• Sonuç bulunamadı

2. MESLEK TANITIMI

2.2. Mesleğin Uluslararası Sınıflandırma Sistemlerindeki Yeri

De même que W =αEσT1−σ, on pose pour chaque activité Wi=αiEiσiTi1−σi. Pour simplifier les notations, on pose également (W,E,T,σ) = (W0,E0,T0,σ0).

Les deux conditions du premier ordre du programme de maximisation de U par rapport au temps et à l’énergie conduisent à l’égalité des utilités marginales du temps et de l’énergie consacrée à chaque activité :

∀i∈{0,1,…,n}, dU/dEi = ε et dU/dTi = µ

Or on a :dU/dEi = (dU/dWi) (dWi/dEi) = (dU/dWi) (αiσiEiσi−1Ti1−σi) (1)

dU/dTi = (dU/dWi) (dWi/dTi) = (dU/dWi) (αi(1−σi)EiσiTiσi) (2) De (1) et (2), on tire : dU/dEi = (dU/dTi) σi/(1-σi) Ti/Ei

D’où ∀i∈{0,1,…,n}, ei = Ei/Ti = (µ/ε)[σi/(1-σi)] (3)

On en déduit que ∀{i,j}∈{0,1,…,n}, ej/ei = [σj/(1-σi)] / [σi/(1-σj)] (4)

Soit trois types d’activité, une activité marchande i=0, une activité domestique i=1, et une activité de loisir i=2. L’activité marchande est supposée davantage intensive en énergie que l’activité domestique qui est davantage intensive en énergie que l’activité de loisir, soitσ0>σ1>σ2.

On pose e1=γ1e0et e2=γ2e0.

Commeσ0>σ1>σ2, on a d’après (3) 1>γ1>γ2.

La contrainte de l’allocation de l’énergie s’écrit : E = e0T0 + e1T1 + e2T2 = e0 (T0 + γ1T1 + γ2T2) Si on supposeEm=Ef=E, T0m=T0f=T0, T1f-T1m=T2m-T2f= t ,

on obtient l’inégalité : e0m-e0f = (γ1-γ2)t/T0 > 0. (5)

64

“Since housework is more effort intensive than leisure and other household activities, married women spend less energy on each hour of market work than married men working the same number of hours. As a result, married women have lower hourly earnings that married men with the same market human capital.” (Becker, 1993, p 77)

Du fait de la moindre dépense d’énergie par heure, les salaires horaires des femmes sont moins élevés que ceux des hommes. Cette différence a de nombreuses incidences négatives sur les décisions d’investissement. D’abord, les femmes peuvent être amenées à réduire leur temps de travail marchand en allouant davantage de temps au travail domestique. Ensuite, les femmes sont incitées à réduire leurs investissements en capital humain spécifique marchand, même lorsqu’elles travaillent autant que les hommes65.

Dans ce modèle, il n’y a donc plus explication de la division domestique par les différences de compétences et de salaires, mais une co-détermination plus fine. Au lieu de se référer aux différences biologiques, Becker adopte plutôt ici l’optique moderniste du retard. Il suffit que par habitude ou tradition, les individus attribuent aux femmes les responsabilités de l’élevage des enfants, pour que de grosses différences d’investissements en capital humain, de temps de travail et de salaires horaires perdurent sur le marché du travail. Ces différences peuvent cependant disparaître avec l’évolution nécessairement lente des pratiques domestiques66.

2.2.6 La théorie démocrate-citoyenne de la négociation

A la conception « spatiale » des barrières développée par les théories de la segmentation, s’opposent les théories plus récentes de la négociation. Les approches en termes de négociation s’inscrivent dans la philosophie politique d’Amartya Sen. D’ailleurs, Sen formalise lui-même les inégalités de genre dans des modèles de conflits coopératifs au sein de la famille. Généralement, les modélisations approfondissent et améliorent l’idée sous-jacente à l’article de Nash (1950). Elles portent à la fois sur la négociation entre les partenaires sociaux sur le marché du travail et sur les négociations des couples dans les familles. Les hommes ont dans ces modèles un plus grand pouvoir de négocier à la fois sur le marché du travail et dans la famille. La discrimination est ainsi conçue comme une asymétrie du pouvoir de négocier.

65

Their lower hourly earnings reduce their investment in market capital even when they work the same number of

hours as married men. (Becker, 1993, p 77) 66

The persistence of these responsibilities may be only a legacy of powerful forces from the past and may disappear

Sur le marché du travail, cette asymétrie peut être formalisée à travers le processus de négociation entre les entreprises et les syndicats67. Les salaires et les conditions d’emploi sont négociés à chaque période entre les employeurs ou leurs représentants et les représentants syndicaux des salariés. Les gains des entreprises correspondent à une somme pondérée des profits car si la négociation échoue les profits sont supposés nuls. Les gains des syndicats sont supposés être fonction des gains pondérés de l’ensemble des travailleurs présents dans le bassin d’emploi. Si on limite l’objet de la négociation à la détermination du salaire, la solution de la négociation est obtenue en maximisant, par rapport au salaire courant, le critère de Nash, qui correspond au produit lui même pondéré des gains que les partenaires retirent de leur relation :

) W ( G(W) W 1

Max

αΠ −α

où W est salaire, α la pondération associé au pouvoir relatif des syndicats dans la négociation, et G et Π représentent la représentation des avantages des salariés et des employeurs68.

Dans ce type de modèle, il s’agit de préciser les différences de prises en compte des intérêts des femmes et des hommes dans le cadre de la négociation. Le syndicat n’est en effet pas neutre, et il peut être amené à défendre davantage la hausse des salaires dans les emplois majoritairement occupés par les hommes. Ainsi le processus de négociation peut mener à une structure salariale négociée biaisée en défaveur des femmes. Ce biais est formalisé simplement dans l’encadré 4 ci- dessous.

L’asymétrie des pouvoirs de négocier peut être expliquée par deux effets (que l’on formalise d’une manière simplifiée dans l’encadré suivant). Elle peut d’abord provenir de la faible valeur de la pondération des avantages des femmes salariées en comparaison de ceux des hommes salariés (réaction d’accès au pouvoir). Il est en effet possible que la somme des pondérations des femmes présentes sur le bassin d’emploi soit moins élevée que celles des hommes, soit parce qu’elles sont moins nombreuses à être dans l’emploi, dans les formes d’emploi permanents ou à temps plein (asymétrie au sein des représentés), soit parce que les syndicalistes participant aux

67

Les négociations se déroulent à des niveaux très différents selon les pays. Dans les pays scandinaves et en Autriche, elles se situent surtout à l’échelon national. En revanche, l’entreprise constitue le lieu privilégié aux Etats- Unis et en Grande Bretagne. La France et l’Allemagne sont dans une situation intermédiaire où la négociation de branche joue un rôle important. Les modèles de négociation montrent aussi que les salaires et les taux de chômage d’équilibre peuvent être influencés par le niveau auquel se déroule la négociation.

68

négociations collectives sont majoritairement des hommes (asymétrie au sein des représentants). L’asymétrie peut d’autre part provenir d’un biais sexué dans la représentation de l’avantage des salariés, c’est-à-dire un biais dans la forme de la fonction G(.) dû par exemple à la persistance d’une vision traditionnelle du salaire féminin en termes de salaire d’appoint (réaction de besoin perçu).

Benzer Belgeler