C o p y ri g h t V iz o
ELLE-Vie Culturelle dirigé par Jean Monteaux
DANSE
4 pays (ont Paris capitale du b allet
par Mireille Lenoa
• Des Turcs, des Canadiens, un Américain et des Soviétiques offrent
un panorama de tous les styles chorégraphiques.
P ou r d ev e n ir derv iche . m ille et un jours et n u its de p riè re , danse et m usique d an s un lieu sain t
Ja m a is P aris n 'a u ra ap p lau d i ta n t de ballets aussi d iv ers : des derviches to u rn e u rs v enus d 'A n k a ra et d 'Is ta n bul a u x solistes d u th é â tre Bolchoï venus de Moscou, le p a n o ra m a couvre à peu près tous les aspects de la danse.
Les T urcs ! style religieux. Les d erviches to u rn e n t s u r la scène du T h é â tre de la V ille d a n s u n spec tacle-cérém onie q u 'en T u rq u ie ils d o n nent, en général, d an s la rue. Leur
g rou p e com p ren d 11 d a n se u rs et 19 m usiciens. Les prem iers, selon un r i tuel étab li voilà 695 ans, p o rten t, s u r de longues et am ples robes blanches, de g ra n d s m an tea u x noirs ; ap rès un salut, ils se d éfo n t des m an tea u x puis, p a r m u ltip les de trois, com m encent à to u rn e r a u son des ñ u te s et des ta m b o u rs ; ensuite, la m ain d ro ite levée vers le ciel et la g auche d ésig n an t le peuple — en l’occuironoe les sp ec ta te u rs — ils étab lissen t la com m unica
tion avec Dieu. La cérém onie s ’achève s u r une lectu re d u C oran, faite p a r le chef et le soixante-cinquièm e descen d a n t de M elâna C elaleddin Rumi, poète m ystique du XIII” siècle et fils du su lta n Veled q u i a v a it fondé la secte M evlevi à laquelle a p p a rtien n en t les derviches.
Les C anad iens : style néo-classique. A près l’asp ect religieux de la dan se p résen té p a r les derviches, le Ballet
royal de W in n ipeg (C a n a d a ) en offre, au T h éâ tre de la Ville aussi, l ’aspect néo-classique. Les deux p rin cip a u x ch o rég rap h es de la com pagnie, B rian M ac D onald et Todd Bolender, re fu sen t le style académ iqu e d u * Lac des cygnes » — p a r exem ple — m ais u ti lisent, en l'a d a p ta n t, le lan g ag e clas sique de P etipa et B alanchine. Ils te n d e n t ainsi à fa ire de la d an se u n véhi cule de l'expression co n tem p orain e accessible à tous.
Leur ré p erto ire p arisien com prend douze ballets d an sés aussi bien s u r
S u r m u sique légère de G ershw in.
Jean -S éb astien Bach (« Aim ez-vous Bach ? ») q ue s u r G ershw in (« En a v a n t la m u sique » ). Deux dou zain es de d a n se u rs et solistes com posent a u jo u r d ’h u i le b allet né en 1938 à W innipeg, ville re tiré e d u C a n a d a b rita n n iq u e où l’Eglise, to u te-p u issan te d a n s le C a n a d a fran ça is et opposée aux spec tacles de danse, n ’exerçait p as d ’in fluence restrictive. Q uinze an s p lu s tard, d e v a n t le succès ob ten u p a r la tro u p e de W inn ip eg d an s u n e d izaine de pays, Londres lui a donné, p o u r la prem ière fois d an s to u t le C om m on w ealth, l’appellation « royal ».
L’A m éricain : style in d ép en d an t. Jo seph Russillo, A m éricain, 34 ans, ch o rég rap h e de la com pagnie A nne B éran g er qui p ré sen te au T h éâtre N a
tional P o pulaire u n spectacle in titu lé « A tm osphères », a dan sé d an s « W est Side S to ry » et a fait p artie d u T eatro S tab ile d e T urin. P arisien depuis deux ans, il vien t de c réer deux ballets, « M om ente », su r une m u sique de S to ck h au sen et * La C o u r se » s u r u n e m usiq ue de M ichel R â teau, avec une conception c h o ré g ra p h iq u e p artic u lière ; il considère la li berté d e m ouvem ents com m e p rim o r diale — c ’é ta it aussi la position d ’Isa- d o ra D uncan — rech erch e le n atu re l, se soucie de l’expression d ra m a tiq u e . Il s’in q u iète aussi de la psychologie des in te rp rè te s ; les problèm es, in q u ié tudes, joies et peines des d a n se u rs et dan seuses in flu a n t s u r le u r sensibi lité, il les étu d ie et les exploite p o u r d o n n er à ses sujets l’occasion d ’une p artic ip a tio n totale aux œ uvres.
Tà-Sur sons électro n iqu es de S tock hausen
che délicate p o u r ce rtain s ; M ireille N ègre, p a r exemple, qui rev ie n t à la dan se ap rès trois an s de m éditation d a n s u n carm el.
Les Soviétiques : style super-classique.
C in q u an te g arço n s et filles de 17 et 18 an s vont affirm er, au th é â tre des C ham ps-Elysées, le p e n c h a n t soviéti q u e p o u r le classicism e p u r. Ils a p p a r tien n en t tous aux classes term in ales de l’école c h o rég ra p h iq u e d u Bolchoï. D ébu tan ts à Paris, ils sont d éjà c o n n us en U.R.S.S. : à p a r tir de 14 ou 15 ans, les élèves p ré se n te n t u n sp e c ta cle m ensuel a u th é â tre Bolchoï.
Côté ballet, le u r p ro g ram m e a d e quoi ra v ir les te n a n ts d e l’école classique : le second acte du « Lac des cygnes » et la « Sym phonie classique » de P ro kofiev. Côté solistes, le d iv ertissem en t de la seconde p a rtie offre tou te g a ra n tie de v irtu o sité au x a m a te u rs de pas et fig ures : les jeunes qui, dem ain, sero n t les étoiles, ex écu tero n t les plus célèbres — et les p lu s difficiles — pas de deux et v aria tio n s d u rép erto ire. P arm i eux, deux couples de jeunes a î nés sont consid érés d éjà à M oscou com m e des v aleu rs sû res : M a rg a rita D rozdova et Iouri G rigoriev, M arina
S u r a irs ro m an tiq u es de Prokofiev
Leonova e t A lex andre B ogatirev qui ont déjà d an sé à P aris en 1968. Le choix est v aste e n tre ces q u a tre styles. M ais la co m p araiso n est encore plus passionn an te. Ne la m anqu ez
Pas. M. L. •
s u ite p a g e 12
Istanbul Şehir Üniversitesi Kütüphanesi Taha Toras Arşivi