• Sonuç bulunamadı

1.3. Tören Tekerlemeleri

3.1.6. Bir Kedi Varmış

L'étude de Bourdessol et coll. qui se déroule avec des sujets français permet de constater l'importance des environnements autour de la personne âgée particulièrement la nécessité du réseau social [123]. L'étude a questionné deux groupes de personnes âgées en santé (6 groupes de 8 à 10 personnes âgées de 55 à 65 ans et 6 groupes de 8 à 10 personnes âgées de 65 ans et plus) et un groupe de 20 personnes âgées de 65 ans et plus aux prises avec des maladies chroniques. Chez les personnes âgées en santé, le vieillissement est essentiellement associé à la notion de perte qui concerne autant les dimensions physiques que mentales et sociales : perte de forme physique, dégradation de l’état de forme, perte de vie sociale et perte de statut social. Les personnes âgées en santé qui ne considéraient pas avoir subi de perte ne se perçoivent pas comme étant vieilles [123]. La dimension sociale permet aussi de combler un certain plaisir à s'alimenter, ce qui peut augmenter les apports alimentaires.

Tel que rapporté dans l'étude de Macht et coll. [142] via des entrevues semi-structurées complétées auprès de neuf femmes et sept hommes, les apports alimentaires sont influencés par l'environnement physique et social, des dimensions externes à la personne qui peuvent créer des émotions et des plaisirs. Ces plaisirs peuvent aussi être créés à l'interne par des facteurs motivationnels, cognitifs et comportementaux. Les gens qui se réunissent pour partager un repas avec des êtres chers peuvent vivre ce plaisir de manger. C'est ce qu'on observe chez quelques répondants qui mangent plus au restaurant ou avec de la visite. À l'inverse, certaines personnes seules mangent peu ou sautent des repas.

Il était attendu que les personnes âgées participent à plusieurs activités organisées. Or, malgré l'existence d'un groupe d'activités communautaires à la résidence et de la FADOQ qui organise de nombreuses activités dans la communauté, peu de personnes âgées interrogées participent

134

fréquemment à ces activités. Elles semblent trop occupées dans leurs routines et leurs activités de la vie quotidienne. Les personnes âgées interrogées semblent aussi percevoir les activités des organismes comme étant des moments où il devient possible de briser la solitude. Tel que rapporté par Conklin et coll. (2014) [125], les relations sociales peuvent influencer le comportement alimentaire. Le fait de vivre seul (veuf ou célibataire) ou de côtoyer peu de personnes est associé à une diminution de la variété alimentaire. Les personnes âgées vivant de l'isolement social et/ou de la solitude semblent aussi avoir de moins bonnes habitudes de vie, ce qui pourrait mener à un plus grand risque de développer des symptômes précurseurs de maladies telles que l'hypertension et l'inflammation ainsi que des habitudes de vie néfastes pour la santé telles que le tabagisme et l'inactivité physique [126]. Le fait que les sujets aient des activités autres et un réseau social serait donc positif.

5.5.1 Environnement social

La famille prend de plus en plus d'importance dans la vie de nos personnes âgées qui vivent de plus en plus longtemps. Dans le livre Vieillir au pluriel [127], les enfants des personnes âgées qui s'occupent à la fois de leurs propres enfants et de leurs parents sont définis comme étant la génération Sandwich. Ils ont environ 45 à 65 ans. Tel que rapporté dans ce livre, ces personnes peuvent ressentir un moins bon bien-être général à cause du manque de ressource monétaire et de temps. Une des solutions pourrait être d'offrir des congés à ces personnes afin qu'ils puissent s'occuper de leurs aînés en plus de leur offrir des congés parentaux pour leurs enfants en bas âge. Or, les enfants des sujets vivant en communauté n'étaient pas interrogés dans notre étude, mais ceux qui rapportent vivre avec leurs enfants précisent qu'ils aident dans la maison. Le fardeau de la génération Sandwich ne semble pas peser sur les enfants des sujets selon leur perception de leur autonomie et de leur rôle dans la maison.

Tel qu'expliqué par Smith et coll. [128], les personnes âgées désirent vivre le plus longtemps possible dans leur demeure. En 2011, sur les 5 millions de Canadiens âgés de 65 ans et plus, environ 90% préfèreraient rester dans leur résidence le plus longtemps possible, soit jusqu'à leur décès. Or, d'autres statistiques entrent en contradiction avec cette volonté et pourraient donner une charge de soin plus importante à l'entourage des personnes âgées canadiennes. En

effet, la plupart des adultes âgés se considèrent en santé, mais 91% d'entre eux ont une ou plusieurs maladies chroniques, 40% une ou des invalidités et 23% sont considérés comme étant fragiles. De plus, la plupart de ces personnes ont de la difficulté à obtenir des services de première ligne et décident plutôt de se rendre aux urgences lorsque nécessaire. Les hospitalisations ont plutôt tendance à aggraver les conditions préexistantes et à augmenter le risque de déménager vers des soins de longue durée [128]. Ainsi, il semble nécessaire pour les personnes âgées vivant dans leur résidence et sans accès à des services de soins de première ligne d'avoir des personnes ressources si le besoin d'aide se faisait sentir.

Chez les personnes âgées rencontrées vivant en résidence pour aînés, les relations avec les enfants sont plutôt réservées aux activités et aux festivités. Aucun répondant ne vit avec son enfant. Les autres résidents font aussi partie de la famille en quelque sorte étant donné que tous se côtoient au moins à l'heure du repas. Cela crée un sentiment d'appartenance. Toutefois, peu de personnes âgées participent aux activités sociales organisées par la résidence. Robert et coll. [129] ont étudié la relation entre la qualité de vie des personnes âgées vivant dans des résidences pour personnes âgées autonomes avec soins continus et leur engagement. Les résultats suggèrent que la qualité de vie diminue avec le temps, mais que sa dégradation semble ralentie lorsque les personnes âgées participent aux activités sociales de la résidence. Il pourrait donc y avoir des bénéfices à participer activement et de façon précoce aux activités sociales lors de l'arrivée des personnes âgées dans une résidence.

Réseau social et partage de repas. Fait intéressant, malgré que les personnes âgées vont souvent au restaurant avec la famille, aucune ne mentionne visiter les grandes chaînes de restauration telles que Subway, Tim Horton, Mc Donald, etc. Notons que cette offre de restauration rapide est présente à Joliette et à Saint-Jean-de-Matha. Les personnes âgées préfèrent des restaurants avec des salles à manger et pouvoir y prendre le temps de profiter du moment avec leurs proches. D'ailleurs, peu importe le groupe de répondants, les sujets ont un réseau social assez important pour partager un repas. Les amis et la famille sont relativement accessibles, même chez les personnes âgées qui vivent seules.

136

Une étude a exploré les interactions sociales de consommateurs âgées de 60 ans et plus à Hong Kong dans des restaurants et cafés afin d'évaluer comment il serait possible d'améliorer l'expérience client de ces consommateurs et diminuer leur solitude. Les résultats ont démontré que le service à la clientèle (la manière de servir et l'identification des besoins des personnes) pouvait avoir des effets bénéfiques sur ces deux composantes [130]. Adapter le service à la clientèle âgée pourrait ainsi briser l'isolement et faciliter les interactions de ces consommateurs dans des activités sociales.

5.5.2 Réseau social pour aide quotidienne.

Malgré le fait que les personnes âgées des deux groupes n’identifient pas de besoin pour les activités de la vie quotidienne au moment de l’entrevue, tous peuvent tout de même se fier à un membre de la famille ou une connaissance. En 2006, 12,7% des personnes âgées avaient besoin d'aide dans leurs activités de la vie quotidienne, dont 8,5 % qui se trouvaient déjà en institution de soins de longue durée. Lanaudière, c'est 11,2% des personnes âgées qui avaient besoin d'aide dans leurs activités de la vie quotidienne pour 8,2 % qui se trouvaient déjà en institution de soins de longue durée [131]. Nos personnes âgées étaient donc légèrement plus indépendants en ce qui a trait à l'autonomie dans leurs activités de la vie quotidienne.

Benzer Belgeler