D) TEHDĐT SUÇUNUN BENZER SUÇLARDAN FARKLARI
3. Yağma Suçu Đle Farkları
La philosophie de la logique peut prendre trois formes distinctes: l’atomisme sémantique, le molécularisme et le holisme sémantique66. Ces trois approches s’opposent sur la question de l’unité sémantique de base, unité qui permet de composer des touts, c’est-à-dire des phrases, des preuves, ou des contextes, par composition de ces unités. Pour l’atomisme, l’unité fondamentale est celle du mot qui possède une signification isolée, en tant qu’il désigne une signification extralinguistique comme un fait ou une valeur de vérité, par exemple. Frege, Russell et le premier Wittgenstein, sont des atomistes sémantiques.
Dans le molécularisme, l’unité de base est la proposition, de manière que le langage réponde à des contraintes sémantiques explicites ; par ailleurs, les phrases sont récursives et ne dépendent pas pour leur signification d’une unité sémantique supérieure à elles. Le molécularisme représente une forme faible de holisme. Dummett est un ardent défenseur du molécularisme sémantique.
Le holisme sémantique consiste quant à lui à affirmer que la phrase ne peut constituer l’unité de base de la sémantique, parce qu’elle ne peut être individuée sans faire appel à d’autres notions, comme celles de croyance et d’action notamment. Le holisme postule que le langage représente une structure, une forme, au sens de Saussure, et non une substance. De ce point de vue, un fragment de langage n’est pas un langage authentique (ou légitime). Dans le holisme, une structure forme un tout qui peut être analysé en parties, mais cette structure préexiste à ces partitions. S’il est certes possible d’apprendre une partie d’un langage, une partie de langage ne peut cependant exister indépendamment du langage considéré comme un tout.
Les principaux tenants du holisme sont W.V.O. Quine, D. Davidson et R. Brandom. Mais ni Davidson ni Brandom ne défendent un holisme aussi fort que celui de Quine. Nous le verrons plus loin67. L’atomisme, le molécularisme, et le holisme faible sont censés rendre compte de la récursivité du langage à l’aide d’un principe assez évident, la compositionnalité, qui stipule que le sens d’une expression
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Voir : M. Seymour « La Philosophie de la Logique », in Précis de philosophie analytique, éd. du Seuil, sous la direction de P. Engel, Paris, 2001, pp. 119-140.
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Au sens strict, seul Quine admet un holisme constitutif dans lequel la proposition n’est pas la catégorie de base de la sémantique. Pour Quine, c’est un langage compris comme tout qui fait sens, et non une proposition isolée. Brandom défend un holisme plus modeste dans lequel la proposition joue un rôle sémantique majeur, même si, en effet, elle ne fait sens que dans un réseau inférentiel. Cependant, Brandom ne remet pas en cause le principe de compositionnalité et se distingue nettement de Quine sur la portée qu’il convient de donner au holisme. Le cas de Davidson est plus ambigu, nous le verrons.
complexe est déterminé par le sens de ses constituants, et uniquement par eux (PCM). Autrement dit : une fois fixé le sens des parties du discours, et les règles de composition de ces parties données, le sens du tout est parfaitement déterminé. Cependant, le holisme fort remet en cause la pertinence du principe de compositionnalité, nous y reviendrons.
Si le principe de compositionnalité (PCM) représente une présupposition de la plupart des sémantiques actuelles, son statut reste cependant problématique. Premièrement, son évidence paraît telle qu’il semble trivial. Certains auteurs ont d’ailleurs cherché à démontrer sa trivialité en montrant sa vacuité68. Deuxièmement, son statut n’est pas clair : est-il empirique ou normatif ? Des débats sont en cours à ce sujet et nous ne pourrons pas les trancher. Pour de plus amples informations nous renvoyons le lecteur à une anthologie récente qui est entièrement consacrée au statut de ce principe et à ses applications empiriques (sémantique et linguistique, cognitivisme)69. Cependant, nous estimons que ce principe n’est pas trivial, mais représente au contraire une norme indispensable à la sémantique. En effet, comme le souligne Dummett, nous ne comprenons les propositions d’un langage qu’à la condition de comprendre les mots dont elles sont composées et la manière dont ces mots sont agencés pour produire ces propositions (PCM)70. Frege insiste lui aussi fort justement sur la validité du PCM71:
Les ressources du langage ne laissent pas d’étonner. Avec un petit nombre de syllabes, il exprime un nombre indéfini de pensées. Qu’un citoyen de ce monde vienne à former pour la première fois une pensée, le langage lui trouve un vêtement sous lequel un autre homme, pour qui cette pensée est totalement nouvelle la reconnaîtra. La chose serait impossible si on ne discernait des parties dans la pensée, auxquelles correspondent des membres de la proposition, en sorte que la structure de la proposition peut jouer comme une image de la structure de la pensée. A la vérité, il y a une métaphore quand on transpose à la pensée le rapport de la partie au tout. Mais la métaphore est si exacte et tombe si juste dans l’ensemble, que les discordances éventuelles ne créent pas de gêne. Nous sommes d’accord avec Frege et Dummett pour accepter la validité du PCM. Par ailleurs, Frege et Dummet admettent la validité du principe de contextualité (PC) selon lequel le sens d’une expression sous-propositionnelle est équivalent à sa contribution aux conditions de vérité des énoncés dans lesquels elle apparaît. Les deux principes semblent indissociables en effet, comme nous l’avons souligné dans notre introduction générale. Mais sont-ils compatibles pour autant ? Et à quelles conditions ?
Cette question est importante, car il convient de disposer d’une théorie compositionnelle et contextuelle si l’on entend résoudre de manière convaincante et non artificielle le problème des « donkey sentences ». Pour connaître les conditions exactes d’une telle théorie, nous allons donc reprendre la question de la compatibilité du PC et du PCM dans l’atomisme sémantique, puis dans le molécularisme de Dummett et, enfin, dans une forme de holisme faible.
68
P. Horwich, Meaning, Clarendon Press, Oxford, 1998.
69
M. Werning, E. Machery, G. Schurz (Eds.), The Compositionality of Meaning and Content, Volume I and II, Ontos Verlag, 2005.
70
M. Dummett, Thought and Reality, Clarendon Press, OUP, 2006, p .40.
71
G. Frege, « La composition des pensées », in Ecrits logiques et philosophiques, trad. C. Imbert, Seuil, Paris, 1971, p. 214.