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Birleşik Fiil ile İlgili Terim, Tanım ve Tasniflerin Değerlendirilmesi

Comme sous-entendu dans le précédent chapitre, notre recherche adopte une perspective qualitative dans son ambition de rendre compte « du point de vue de l’acteur, des représentations ordinaires, des pratiques usuelles »294 dans un contexte donné. Contrairement à une démarche quantitative, il ne s’agit

donc pas de comptabiliser des fréquences, de recenser des occurrences, ni d’établir des résultats  

290 BEAUD S. et WEBER F., Guide de l'enquête de terrain : produire et analyser des données de terrain, Paris, La Découverte, 2017, p.40. 291 ZWICK MONNEY M., Les Échecs de l’insertion, Rouages et engrenages d’un mouvement permanent, op. cit., p.44.

292 PERRET V. et alii,, Les Cantons suisses face au chômage. Fédéralisme et politiques de l'emploi, Paris, L'Harmattan, 2007. 293 ZWICK MONNEY M., Les Échecs de l’insertion, Rouages et engrenages d’un mouvement permanent, op. cit., p.44.

294 OLIVIER DE SARDAN J.-P., La Rigueur du qualitatif : les contraintes empiriques de l'interpréation socio-anthropologique, Louvain-la-

statistiques. Il s’agit plutôt de comprendre, de révéler, de rendre visible à la fois les situations vécues par les acteurs choisis ainsi que la manière dont ils ressentent et vivent ces situations : que vivent-ils et que ressentent-ils dans des situations données ? Comment les vivent-ils ? Quel sens et quelles explications leur donnent-ils ? Quels liens font-ils avec des situations plus ou moins similaires ou différentes, proches ou éloignées ? Comme le résume Christophe Lejeune, la démarche qualitative est particulièrement pertinente pour traiter « toute question visant à comprendre les acteurs, en partant de la façon dont ils vivent et appréhendent ce qui leur arrive »295. C’est précisément l’optique privilégiée

ici avec l’objectif de comprendre comment les professionnels concrétisent leurs compétences dans le champ de l’insertion, comment les responsables des dispositifs appréhendent les compétences recherchées dans ce même champ et, enfin, comment l’axe de la formation produit ces mêmes compétences. Pour y parvenir et pour récolter le matériau nécessaire, deux outils ont été mobilisés : l’entretien semi-directif et des sources documentaires.

En ce qui concerne les sources écrites utilisées, il en a déjà été question dans le précédent chapitre. Pour rappel, le recours systématique à des documents de référence a été particulièrement aidant et central dans le pôle de la formation. Programmes cadre, plans d’études, descriptifs de modules, et autres plaquettes de présentation de formations initiales et/ou postgrades ont, en effet, constitué une source riche d’informations. Celles-ci concernent aussi bien les objectifs visés et les contenus travaillés, que les compétences envisagées et les modalités d’évaluation et de validation, toujours dans l’articulation entre travail social et insertion socioprofessionnelle. De plus, une partie de ces informations ont pu être interrogées, vérifiées, complétées lors des entretiens menés avec les informateurs correspondants. Dans les deux autres pôles, le recours à des sources écrites a également eu lieu mais dans une moindre mesure, les entretiens ayant largement répondu aux attentes. Ainsi, les entretiens menés avec les professionnels ont été complétés par quelques descriptifs de fonction et processus d’accompagnement prescrits ; ceux menés avec les cadres, par des plaquettes de présentation des dispositifs, de processus d’intervention, ou encore de standards de suivi des publics accompagnés.

Quant aux entretiens, ils ont été semi-dirigés et donc réalisés à l’aide d’une grille chaque fois adaptée au pôle de compétences considéré296, tout en respectant une structure similaire. Raymond Quivy et Luc

Van Campenhoudt définissent ce type d’entretien en ces termes :

« Il est semi-directif en ce sens qu’il n’est ni entièrement ouvert, ni canalisé par un grand nombre de questions précises. Généralement, le chercheur dispose d’une série de questions- guides, relativement ouvertes, à propos desquelles il est impératif qu’il reçoive une information de la part de l’interviewé. Mais il ne posera pas forcément toutes les questions

 

295 LEJEUNE C., op. cit., p.20. 296 Cf. Annexes I, II et III, pp. 419-427.

dans l’ordre où il les a notées et sous la formulation prévue. Autant que possible, il « laissera venir » l’interviewé afin que celui-ci puisse parler ouvertement, dans les mots qu’il souhaite et dans l’ordre qui lui convient. Le chercheur s’efforcera simplement de recentrer l’entretien sur les objectifs chaque fois qu’il s’en écarte et de poser les questions auxquelles l’interviewé ne vient pas par lui-même […] »297.

Globalement, nous avons procédé selon les indications proposées par les auteurs, avec deux ajustements mineurs : le premier concerne le nombre de questions prédéfinies qui, dans notre cas, a été relativement important. Le deuxième concerne le type de questions formulées : en plus des questions ouvertes, nous avons également prévu des questions semi-ouvertes pour approfondir certains thèmes, et des questions fermées pour vérifier certaines informations et lever certains doutes. Enquêtant auprès de trois publics distincts, ces deux précautions nous ont paru pertinentes pour garantir autant que possible des données significatives et avec une certaine cohérence entre les trois pôles explorés.

La formulation effective des questions composant les trois guides d’entretien a découlé d’un travail d’opérationnalisation systématique, permettant de passer des notions abstraites à des indicateurs aussi tangibles que possible. Plus concrètement, pour chacun des pôles de compétences exploré, nous sommes d’abord parti des définitions de la compétence ; à partir de ces définitions, nous avons été en mesure d’identifier des indicateurs pouvant être repris sous forme de question ; ensuite, nous avons identifié les sources nécessaires à contacter pour répondre à ces questions et vérifié la pertinence des outils retenus pour y parvenir ; enfin, nous nous sommes posé la question de l’accès aux sources en question et des éventuelles autorisations à demander. Ce travail progressif a été chaque fois synthétisé dans un tableau, selon le modèle ci-après :

 

 

Fig. 6 : Modèle de la démarche d’opérationnalisation mise en œuvre Savoirs, connaissances, dimensions : Quoi ? Indicateurs : Quoi précisément ? Sources, terrains : Où et qui ? Méthodes, outils : Comment ? Accès et autorisations requises ? Compétences mobilisées : compétences en insertion effectivement déployées par les professionnels Pratiques Savoirs : théoriques, procéduraux, environnementaux, etc. Aptitudes et attitudes Motivations… Professionnels x, y, z… Entretiens, documents, observation … Réseaux, personnes de contact, voie hiérarchique … Compétences attendues : compétences en insertion recherchées et attendues par les responsables de dispositifs. Pratiques Savoirs : théoriques, procéduraux, environnementaux, etc. Aptitudes et attitudes Motivations… Dispositifs a, b, c… Compétences développées : compétences en insertion "produites" dans les formations en travail social Pratiques Savoirs : théoriques, procéduraux, environnementaux, etc. Aptitudes et attitudes Motivations… Formations 1, 2, 3…

Encore une fois, cette manière de faire nous a permis de construire des outils de manière progressive et logique. Elle nous a aussi permis d’établir d’emblée des ponts entre les trois domaines de compétences explorés et posés comme interdépendants dans le traitement de la problématique. Dès lors, cette interdépendance de fond est prise en compte dès la construction et la mise en forme des outils de recherche, assurant ainsi, espérons-le, une certaine cohérence entre le fond et la forme. De plus, cela nous oblige à considérer, avec Jean-Claude Kaufmann, la grille d’entretien non pas comme une fin en soi, figée une fois pour toutes, mais plutôt comme « un instrument évolutif »298, au même titre que

l’échantillon. Elle est à considérer comme « un simple guide, pour faire parler les informateurs autour du sujet », qui peut et doit bouger en cours de route en intégrant les découvertes, les doutes, les nouveaux questionnements. Dans cette perspective, les entretiens menés sont aussi compréhensifs dans la mesure

 

où « l’enquêteur s’engage activement dans les questions, pour provoquer l’engagement de l’enquêté » indispensable au recueil du matériau soumis ensuite à l’analyse dans une visée de compréhension.

Au final, les deux outils mobilisés - entretiens semi-directifs et sources documentaires - ont permis de recueillir des données qui "racontent" et qui "décrivent" des compétences concrètement mobilisées, attendues et développées. En termes de méthodologie, il s’agit donc des données indirectes obtenues non pas en situation d’observation directe (plus ou moins participante), mais bel et bien à partir de « déclarations des acteurs » et de « traces laissées » par des témoins privilégiés. « Leur complémentarité permet [cependant] d’effectuer un travail d’investigation en profondeur qui, lorsqu’il est mené avec la lucidité et les précautions d’usage, présente un degré de validité satisfaisant »299. Cela passe notamment

par des principes d’analyse clairement posés, définis et mobilisés de manière systématique dans le traitement du matériau récolté.

Benzer Belgeler