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3. MESLEK PROFİLİ

3.4. Tutum ve Davranışlar

Un premier choix déterminant est celui qui définit les variables dépendantes (et leur ordre éventuel), ainsi que leurs variables explicatives. Choisir la variable dépendante, c’est déterminer quel est l’objet de valeur à l’accès duquel les individus sont susceptibles d’être discriminés, traités inégalement. Le choix des variables explicatives est son complément indispensable dans la mesure où ce sont elles qui vont justifier les différences observées de variables dépendante.

Dans la perspective d’une mesure de la discrimination salariale, la définition du salaire et de la rémunération est d’autant plus importante que la rémunération prend différentes formes et peut se mesurer par des taux différents. Il est notamment déterminant de savoir si on inclue dans les salaires les primes et les indemnités diverses, ou si on inclue les salaires indirects via les transferts sociaux. Pour ce qui concerne le salaire direct, il est aussi important de savoir si on regarde le salaire horaire pour le nombre d’heures indiqué la semaine précédente ou si on choisit un salaire annuel en contrôlant dans les variables explicatives la durée et la flexibilité du temps de travail. D’autre part, peu d’études analysent l’accès aux moyens de production ou introduisent des titres de propriétés tels que les actions dans l’analyse, ce qui permettrait d’identifier une élite salariale.

Mais la manière de regarder le salaire est-elle même dépendante de la façon dont on considère certaines variables explicatives du salaire comme endogène au marché du travail. En fait, tous les types d’emplois valorisés en termes de salaires peuvent être a priori sélectionnées comme variables dépendantes. Il en est ainsi du temps de travail, des statuts dans l’emploi, de la position hiérarchique et des trajectoires professionnelles. C’est non seulement la question de l’accès à ces catégories qui doit être posée, mais aussi celle de leur construction statistique. Ainsi, la définition du temps plein ne va pas de soi, et est un enjeu déterminant de la construction de l’image de son travail et de sa valorisation. Autre exemple, la question de l’insertion des catégories socioprofessionnelles dans les positions hiérarchiques étudiées recouvre un enjeu de lutte de classement, et est susceptible d’évolution74.

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En 1982, les contremaîtres sont intégrés dans la catégorie des professions intermédiaires. Récemment, les professeurs des écoles ont été rattachés à la catégorie des cadres supérieurs. Les cadres infirmiers et assimilés appartiennent, en dépit de leur appellation, à la catégorie des professions intermédiaires.

Si le salaire est la variable clé qui synthétise des dimensions différentes de la répartition dans l’espace social, la manière de le regarder va dépendre du choix des autres variables dépendantes et des variables explicatives. Le choix exclusif du salaire comme variable dépendante se fonde sur des conceptions de la discrimination entre les sexes qui incorporent l’idée que l’injustice n’a pas trait à l’affectation des hommes et des femmes dans des positions sociales différentes. Dans ce cas, l’affectation peut être considérée comme une justification des différences de rémunérations ; mais elle peut aussi être déconsidérée comme un « voile » dont on n’a pas à tenir compte pour expliquer les variations de salaires.

Du point de vue des choix des variables, l’approche conventionnelle de la pratique de mesure de la discrimination est un compromis entre le courant libéral-patrimonial et le courant libéral démocrate. Le courant libéral-patrimonial invite à partir des variables de capital humain et d’efforts de travail et de recherche d’emploi pour justifier les différences de salaire. Au contraire, le courant libéral-démocrate choisit de partir de la justification des différences de modalités d’emploi et d’accès à l’emploi pour expliquer les différences de salaires75.

En revanche l’approche conventionnelle de la mesure de la discrimination salariale reste ancrée dans une conception libérale de la justice. L’ordre hiérarchique des catégories d’emploi peut introduire un biais sexué très important. Ainsi l’idée de responsabilité très fortement présente dans les justifications apportées aux hiérarchies professionnelles existantes peut être pensée à travers le commandement ou le contrôle d’autrui (nombre d’individus subordonnés auxquels des responsables ordonnent de travailler) ou à travers l’engagement pour autrui (nombre de personnes qui dépendent de l’action d’individus responsables)76.

L’approche conventionnelle est par ailleurs critiquée pour ne pas suffisamment contrôler l’hétérogénéité non observée. Peu d’études, à notre connaissance, discutent la question de savoir jusqu’où doit on aller dans la recherche de variables significatives. L’argument est toujours de

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L’exemple du temps de travail illustre bien cette différence de conception normative. D’un côté les différences dans le nombre d’heures de travail justifient les différences de salaires. De l’autre, le temps partiel est pensé comme un mode d’emploi dévalorisé, et il s’agit d’analyser l’accès inégal au temps plein.

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réduire l’hétérogénéité non observée en incluant toutes les variables dites significatives77. On peut considérer que la critique des variables omises reflète une préoccupation plus utilitariste de justification des salaires par les dotations en compétences personnelles. Seul un cadre normatif utilitariste peut rendre cette critique probante.

Benzer Belgeler