importante.
EXPOSITION GALERIE CASANOVA - 1964 - j^ARLS Raoul-Jean MOULIN "ABIDINE"
A ceux qui proclament que la peinture est en crise, qu'elle tourne à vide, qu'elle fuit ses responsabilités, qu'elle deviendrait inutile demain, Abidine répond par son travail de peintre. Il con centre, même dans la plus petite de ses toiles, toute la richesse des nouveaux espaces dont l'humanité entreprund la conquête.
Pour lui, peindre c'est participer au monde afin d'y affirmer sa présence : ce n'est pas engager l'homme dans la perspective d'une transcendance mais libérer en lui l'homme total de l'avenir.