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L’I LUSTRATION, JOURNAL UNIVERSAL.
.) Im ille autres, im lii|ue ([tic le moment d 'illu m in e r les m os quées est a rriv é ; en même temps, les colosses qui dom inent la c ité . S a iiile -S o p liie , S u llu n -lîa ja ze t. S u llan -A h m et, la Solim anyè, t eui-D jam i, p rojetlen l dans le ciel le urs mina rets à donlde el triple c la ie s , couverts de brillan tes illu m i n atio n s; le chiffre bien connu du su ltan , quelques versets du Koran suspendus entre les n iin a re lse ii caractères gigan tesques, également illu m in és, é tincellen t su r le cie l comme autant de constellations aux co u le u rs variées. Il n’est si pelit m inaret de si petite mosquée, et la q uan tilé en est in nom brable, qui 11e ceigne sa couronne de feu ; un cercle de Uummü se réfléchit dans les eaux rapides du lîo sp lio re aussi loin que la vue peut s’é le n d re ; de tous côtés, on entend des c ris de jo ie ... Parfois, cependant, on entend la voix du m uezzin s’élevant dans les airs, répétant quelques ver sets du K oran ou la profession de foi des m usulm ans. I.n
Halı a Ulah'la Mohammed recimi Allah dom ine le bruit
q ui s’ élève au-dessus de la c it é ; l’expression de la joie cesse un moment, pour reprendre un instant après ce mo ment de rappel a des idées plus en rapport avec la solen nité de ce temps de m orliticalion. — Mais bientôt la fatigue a rriv e après les ex cès; le calm e renaît dans ces rues aupa ravant si a n im é e s, chacun se re lire dans ses foyers, a m oins que, convie par la beauté de la nuit et la douce fraîch eur, il ne. dresse son lit su r le seuil de sa m aison, et bien peu sont aptes il jo u ir de la tolérance du Prophète, q ui permet de prolon ger ces nuits de réjouissances ju s q u ’au moment où, a la clarté du jo u r, on p ourra d istin guer un lil n o ir d’ avec un fil blanc.
Le représentant du prophète, le sultan, jadis enfermé dans les mystères du sérail, sortant peu de son harem, ne se manifestait presque jamais en public qu’entouré de toule la pompe des padischas,— le bourreau marchait devant lui.— Invisible pour ses sujets, ce n’était qu’avec une apparence de terreur, vraie ou simulée, que l’on accueillait sa pré sence ; devant lui tout le monde baissait la tète, personne n’aurait osé lixer sur lui ses regards. Maître absolu de la vie de ses sujets, c’était le plus souvent par une exécution que l’on apprenait un changement de ministère, ou la des titution d’un pacha, d’un gouverneur de province ; une tète coupée annonçait une modiUcalion dans la politique de l’empire ottoman. Ces temps ne sont plus, el ne reviendront probablement jamais.— L’œuvre de régénération commen cée avec tant d’énergie parle sultan Mahmoud est suivie avec persistance par son successeur : lie mon vivant, a-t-il
dit, — aucune tète 11e tombera sous le yatagan; » aucune
n’est tombée ! Animé d’intentions généreuses, puissamment secondé par les hommes éminents dont il s’est entouré, sultan Abd’ul Medjid marche vaillamment dans la voie (pie lui a tracée son père, avec tout l’avantage que lui donne une éducation de beaucoup supérieure à celle de tous les souverains ottomans ses prédécesseurs, malgré l'opposition sourde de quelques intéressés au maintien ou même au re tour des anciens abus. Conservant toujours sa dignité, il ne
croit pas, et avec raison, démériter aux yeux d e s musul
mans eu se montrant fréquemment dans les rues de. Cons tantinople sans toute la pompe que jusqu’il lui on avait crue inséparable de la souveraineté. Voici quelques jours que je suis ici, trois fois déjà je me suis trouvé sur son passage : — la première fois, c’est celle que j’ai tâché de reproduire dans mon dessin. Lie son palais (le Tchéragan, Sa llautesse se rendait par mer à la Porte; quelques eawas du palais en station près de l’échelle où le calque impérial accoste ordi nairement, des chevaux richement harnachés, tenus en main par des domestiques du palais, indiquaient aux pas sants, par leur seule présence, que le sultan se fendait à Stamboul. La foule silencieuse attendait le passage du sou verain, non avec l’empressement tumultueux \le nus peu ples occidentaux, mais avec tous les signes du respect pro fond qui accueille le représentant de l’autorité dans ce pays. Par une délicatesse de bon goût, reconnaissant en moi un étranger, — et qui ne l’aurait reconnu, — chacun s’empressa de me faire place, et je pus arriver jusqu’au pre mier rang, immédiatement derrière le petit peloton de ca- vvas qui se tenait en haie pour assurer la circulation au moment du débarquement. — Quelques instants après, le sultan parut, et son cheval, beau entre les plus beaux, piaffait sous son noble cavalier, qui le maintenait avec ai sance el vigueur ; — d’une physionomie douce et calme, mais où l’on peut reconnaître aisément l'habitude du com mandement et de l’autorité, revêtu de l’uniforme de sim ple officier de I armée, et, pour tout insigne, d’un petit manteau court, au collet brodé d'or, il était armé d’un sa bre léger. — Il n’avait pas besoin de toule la pompe qui environnait ses prédécesseurs pour faire reconnaître en lui le maître d’un grand empire, le respect qu'inspire sa pré sence l’indiquait suffisamment; à son aspect les eawas s’in clinèrent profondément, le silence le plus profond régna parmi l’assemblée; quant au sultan, promenant ses regards sur la foule, ses yeux tombèrent sur moi.— Liés ce moment il me considéra avec une persistance dont je ne comprenais nullement la portée, se retournant presque sur son cheval pour me regarder plus longtemps. — Ceci, je l’avoue, ne laissa pas de me surprendre. — Depuis j’ai appris que c’é tait une grande marque de distinction, et que j’étais l’objet d’une grande faveur. — J’eus lieu de m’en apercevoir au moment même, car je fus félicité par les assistants en toutes les langues possibles; je dois au moins croire qu’il en était ainsi, — je puis vous avouer que le turc, l’arabe el le per san me sont peu familiers, et que c’était en ces langues dif férentes que mes interlocuteurs m’adressaient la parole. — 0u reste, il convient d'ajouter que je ne dois nullement at tribuer à mon mérite personnel cette faveur de la part du sultan, qui certainement n’a jamais entendu prononcer mon nom ; mais je la partage avec, tous mes compatriotes de l’Occident, pour lesquels Sa llautesse s’est toujours mon trée d’une urbanité parfaite.
quelque jour, mon cher ami, je vous raconterai dans tous
ses détails la visite que le (Irand Seigneur fait dans les mos quées le vendredi de chaque semaine. A la simplicité du cortège que je viens de vous décrire j’opposerai la pompe,
la magnificence, ce que l'on nomme en turc le sultanat
dont il est entouré dans ces occasions solennelles; mais... le Télémaque va partir, l’ancre ne lient plus au fond, bientôt les rives du lîospliore vont disparaître à mes yeux, et dans trois jours je serai à Athènes, après avoir encore une lois foulé le sol de l’Asie à Sinyrue la (iiaour.
A vous d’amitié.
P . JÎLA N CU A ItO .
Nous recevons les premières feuilles d’un ouvrage que nous an nonçons avec plaisir : l’Histoire île ta diplomatie ottomane dé liais l'oritjine, de l'empire jusqu'à nos jours, par MM. Louis Uoi- vin et llippolvte Lapevrc, secrétaire de S. IC. Sanii-l’aclia. Ce livre est dédie a Sami-Pacha et à Reschid-Paclia, les deux grands mi nistres qui ont, l’un en llgypte, l’autre à Constantinople, dirige, sons l’inspiration supérieure du sultan et de Méhémet-Ali, les ré formes de l'empire. Les auteurs devaient cet hommage aux deux hommes d'I t.it qui, depuis la mort de Méhémet-Ali, réunis par le devoir comme ils l’étaient depuis longtemps par l’amitié, emploient, dans un effort commun, leur talent et leur expérience à développer l’o uvre de civilisation qui sera l’éternel honneur de leur souverain el la gloire de ses ministres. Nous rendrons compte de VHistoire de. ta iti/itoinatie ottomane, qui est puisée, comme on peut le voir a l’expression de la reconnaissance des écrivains pour leurs protec teurs, aux sources les plus sûres, aux archives les plus authen tiques.
L’ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL. 3f»
cieuscté ne rencon tra qu’un refus très-
péremptoire. En 1850, les pre mières menaces (le la Itussie amenèrent une démonstration très-significative de la France en Orient. Ce fut un lien de plus. Le président de la l\épul>lic|ue et la reine d'Angleter re , voulant donner au Sultan un témoi gnage public de sympathie, chargè rent le prince Calli- maki de sonder les intentions de son gouvernement, et la réponse fut telle qu’il n’y eut pas lieu 4e donner suite à ce projet Aujourd’hui ce n’est plus un changement qui s’est opéré ici, c’est une révolution.
Des négociations ont été ouvertes. M. Thouvenel n’a plus rencontré les obsta cles d’autrefois, et le sultan Abdul- \ledjid s’est montré heureux d’accepter une offre qui resser rait encore le lien d’alliance des deux pays.
Les insignes, en magnifiques dia mants, sont arrivés à Constantinople dans une boite d'é bène au chiffre de l’Empereur, et, le 27, IVrtnbassaaeur de France a eu l’hon neur de les remettre au Sultan. L'n appa reil extraordinaire avait été donné à cette cérémonie,que le Sultan lui-même avait ordonnée.-Le cortège de l’ambassadeur, pré cédé et suivi de sol dats de la garde, et flanqué d’une foule de piqueurs, valets en riche livrée, a suivi lentement la longueur de Péra,
jusqu’au grand
champ des Morts, jusqu’au palais im périal de Tchéra- gan.
Là M. Thouvenel a été reçu par Fuad- t’acha, ministre des affaires étrangères, Aoureddin-Jtey,pre mier interprète du Divan, et le premier chambellan du Sul
tan, et après un mo ment de repos dans le salon pour y fu mer la pipe et pren dre les rafraîchisse ments d’usage, il a été introduit dans la salle du Trône.
M. Thouvenel a pris alors la parole, adressant au Sultan le discours que voi
ci, d’après le Moni
teur :
« Sire,
« S. M. l’Empereur, mon auguste m aître, a daigné me désigner pour remplir une mis sion bien agrodble , celle de remettre le grand-cordon de son ordre de la Légion- d’Honneur entre les mains de Votre Ma jesté Impériale. C’est
la première lois que l’amitié d’un souverain de la France jwjur un souveraiu de ta T ur-L c s u l t a n A l»dul-M e«ljl«l. I®-ss ~<y ,_2Sy: .. ¡ ¡ g illii HT.--^1
Présentation des insignes de l’ordre de la Légion d’houicur au sultan Abdul-Mcdjid.
quicsemanil'csted’une façon aussi relatante et aussi personnelle.
« Votre Majestéver- ra donc, dans l’offre de ces précieux insi gnes , une preuve des sentiments de haute estime et de sincère attachement que l'em- j>ereur Na[>olt*on pro fesse pour elle. Cette démonstration . dont je suis profondément honoré d’êlre l’organe, dérive encore d’une autre pensée, et em prunte aux circonstan. ces une signification particulière : elle est un gage nouveau de l’alliance mémorable qui place désormais les destinées de l’empire ottoman sous la garan tie du droit euro]>éen, comme aussi sous la sauvegarde de cette civilisation dont Votre Majesté lm|iériale, se condée par ses minis tres dans l’accomplis- sernentwle l’oeuvre au succès de laquelle la gloire, de son règne est attachée, a, des son avènement au trône, annoncé la volonté de ré|»andre les bienfaits moraux et matériels parmi tous les peuples soumis à son sceptre.»
Le Sultan a ré pondu :
« Je considère ces précieux insigues non- seulement comme un souvenir de l’amitié particulière de Sa Ma jesté l’empereur, mon auguste a llié , |iour moi, mais aussi com me une des grandes conséquences de la mémorable alliance qui est destinée àcon- soiider à jamais ces antiques relations d’a mitié qui existent en tre les deux empires. « Je suis d’autant nlus toui llé de cette marque d’égards de la part de Si( Majesté, (iue c’est |;l première décoration ' étrangère que je reçois, et je me réjouis également de la recevoir des mains d’un ambassadeur aussi distingué que vous.
» J’espère ferme ment que mes efforts incessants pour le bon heur de tous mes su jets seront couronnés du succès désiré, et (jue mon empire, de venu désormais lindes membres de la grande famille européenne , prouvera à l’univers entier qu’il est digne d’occu|>er une place importante daus le concert des nations ci vilisées. La Turquie n’oubliera jamais les généreux sacrifices que scs nobles alliés se sont imposés [tour amener cet heureux et grand résultat.
•< J’écrirai directe ment à l’Empereur |mur le remercier ; mais je vous recom mande, monsieur (’am bassadeur, de lui faire |>arveiiir les expres sions de mes senti ments. » Le Sultan a pris les insignes de la Légion d’honneur des mains de M. Thouvenel, et les <ç déposés sur une ta ille placée à ses cô
tés.
L’ambassadeur de France est alors ren tré à Péra avec le même cérémonial qui l’avait accom pagné au palais Im périal.
L’ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL. Le p o r tr a it d u s u lt a n A l>duI-.Y Iedjid.
Monsieur le Directeur de l'Illustration,
In de mes amis, M. Billecocq, ancien consul de France dans les Principautés, a la bonté de mettre à ma disposition une lettre que je lui écrivais de Constantinople au mois de deteuibre 1846, à la suite des séances que le Sultan avait bien voulu m’accorder au palais de Tchéragan.
Les détails qu’elle contient trouveront naturellement place auprès du portrait que je vous envoie, et donneront
,1 vus lecteurs quelques aperçus curieux sur une ligure
historique pleine d’intérêt, que nous autres Européens ne pouvons jamais étudier que de loin. Voici ma lettre à M. Billecocq ; n’oubliez pas la date : décembre 1846 :
u Vous savez que j’ai quitté Bucharest pour aller a Constantinople faire le portrait de Sa llautesse? Mon travail est commencé, tt je me bâte de vous ra- couter mes premières en trevues.
u .Ne se trouve pas qui veut en tète à tète avec le chef des croyants, et des siècles se soui succédé sans qu'un giaour obscur put jouir de cette bonne for tune, à la possibilité de la- uelle j’étais naguère loin e songer.
« Vous êtes le premier à qui j’écris les détails de cette entrevue, certain qu’ils vous paraîtront cu rieux et pleins d’intérêt,
u C’est un tribut que je ye avec plaisir à votre *nne amitié, dont je gar de un si reconnaissant sou venir.
« Le lendemain de mon arrivée, la tête encore tout étourdie d’une traversée des plus accidentées, en hi ver, sur la mer Noire, je suis allé, en compagnie de notre ami Cor , premier drugman de l’ambassade, prendre vent au palais de Tchéragan, et me mettre à la disposition de Sa llau tesse.
« Nous fumions tranquil lement depuis un moipent notre- chibouque chez Sehefket-Ell'endi, premier secrétaire du palais, quand un officier est venu de la part du Sultan, informé de notre arrivée, nous dire que .Sa llautesse voulait que je commençasse de suite son portrait, et priait M. Cor de m’accompagner.
« Arrivés à cheval, sous une pluie battante, à tra vers les rues tortueuses de Béchiktach, que vous con naissez, crottés jusqu’au dos, nous étions peu dis posés à une présentation si improvisée. Il nous sem blait véritablement impos sible d’entrer en cet état au sérail... Refuser une telle faveurélait non moins incoavenant...Au milieu de notre embarras, j’ai fait valoir que je n’avais ni pa pier, ni crayons, ni cou leurs, ne m’attendant pas a l’honneur d’être admis devant Sa Majesté, me con fondant en excuses et en regrets. Quelques minutes après, le même officier est venu nous dire que Sa llau tesse remettait la séance au lendemain,
u Eu sortant du palais, Cor était très-elfrayé...
u Je ne me doutais pas, mou cher ami, me disait- il, que mon intervention
tout amicale prendrait une tournure si officielle, et croyais vous remettre tout simplement aux mains de SalTet-Eflendi, que vous connaissez, et qui devait vous servir de drog- uian .... Que va dire l’ambassadeur?...El que vont pen ser les autres ambassades? Ils ne manqueront pas de sup poser, dans ce pays d’intrigues de toutes sortes, que c’est un prétexte arrangé pour parvenir jusqu’au Sultan, et ob tenir un entretien secret jusque-là impossible! La guerre du Liban est a peine apaisée, et donnera quelque apparence de réalité à ces suppositions...
« Les prévisious de Cor n’étaient que trop fondées. Mais, apres maints petits cancans souterrains, il ne fut plus.
plus longtemps attiré son attention. Ce pauvre Sultan n’a jamais vu ni ne pourra peut-être jamais voir un salon eu ropéen, et nos mœurs sont aussi curieuses pour lui que les mœurs de l’Orient le sont pour nous !
« Une grande question nous préoccupait avant cette pre mière séance. Jamais personne ne s’est assis devant le Sul tan : comment trancher celle difficulté de l’étiquette ?... J’é tais décidé, en attendant, à dessiner debout, mais Sa llau tesse a ordonné qu’on m’apportât une chaise, et a insisté pour me faire asseoir, me priant de demander tout ce qu’il me faudrait.
« A la lin de la séance, il avait déjà fait quelques pas pour sortir, lorsque, apercevant mes dessins qu’il avait épar pillés sur une table, il est revenu les rauger dans leur carton.
« A la seconde séance, ce n’était plus le même homme : il m’avait semblé d’abord préoccupé, pres que timide; ce jour-là il m’a paru plein d’aisance et de naturel.
« J’avais été mandé su bitement au palais, parce qu’il venait de ia mosquée, et avait ses habits de céré monie. Comme je m’exta siais sur la richesse de ce costume... l’en ai un au tre beaucoup plus riche, m’a-t-il dit, il est couvert de diamants; si vous le dé« sirez, je le mettrai. Cepen dant, a-t-il ajouté, des dia mants , c’est bon pour des femmes.
« Comme je lui deman dais quelles observations il avait à faire sur l’arrange ment du porlrail, il m’a
répondu : « Je désire qu’il
soit te plus ressemblant possible ; pour le reste, vous êtes artiste, et je m’en rapporte entièrement a vous. »
« Il y a bien des grands seigneurs et de simples bourgeois qui n’ont pas ce bon sens, et cet instinct des choses d’art.
« A propos de diamants, on a parlé des mines du Brésil. Il y avait là, sur un piédestal, un très-beau glo be terrestre, et le Sultan, dont les études géographi ques ont passionné la jeu
nesse, s’est plu ii suivre
sur le globe les contrées lointaines dont il parlait.
« Au commencement de chaque séance, il s’est in formé de l’ambassadeur de France, de la santé de M“"’ de llourqueney, dans les formes les plus courtoises, et je vous avoue que j’ai été ravi du tact et des maniè res élégantes de Sa llau tesse.
« La conversation dans une des séances ayant pris un tour littéraire,le Sultan a demandé à Cor si l’his- loire de l’empire ottoman de llammer était estimée des littérateurs? Cor a vou lu s’esquiver sur ce terrain délicat, disant courtoise ment qu’elle était naturel lement écrite au point de vue des préjugés d’un chré tien, qui insistait avec exa gération sur ce qu’il croyait blâmable dans l’histoire musulmane.
u Pour cela, Monsieur, a dit le Sultan en l’inter rompant, notre histoire n'a malheureusement que trop d'événements em preints de violence et de barbarie, plus peut-être qu’aucun autre peuple ; mais, je vous la/firme, tant que je porterai le sceptre des sultans, le monde n’aura jamais de pareils actes à me reprocher !
« Ce qui domine tout l’ensemble de celte nature distin guée, c’est une grande bonté jointe à Une line intelligence. Le voyant ainsi causer avec plaisir et chaleur, je me suis
hasardé à lui demander une troisième séance... : « tant
que vous voudrez et aussi lonrjtemps que vous voudrez, »
m’a-t-il répondu ! .
« Deux jours après, c’était la lèlc du Beiram. Vous savez qu’il est de grande étiquette pour le Sultan de porter le manteau fermé jusqu’au cou, et que les mains doivent a peine paraître pour tenir les rênes du cheval, comme si question des entrevues secrètes du drogman de France.
u Le lendemain, un chambellan nous a introduits dans un immense salon, ayant de chaque cùlé une douzaine de croisées donnant sur les jardins du sérail. Il m’était impos sible de trouver au milieu de tous ces jours divergeants un emplacement convenable pour éclairer un portrait, et, sur mes observations, on m’a promené dans une foule d’appar tements, de galeries, toutes selon l’usage turc, dans les mêmes dispositions de lumière, percés de fenêtres de tous les côtés. Je ne savais trop comment je me tirerais d’em barras, quand on m’a introduit dans une pièce formant ro tonde : c’était la bibliothèque du Sultan. Elle était éclairée par deux vastes croisées, à travers lesquelles, au-dessus d’un dôme de verdure, on voyait au loin l’entrée de la mer de Marmara, la tour de Léandre. cl la pointe du Sérail
Le sultan AbduFMeiljid-Khan. — D'après un portrait de M. Doussault. surmontée de ses kiosques et de ses élégants minarets.
« Des rayons chargés de livres aux riches reliures tapis saient ie reste de celte pièce, dans laquelle je pouvais con venablement éclairer mon modèle.
« Après un quart d’heure d’attente, que nous employâ mes à admirer cetle vue toujours nouvelle et toujours mer veilleuse du Bosphore, le Sultan entra, accompagné du seul officier qui nous avait amenés. Il était mis très-simplement, sans la moindre distinction... Après avoir adressé quelques paroles bienveillantes à Cor, il a regardé mes dessins de Valachie et de Syrie, qu’on m’avait fait prier d’apporter. Le salon du colonel Blaremberg, à Bucharest, est ce qui a le
(1rs déjA faites sur les pays musulmans. Cependant le voile tend chaque jour davantage à se soulever; les réformes politiques réagissent avec force sur les mœurs. Pour beau coup de Turcs, pour ceux surtout qui travaillent avec tant d'ardeur il la régénération de leur pays, la polygamie n’est qu'une faculté dont ils ne. veulent pas user, L’homme d’Etat éminent P.eschid-I’aeha, le savant Fuad-Eiïendi, Aali- pnclia, Ibrahim-Pacha et mille autres que je pourrais vous citer n'ont qu’une seule épouse, qu’ils entourent des mêmes attentions que nous autres Occidentaux. La réclusion des femmes n'est plus qu’un vain mot. On les voit circuler dans les rues de Stamboul et môme des quartiers.francs avec au tant de liberté que nos Françaises dans les rues de Paris, ii pied, en voiture, en caïque (bateau), seules on accompa gnées d’une esclave noire, parcourant les bazars, achetant, discutant les prix avec autant de ténacité que nos ménagè res; faisant déployer cinquante pièces d’étoffes pour en acheter quelques pics (mesure du pays); faisant arrêter leur voiture devant le magasin du bijoutier en vogue, du mar chand de riches tissus; s'informant si les dernières carava nes de Perse ou des Indes n’ont pas apporté quelques-unes de. ces étoffes merveilleuses dont l'Orient seul a le secret, et cela tout en promenant leurs regards sur la foule et dar dant leurs prunelles étincelantes et rapides comme
l’élcclri-L’ILLUSTRATION, JOURNAL UNIVERSEL.
cité sur le promeneur oisif qui ale bon goût de ne pas ac corder une attention exclusive aux richesses que renferme le bazar.
Car, il faut le dire, le voile, si rigoureusement porté en Egypte, si opaque en Syrie, déjà un peu plus transparent dans l’Asie Mineure, n’est plus à Constantinople, je ne dirai pas qu’une affaire de forme, un simulacre, mais une des plus grandes ressources de la coquetterie. Quelques ina- tronnes seules, par attachement aux anciens usages, j’aime à le croire, ne se laissent pas aller aux entraînements de la mode; mais les dames turques de la nouvelle école, - les plus ferventes sont, vous n’en doutez pas, les pl us jeunes et les plus belles — ont parfaitement compris tout 1 avantage qui pourrait résulter pour elles d’un tissu blanc le plus lin et le plus transparent possible, couvrant, sans le. cacher, le lias d’une figure généralement du galbe le plus pur et de la fraîcheur la plus éclatante. Quant aux yeux, véritables cscarbouc.les, couronnés de sourcils qui doivent, pour être vrai, à l’art une forme irréprochable, rien ne les dé robe à la vue. Généralement d'une taille, svelte et élégante, elles recouvrent, pour sortir dans la rue, leurs riches costu mes d’un l'érèdjé, espèce de mante A grand collet et A larges manches, de couleurs tendres et variées, dans lequel elles | s’enveloppent comme nous pourrions le faire dans une robe
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de chambre; des petites bottes légères de maroquin jaune, destinées à marcher sur les tapis, par dessus lesquelles elles chaussent des pantoufles de même couleur, où n’entre que le bout du pied ; voilA leur vêlement pour circuler dans les rues et faire leurs visites; vêtement peu com mode pour aller à pied, mais plein de grâces lorsqu’il pose sur les riches étoffes dont l'intérieur des voitures est drapé, et vous me féliciterez de la bonne fortune que j’ai eue, vendredi dernier, de rencontrer, auprès de la mosquée de Top-llana, une partie du harem de Sa Ilautesse, qui se rendait en partie de plaisir aux eaux douces d'Europe. Ces dames, au nombre de vingt-quatre, occupaient six char mantes berlines entièrement A glaces, que la chaleur avait obligé de baisser. Toutes gracieuses, d’une éclatante beauté, enveloppées de férèdjés des plus belles étoffes d Alep ou de Damas, couvertes, selon l’usage, de leur voile arachnéen, et fusillant les passants du feu de leurs regards, cette troupe brillante et animée s’avançait lentement A travers les rues étroites et populeuses du bas de Galata. Un assez grand nombre d’eunuques noirs, montés sur des chevaux riche
ment caparaçonnés, quelques cawas du sultan, leur ser
vaient seuls d’escorlc, semblaient plutôt une garde d’hon neur que de fâcheux surveillants, et s’occupaient beaucoup | plus d’eux-mêmescl de l’elfct qu'ils produisaient que.du char
mant troupeau confié A leur vigilance. Décidément les eu nuques s’en vont, et il y a loin de cette facilité de mœurs à l’époque où l’on publiait dans la ville que, les dames du harem impérial devant passer par telle et telle rue, A une heure désignée,' chaque marchand eût A fermer sa bou tique, la circulation était complètement interdite pendant tout le temps de la promenade, sous peine de... Le bâton des eunuques, et quelquefois 1e satire ou le yatagan, avaient bientôt fait justice, du contrevenant aux ordres de Sa Ilautesse. Nous sommes maintenant ici en plein Bamazan. Cait.mc . . , . „ _ . pendant le jour, carnaval durant la nuit, c’est le moment de l’abstinence et des excès. A l’exception de Para et de Galata, presque exclusivement habitées par les francs, la ville, semble endormie pendant la première partie du jour. Il faut bien prendre du repos pour reprendre des forces après les fatigues de la nuit. Ce n est que vers midi que l’activité commence A renaître; les bazars fermés ou hez.es- teins qui, pendant toute l’année, ne sont livrés A la circula tion que jusqu'au milieu de la journée, ouvrent seulement alors leurs portes. La foule afflue dans les rues; mais les Turcs sont languissants : le jeûne absolu de. toutes choses, même de la fumée de tabac, qu’ils s’imposent et
accomplis-sent avec le plus grand scrupule et la plus grande rigueur, les rend tristes et irascibles. Des tentations bien vives sont offertes à leurs yeux tout le jour. Les boulangers, dans cette époque de. renversement total des habitudes, se livrent A leurs travaux, ordinairement nocturnes, et, par la dispo sition de leurs boutiques, c'est A la face de tous qu’ils exer cent leur industrie. On les voit pétrir, enfourner de char mants. pains en couronne, de la couleur de nos brioches, et qui en ont l’odeur appétissante. De toutes parts, les bou tiques de comestibles étalent aux yeux les mets les plus re cherchés des musulmans, car, par une singulière, anomalie, ce sont les nuits de ce temps de pénitence que les Turcs ont choisi pour leurs festins et se traiter entre eux. Aussi, vienne le coup de canon qui annonce aux fidèles que le so leil vient de. disparaître derrière l’horizon, et la scène change comme par enchantement. A l’abattement succède l’allé gresse la plus vive : en un clin d’œil tontes les pipes sont allumées, cl ce n’est qu’aprôs avoir satisfait A ce premier besoin qu’ils songent A prendre quelque chose de plus res taurant. Partout on ne voit que gens mangeant avec, une avidité bien justifiée par un jeûne de seize heures. F.n un moment, les cafés se remplissent; les maisons s'éclairent à
I giorno; la musique se fait entendre de tous côtés, et
quelle musique ! Au moment où je vous écris, un maudit orgue de Barbarie, venu du département du Cantal ou de Savoie, établi sous ma fenêtre, m’assourdit avec l’air de Drinn Drinn, qu'il joue depuis plus d’une demi-heure, au grand contentement de quelques Turcs, mes voisins, qui ne se. lassent pas d’écouter ses notes mélodieuses. Les impresarios d'ombres chinoises, le grand divertis sement populaire du pays, dressent de toutes parts leurs modestes théâtres; mais cette année verra probablement
baisser leurs recettes : Karn-iîvenssc vient d être interdit
de par l’autorité supérieure! Et ce qu’on pourra offrir en remplacement semblera bien fade en comparaison des scè nes grotesques, pour ne pas dire plus, représentées jusqu A ce jour par le Polichinelle musulman.
Peu A peu le crépuscule a fait place A la nuit: la lune* règne au ciel sans partage, baignant de sa douce lumière l’immense, agglomération de mosquées, de palais, de fours, de maisons, (le cyprès, que l’on nomme Constantinople,
ce lle ville assise sur deux continents, et dont les faubourgs-
s'étendent sur les deux rives du Bosphore, présentant un développement de plus de cinq lieues de palais ou de ravis sants cottages perdus au milieu de touffes d’arbres plu sieurs fois séculaires. Un point brillant, bientôt suivi de
, cest-a-aire in mort, s'arrêta ue- amlidja. Là expirait, six jours après son année à .Néz.ib, !e sultan Ylah- : d’ûn mal que les médecins avaient rnorance, soit politique mensonge, ii.se, mais que le docteur Millingen, on, reconnut sans peine pour être suite frequente et terme fatal des cdoliques. Le padiscliah avait vécu I en avait régné trente et un. lé à ; et rône t et dé- le le d’af- née. celle e sa et la éraii jus— e sa t dix I re- ma- : de leux nen-: Ha- veau pre- nou- zne
iiemet-;xii. iieureitseinenl, la nussie nejugea pas alors pru dent ou expédient de se prévaloir de son protectorat exclu sif; l'Europe intervint, et la diplomatie embrouilla si bien les choses, qu’tbrahim ne put poursuivre les avantages de sa victoire signalée, et que l’Empire respira.
Si alarmante qu’elle fût, cette situation n’empêcha pas le jeune padischah de se déclarer, dès le premier jour, par tisan et continuateur résolu de la réforme voulue par le destructeur des janissaires. Devant une dernière révolte de ceux-ci, Mahmoud avait dû se résoudre, pour sa sûreté
eux epo- core % et sires t le î re gens ver- vite >gir. le la loste dant î de irat. ou- orlit dans aux, ilieu upes • son Ha- ibar- pa- dre, pou, ; ses nage >, et dans ar la 3 ,et irtil- eries for- « Sa igni- sul- onté aille bon- En riait stan- vire t vie , la lue : le le
t écarté comme funeste. — Ce e il et marquer dans les annales du igiirait sous de lugubres auspices, t Constantinople la défaite et la dis- ee de Hafiz, et la prise du camp de eriel de guerre de l’armée détruite, es Lgjptiens, tout prêts à passer le ?u.rymt '"1 nouveile de la défec- née à Alexandrie et livrée au pacha e'? I;Pa,haLe.nnem.i j'Té de Eli os
-Le sultan Ahdul-Mcdjid.
personnelle, à faire étrangler Mustapha-Khan, son frère. Mohammed lit, en un seul jour, avait fait mettre à mort les neuf siens. \bdiil-Medjiil secoua le joug de celle pru dence barbare, en laissant la vie et toute liberté à son frère puîné Abdul-Aziz, jeune homme volontaire, aux ins tincts violents. Lorsqu’il se rendit à la mosquée d’Eyoub, pour y ceindre, selon l’usage solennel, le sabre d’Othman,
signe du pouvoir, dans la cérémonie antique dite le Taklidi-
xeif, une grosse question s’éleva sur le point de savoir si le padischah paraîtrait dans l’enceinte sacrée, coill’é du
du vieux Miosrew, qui ait au cüet ües ulémas : « l'ar Dieu et son prophète, vous serez présent au sacre de Sa Ilau- tesse avec te fez, ou je vous fais décapiter dès cette nuit ! » Les choses eurent lieu selon ce programme. Comme fiche d’indemnité, les docteurs de la loi eurent la permission de se montrer au cortège dans le costume ancien, et d’étaler au grand jour leurs volumineux turbans blancs, parés de bandelettes d’or. Comme autre gage de son attachement à la foi, le Sultan avait fait verser avec éclat dans le Bosphore quelques milliers de bouteilles de vio ou de liqueurs intro
duits en fraude au séraï, sous le précédent règne, par le chef des eunuques, et avait donné ordre de faire disparaître quelques figures sculptées des pendules de son palais. Mais il parut à Eyoub vêtu du pantalon et de la lunique franques, sous lemanteau impérial, etcoiffé du fez, que surmontait l’ai grette de héron fixée au sommet de la tète par une attache en diamants. Son ap parition excita moins d’en thousiasme que de sympa thie inquiète. Il était mince, pâle, élancé, de structure et de complexion délicates, et chacun se demandait, en le voyant, comment ce frêle enfant supporterait le poids si lourd jeté sans prépara tion sur ses jeunes épau les. On ne salue point le Sultan. Comme on ne lui trouvait point l’air assez mâle, d’assez rares accla mations se firent entendre, et les femmes seules, qu’in téressaient son air de dou ceur et sa grande jeunesse, mirent quelque ferveur à proférer sur son passage leur Mach Allah padischah ! souhait qui équivaut assez
exactement au Godsavethe
king I britannique. A quatre mois de là (3 no vembre), le jeune sultan donnaità l’empire ce fameux hatti-chérif qu’on a juste ment surnommé la charte des droits ottomans. La lec ture en fut faite solennelle ment devant les dignitaires de toutes classes et des dé putations nombreuses, dans l’intérieur du serai, et dans une grande plaine attenant au kiosquede(îul-Khané(pa- villon 'des Itoses). Le prince de Joinville et son état-ma jor assistaient à cette lecture mémorable, à laquelle il fut procédé d’une voix vibrante par lteschid-Paclia, depuis peu revenu de ses ambas sades d’Europe et nommé reis-effendi.
Ecrite d’un style simple et noble, cette déclaration rappelait d’assez près le préambule de notre consti tution de 1789. Elle annon çait tout un ensemble d’ins titutions et de lois devant principalement porter sur trois points; « 1" Les garan ties qui assurent aux sujets
une parfaite sécurité quant
à leur vie, leur honneur et leur fortune; 2" un mode régulier d’asseoir et de pré lever les impôts; 3''un mode
, également régulier pour la
levée.des soldats et la durée de> leur service. »
Cet acte glorieux a soulevé, entre autres amères critiques qu’il ne vaut même pas la peine de réfuter, l’accusation de n’être qu’un fastueux programme.. I.es actes d’ Vbdut-Med- jid ont répondu à ce reproche. Sans doute, on n’improvise point la civilisation au milieu d’un peuple si varié de races, et hier encore barbqre." Mais tout ce qui était humaine ment possible a été'-fait pour remplir les espérances don nées par le hatti-chérif. Le progrès déjà accompli est im mense, et, pour n’en citer qu’un exemple, on voit ces mê mes soldats qu’lbrabim, il y a quinze ans, chassait devant
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dance de Constantinople,» les deux principautés de Moldavie
et de Valachie, ces belles et infatigables nourrices, ont au
jourd’hui leur principal port, la première à Ibraïla, la se conde à Galacz. Les immenses arrivages de blé de l’inté rieur des deux provinces jouent là un tel rôle, dans les années de disette, qu’en présence de la question de Sou- linah ou de celle de l’embargo mis, il y a un an, sur les
t Da-’ dans s an-
:ésor-La Princesse Marie Bibesko.
l’autre, sont séparés par une importante rivière qu’on ap pelle le Sereth. C’est par ce grand cours d’eau que des cendent des forêts de la haute Moldavie tous les bois de construction qui approvisionnent depuis des siècles les arse naux de Constantinople. Malgré la manière dont les Russes, par leurs envahissements successifs, cherchent à se substituer partout au Sultan sur les rivages de
la mer Noire, cette mer est encore assez turque
pour que d’immenses radeaux, formés de pièces de mûtures, et confiées tout simplement à ses flots
et à ses courants, sous la seule sauvegarde d'un
pavillon rouge, avec un croissant, arrivent tou jours sains et saufs jusque sur les côtes de Sinope, de Sizeboli, de Bourgas, ou même jusque dans le port de Constantinople.
LES ÉGLISES CATHOLIQUES EM MOLDO-VALACHIE.
La France, d’après le texte des premières capi tulations de François Ier, capitulations renouvelée» par Henri IV, Louis XIV Pt Louis XV, protège le catholicisme dans tous les États du grand-seigneur. Il y aurait alors d’autant plus de raisons de penser que sa protection doit s’étendre aussi aux églises de Moldo-Valachie, qui appartiennent à ce rit, que c’est précisément une princesse catholique, épouse
du premier prince de Valachie Negru Raduvoda
(Itodolphe-le-Noir) , descendant elle-même des Bourbons de Hongrie, qui fonda dans les Crapacks l’unique chapelle pendant longtemps vouée au culte pour lequel ses ancêtres avaient porté si loin en
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İstanbul Şehir Üniversitesi Kütüphanesi Taha Toros Arşivi