2.2. TABİAT VE EŞYA
2.2.6. Günlük Hayata Dair Unsurlar
2.2.6.4. Takılar, Süs Eşyaları
2.2.6.4.1. Değerli Madenler ve Taşlar
L’intervenant social, y compris s’il est travailleur social, doit donc s’inscrire dans un nouveau type de relation avec l’usager qu’il s’agit davantage de mobiliser et de responsabiliser, que de réparer. Le « schéma de réparation » promu par le travail social « classique » dans une visée d’intégration sociale, devient peu à peu inopérant dans un contexte où le socle de cette intégration, soit l’emploi, vacille. La re-problématisation de la question sociale induit de nouveaux publics qui échappent grandement aux catégories traditionnelles du travail social. Désormais, à côté des populations spécifiques qu’il s’agit d’assister, d’éduquer et/ou d’animer – c’est le cas, par exemple, des familles dysfonctionnelles, des situations relevant du handicap, celles dites déviantes – il faut également compter avec des « nouveaux pauvres » qu’il faut « gérer/éduquer/soigner », selon le nouveau « triptyque » défini par Gisèle Dambuyant-Wargny163. Leurs problèmes sont autres que personnels, ils n’ont pas de
handicap particulier à compenser ni de comportements déviants à corriger. Du moins, pas plus que n’importe qui d’autre qui n’aurait pas (encore) subi les effets des transformations socioéconomiques en cours. La question est ailleurs. Elle se traduit principalement par une fragilisation à large échelle de toute
162 DAMBUYANT-WARGNY G., « Du travail social à l'intervention sociale. Quand le sens fondamental de prise en charge du corps vulnérable
affirme les complémentarités professionnelles et éloigne du corporatisme » in Empan, n°109, 2018, p.22.
une frange de la population sans histoire jusqu’aux bouleversements décrits précédemment. « Précarisés », « surnuméraires », ou encore « déstabilisés » complètent peu à peu les effectifs des publics dont doivent aussi s’occuper les travailleurs sociaux. Inscrits au cœur même de la société et d’une cohésion à laquelle ils ont largement participé, ces nouveaux statuts hybrides - à la fois dedans et dehors – ont tendance à brouiller les frontières entre les marges et le centre. Autrement dit, les nouveaux « marginaux » appartiennent au même monde que les « intégrés » et vice-versa. Les deux se côtoient et s’entrecroisent, échangent même parfois leurs places, tant le faire société est instable et mouvant.
Mais contrairement aux familles dysfonctionnelles ou aux personnes en situation de handicap, on n’éduque pas un demandeur d’emploi, on ne corrige pas quelqu’un sous prétexte de précarité ou parce qu’il serait de trop compte tenu des places (notamment de travail) disponibles. Ou du moins, les repères correcteurs, assistanciels et pédagogiques habituels de l’action sociale ne peuvent être mobilisés tels quels dans ce contexte de nouvelle question sociale. À la limite, s’il y a quelque chose à corriger ou à compenser, c’est du côté de la structure sociale au sens large, et de celle du marché du travail plus spécifiquement, qu’il faut se tourner. En d’autres termes, les déficits sont structurels avant d’être personnels, comme le souligne Robert Castel164 :
« Il y a de « nouveaux pauvres » - différents des pauvres de type « quart monde » - parce qu’il y a un nombre croissant de gens qui décrochent des positions – dans le travail en particulier – qui pouvaient assurer leur intégration. Ils correspondent à ceux que j’ai proposé d’appeler les « naufragés de la société salariale » ou les « surnuméraires » dont le principal handicap est de ne pas trouver une place stable dans la nouvelle organisation de la société […].
Leur déficit d’intégration [i.e. de ces nouvelles populations] tient moins à une déficience qu’on pourrait rapporter à elles-mêmes qu’à un ensemble d’obstacles qui les empêchent d’occuper une place reconnue dans notre société. Si elles ont sans doute des « problèmes personnels » - j’allais dire comme tout le monde – […] elles ne sont pourtant ni des toxicomanes avérés, ni des délinquants à plein temps, ni des caractériels, tout en pouvant être parfois un peu de tout cela. Elles ne peuvent donc pas entrer dans la logique qui a constitué le travail social en professionnalité […]. Si l’on résiste à la tentation de les criminaliser ou de les pathologiser, le travail social « classique » se trouve démuni devant ces situations ».
Nous devons alors conclure que le travail social est amené à évoluer pour tenter de dépasser les limites auxquelles il est confronté face à ces nouvelles populations, au final pas si anormales que cela. Le dire c’est une chose, le faire en est une autre, d’autant plus qu’il ne suffirait plus d’agir uniquement sur les
éventuelles lacunes personnelles, mais aussi sur des dysfonctionnements structurels. Mais là encore, comment faire bouger des structures souvent pensées de manière globale, à l’échelle d’un territoire national, comme ce fut le cas des réponses sociales construites durant les Trente Glorieuses ? Quand bien même l’organisation fédérale offre une certaine résistance à la formation de ces grands blocs, en délégant une part importante de la mise en œuvre du système aux cantons, la Suisse n’échappe pas totalement à ce type de phénomènes. Preuve en est, la mise en place de la collaboration institutionnelle dès les années 2000, censée, entre autres, contrer la rigidité et l’opacité du système pour permettre une meilleure prise en charge des cas dits complexes165. Faute de pouvoir agir sur des structures globales,
l’intervention sociale doit alors se faire à des échelles plus petites et plus locales, de façon à pouvoir s’adapter à ces nouveaux publics et à leurs besoins spécifiques. Le modèle du « dispositif » déjà évoqué, notamment d’insertion, correspond parfaitement à cette logique d’action qui se veut plus souple et plus proche des individus, dans une forme « de descente en singularité de l’action publique »166. Dans un tel
modèle l’accompagnement et le projet individualisé deviennent les deux piliers indispensables à une intervention toujours pensée dans sa singularité et en co-responsabilité.
L’accompagnement s’impose peu à peu comme l’alternative à une relation d’aide vue comme trop assistancielle et dont la visée réparatrice semble définitivement dépassée. L’accompagnement se veut en effet plus dynamique et plus symétrique dans les interactions qu’il instaure entre les deux compagnons qui sont censés faire un bout de chemin ensemble. Comme le note Maela Paul, l’accompagnement « répond à deux types d’exigences : la préoccupation d’un public désaffilié, désorienté, censé être autonome ou capable de le devenir, et l’injonction de performance, d’excellence et d’efficacité toujours plus grande […] 167». Autrement dit, l’accompagnement a pour ambition de
considérer au moins deux des préoccupations majeures auxquelles le travail social doit désormais faire face. D’un côté, la prise en compte des nouveaux publics qui s’ajoutent aux anciens et qui se caractérisent par des formes de vulnérabilité elles aussi nouvelles : la précarité, la déstabilisation et le risque de désaffiliation. L’accompagnement se place ici du côté de "l’objet" problématique sur lequel il faut intervenir, non pas tant en termes de causes à éliminer mais plutôt de symptômes à surveiller. En effet, l’accompagnement se focalise sur l’individu déstabilisé et non pas sur les causes de cette déstabilisation, qui, encore une fois, seraient à chercher du côté des logiques de production et du marché de l’emploi. De l’autre côté, l’accompagnement s’intéresse aussi aux modalités de réponse à privilégier face aux symptômes constatés. À en croire l’auteure, ces modalités s’inscrivent clairement dans le cadre de référence promu par la nouvelle gestion publique, ici traduite en termes « d’injonction de performance, d’excellence et d’efficacité ». L’accompagnement n’est donc pas gratuit ni pour l’accompagné ni pour l’accompagnant, dans la mesure où il y a une attente de résultats.
165 ZWICK MONNEY M., op. cit.
166 ION J. et RAVON B., « Institutions et dispositifs », loc. cit., p.71.
Dès lors, l’accompagnement ne peut être qu’individualisé et singulier. Stricto sensu, une telle démarche cherche l’individu à part entière qui se cache derrière le « cas social », le « client », ou encore le « chômeur » et le « fin de droit ». La proximité, pour ne pas dire l’intimité, entre le professionnel et l’usager n’est pas la résultante d’une entente particulière mais elle est « imposée » par l’accompagnement. L’engagement très personnel et personnalisé est le prix à payer pour tenter de relever le défi de l’identification non seulement des besoins spécifiques de chaque individu, mais aussi des réponses à déployer pour y faire face. Dans cette perspective, il est non seulement souhaitable mais nécessaire de compter sur l’individu pour coconstruire les actions à mener. Il est l’un des deux compagnons embarqués dans cette relation faite de reconnaissance mutuelle et d’une certaine dignité retrouvée168 malgré les difficultés rencontrées. Mais plutôt que de les subir passivement,
l’accompagnement ambitionne de les affronter dans une sorte « d’activation douce », selon la formule d’Isabelle Astier, qui ajoute sous forme de synthèse, que :
« L’accompagnement signe le surgissement de l’individu et avec lui la notion d’utilité sociale […]. Le travail d’accompagnement […] touche l’ensemble du service public et épouse le passage de la notion de travail sur autrui à celle de travail avec autrui […]. Travailler avec autrui c’est traiter l’autre en personne et par là même, produire de l’utilité sociale.
L’utilité sociale, cet intérêt général « désétatisé », consiste à prendre en compte les besoins des individus et à produire localement des normes. Pour cela, il faut évidemment accepter de s’affranchir de tout idéal éducatif sur le long terme, pour adopter une autre posture, celle de l’accompagnement et du travail avec autrui […].
L’accompagnement peut, d’une certaine manière, être considéré comme une politique de la reconnaissance, dans la mesure où ce que l’on cherche à produire s’apparente à de l’estime sociale concourant à de l’estime et du maintien de soi […].
Parallèlement, on exige des personnes qu’elles s’activent, revendiquent leur identité, leur appartenance. Elles deviennent parties prenantes dans la définition de la cible qui vise le dispositif d’intervention. Les voici promus usagers, partenaires et contractants, en un mot : responsables »169.
L’ambition de l’accompagnement va donc bien au-delà du « simple rafistolage » d’un individu « en panne », auquel il suffirait d’apporter quelques retouches pour qu’il aille mieux. Au contraire, accompagner c’est carrément « produire de l’individu » avec une identité assumée et reconnue, capable d’action et impliqué dans sa propre prise en charge. Selon les termes de Maryse Bresson,
168 HONNETH A., La Lutte pour la reconnaissance, Paris, Gallimard, 2013. 169 ASTIER I., Les Nouvelles règles du social, op. cit., pp.9-11.
« l’accompagnement s’impose comme une manière de l’aider à faire « un travail sur soi » qui accorde beaucoup d’importance à la parole et aux récits de vie »170 partagés par le sujet accompagné. Pour que
cela se passe, « la relation accompagnant-accompagné devient le principal enjeu de la relation » et « l’élaboration d’un vivre ensemble […] l’enjeu central de l’accompagnement », selon les propos de Jean Foucart171. Dès lors, la gestion de « l’oralité » et « du registre biographique » tout au long des
rencontres, de la dimension affective qui s’installe dans la relation et qui est indispensable au climat de confiance qu’il convient d’entretenir, ou encore l’équilibre à trouver entre distance et proximité personnelle et/ou professionnelle, etc., sont au cœur des pratiques d’accompagnement. Au final, en tant que modalité d’intervention « psychologisée » mettant face à face deux subjectivités, l’accompagnement participe du façonnage d’un individu "normal ", c’est-à-dire autonome ou en passe de le devenir. Jouant sur plusieurs registres plus ou moins volontaires ou contraignants, tels que la « conduite », la « guidance » et « l’escorte »172, l’accompagnement cherche en effet à faire intérioriser
avec un certain tact, cette « autonomie individuelle […] comme une norme sociale »173. En d’autres
termes, l’accompagnement met en œuvre une véritable « injonction à l’autonomie individuelle », censée produire des sujets capables, à terme, de se « gouverner » par eux-mêmes. Maryse Bresson résume cette injonction comme suit :
« L’objectif de l’accompagnement se veut pragmatique ; il s’agit d’aider la personne en produisant chez elle des changements identitaires pour l’aider à résoudre ses problèmes (sociaux et individuels) […].
Il faut accompagner l’individu, l’aider à changer […] dans la durée, donc à s’approprier des objectifs de changement au quotidien et à surmonter les obstacles qui apparaissent à chaque étape d’un parcours […].
Autrement dit, l’accompagnement permet de gouverner les conduites en transformant la personne en sujet individuel, ayant intériorisé la norme de l’individu autonome (ou en parcours vers l’autonomie) »174.
Comme suggéré par Maryse Bresson ci-dessus ou par Maela Paul un peu plus haut, une telle construction individuelle et identitaire, s’inscrit dans la durée et demande plus ou moins de temps selon les situations accompagnées. Il ne suffit pas de décréter la responsabilité, l’activation, l’implication ou l’autonomie, pour qu’elles se produisent spontanément. Au contraire, il faut les susciter et les cultiver tout au long de l’accompagnement pour qu’elles adviennent. Autrement dit, accompagner est aussi une entreprise de projection et de planification de parcours spécifiques, organisés autour du deuxième moteur de
170 BRESSON M., « La psychologisation de l'intervention sociale : paradoxes et enjeux » in Informations sociales, n°169, 2012, p.71. 171 FOUCART J., « L'accompagnement : dispositif de bienveillance et constructions transactionnelle » in Pensée plurielle, n°22, 2009,
p.23.
172 PAUL M., op. cit., pp.69-74.
173 DUVOUX N., « L'expérience vécue par les publics des politiques d'insertion » in Informations sociales, n°169, 2012, p.108. 174 BRESSON M., loc. cit., pp.72-73.
l’intervention, le projet. En effet, projeter consiste à "jeter en avant" - projectare – une situation future (modifiée, corrigée, améliorée, etc.) qui réponde à une demande, un besoin, un désir présent, tout en tenant compte d’une histoire passée qui fait que la situation actuelle est ce qu’elle est. L’accompagnement vers l’insertion s’inscrit parfaitement dans cette perspective du projet censé baliser le parcours vers une certaine « normalité » des personnes accompagnées, sous-entendu insérées et autonomes. Le recours à la parole et aux récits de vie permet alors la nécessaire prise de conscience par les individus, non seulement du chemin à parcourir mais aussi de celui déjà parcouru. Il s’agit en effet, dans ce type d’approche, de mettre en mots tout ce qui constitue un projet : l’analyse fine d’un point de départ et l’identification d’un point d’arrivée, la détermination d’une stratégie d’action avec les ressources nécessaires, les passages obligés et les délais à respecter, la distribution des tâches à réaliser et des responsabilités à assumer, ou encore les modalités et les outils de pilotage à prévoir, etc. En d’autres termes, la démarche de projet est par définition impliquante et responsabilisante pour les sujets- acteurs concernés, comme le note Jean Guichard :
« Le projet désigne l’action qu’on envisage de réaliser : c’est plus qu’une simple attente, espérance ou intention […]. « Projet » comprend l’idée d’une liaison essentielle entre une certain intention fondatrice – réfléchie au moins dans une certaine mesure – et un plan d’action – au moins esquissé – dans lequel l’individu s’engage. À l’occasion de son inscription dans le réel, les événements tendent souvent à donner à l’intention projetée une inflexion différente de celle prévue au départ […]. L’engagement dans la réalisation du projet (dans l’action) contribue à la définition (et parfois à la redéfinition) des objectifs et du plan d’action initiaux […]. Le projet est ainsi au-delà de tous les objectifs déterminés qu’il se propose d’atteindre : il forme un cercle représentatif du déjà là et du futur qui s’inscrit dans une action […].
Dans le domaine de l’orientation et de l’insertion, « projet » apparaît généralement sous la forme de quelques expressions : projet d’avenir, projet d’orientation, projet de formation, projet professionnel, projet personnel. Elles comprennent toutes l’idée d’un individu ayant la capacité de déterminer par lui-même certains aspects – généralement majeurs – de son existence future »175.
Les définitions du projet proposées par Jean Guichard sont, à plusieurs égards, particulièrement éclairants pour notre propos. À commencer par l’exigence d’un engagement, manifestement soutenu, imposé aux personnes impliquées. La passivité, l’attentisme ou encore l’apathie ne sont pas compatibles avec une approche par projet. Au contraire, il faut faire preuve d’une implication de tous les instants pour ne pas subir les événements et être en mesure de garder le cap, quitte à en modifier régulièrement
les moyens et les voies pour y parvenir. Dit autrement, le projet met en mouvement, mobilise et engage. Il active et responsabilise les individus en les mettant dans une position d’acteurs stratégiques, capables de définir des objectifs mesurables et de mobiliser les ressources adaptées et adaptables pour les atteindre. Ce faisant, le projet participe aussi de la mise en œuvre des principes de la nouvelle gestion publique, en identifiant des indicateurs de performance, des critères de réussite, des bonnes pratiques, ou encore des boucles de rétroaction et des outils d’évaluation. De plus, selon l’auteur, l’engagement est non seulement soutenu, mais aussi continu, inscrit dans une temporalité articulant passé, présent et futur, dans ce qu’il appelle une « circularité représentative ». En effet, « le projet s’appuie […] aussi sur des représentations d’un présent qu’il s’agit de dépasser […]. Le projet constitue donc une certaine sélection et mise en forme des faits passés et présents à la lumière d’une intention future […]. Le projet constitue ainsi une circularité représentative »176 pour l’individu accompagné en mettant de l’ordre et du
sens dans son propre parcours.
Le projet devient alors un levier important de la construction identitaire visée par un accompagnement qui s’inscrit dans cette temporalité circulaire. Il fournit des points de repères indispensables pour des individus précaires et instables, mais jugés perfectibles et capables de cette perfectibilité177, pour autant
qu’ils soient plus ou moins durablement accompagnés. Le chemin vers l’autonomie et la responsabilisation individuelles, passe donc par ces parcours projetés et accompagnés dans un espace- temps donné. D’une certaine manière, la consolidation d’un individu inséré, autonome et responsable est à la fois un objectif à atteindre et une ressource renforcée en cours de route, précisément dans l’accompagnement coconstruit. L’accompagnement par projet devient à la fois un moyen et une fin en soi, précisément dans la promotion d’un individu autonome et responsable en devenir. Dans cette perspective, la relation qui se construit au cœur du projet entre l’intervenant et l’usager, représente un enjeu majeur de l’intervention. Comme le montre Maela Paul, « celui qui accompagne est une « personne-ressource » auprès de l’auteur-acteur comme « personne-projet » »178. Autrement dit,
l’individu accompagné devient lui-même « un projet » en soi, dont l’accompagnement vise précisément le développement d’une personne insérée, autonome et responsable. Et l’auteure d’ajouter dans un article publié quelques années plus tard :
« […] Avec l’avènement de l’accompagnement, la personne accompagnée est elle-même partie prenante de la relation au sein de laquelle se jouent son projet et les conditions de son insertion sociale et économique.
176 GUICHARD J., loc. cit., pp.348-349.
177 SOULET M.-H., « De l'insertion sociale à la gestion des immotiles. Le travail social en reconfiguration », loc. cit., pp.183-194. 178 PAUL M., L’Accompagnement : une posture professionnelle spécifique, op. cit., p.14.
L’accompagnement travaille ainsi, peu ou prou, au guidage ou au paramétrage d’autrui en tant que sujet capable de faire preuve d’autonomie en exerçant sa capacité à évoluer au sein de situations problématiques : le projet est l’outil de cette autonomisation 179».
Accompagnement et projet constituent donc un cadre de référence central dans les nouvelles logiques d’action du travail social qui, entre temps, a glissé vers l’intervention sociale. Ils sont intimement liés au cœur des politiques sociales contemporaines, dans lesquelles l’insertion socioprofessionnelle occupe une place de choix. Conçue comme un parcours, un processus fait d’étapes successives, inscrites dans le temps et devant être plus ou moins soutenues dans un accompagnement individualisé, l’insertion fait en effet la part belle à la notion de projet. Comme le montre Denis Castra, les travailleurs sociaux qui accompagnent des parcours d’insertion s’accordent « sur le fait que l’aide au projet est la première étape de l’aide à l’insertion ». En effet, selon ces mêmes professionnels, « aider une personne à s’insérer c’est