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Cela nous amène donc à une valeur que nous pouvons déterminer lors de toute étude faunique : le nombre de restes (NR) et le nombre de restes déterminés (NRd) qui résultent du décompte de chaque fragment osseux (Poplin, 1976a et b), aussi appelé NISP (Number of identifiable fragment of bones of each species) (Davis, 1987). Le NR sera donc obtenu après détermination par addition du NRd de chaque taxon auquel s’ajoute le nombre de restes indéterminés (NRindet). Le NR peut ensuite être donné de façon plus précise par taxon, par partie de squelette, par état de l’os (brûlé, non brûlé par exemple), etc. Il permet alors de

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donner un état de la collection pour chaque caractéristique souhaitée et permet aisément les comparaisons quantitatives. Cependant, même si la méthode d’obtention du NR parait très simple puisque très bien définie, il reste néanmoins difficile à compter (Poplin 1976a), car plusieurs méthodes peuvent être employées.

La méthode la plus simple serait de compter tous les fragments de la collection sans tenir compte des recollages (un os fracturé en plusieurs fragments recollés) et des assemblages entre les épiphyses et le reste de l’os (notamment dans le cas d’os de jeunes individus dont l’épiphyse n’est pas encore soudée). Cela permettrait d’avoir un aperçu global sur la collection et sur la fragmentation. Mais le défaut de cette méthode, c’est que des éléments squelettiques d’un même individu risqueront d’être comptés plusieurs fois, et donc de gonfler le NR de façon artificielle. Il sera alors difficile de faire des comparaisons entre taxons à partir de ce NR, car pour des raisons taphonomiques ou anthropiques (Cf. partie 4) engendrant une conservation différentielle, certaines espèces verront leurs os plus fracturés que d’autres (par exemple, un seul os long de mouton fracturé en 3 morceaux de diaphyses plus les 2 épiphyses donnera un NRd de 5 pour cette espèce, alors qu’un tibia et un fémur de bœuf ne donneront qu’un NRd de 2). Il en est de même si l’on utilise le NR pour comparer les proportions de différentes parties anatomiques. Par exemple la scapula se fragmente plus qu’une diaphyse de fémur, ainsi une scapula fragmentée en 10 donnera un NR de 10 contre 1 pour une diaphyse de fémur entière, engendrant possiblement de grandes différences de NR entre les parties de squelette pour une quantité d’os semblable.

Le NR pourra donc être obtenu après recollage et assemblage, mais cela ne permettra pas de rendre compte de la fragmentation réelle, et il faudra alors approfondir avec d’autres données sur la fragmentation (Chaix et Méniel, 2001). La question des ensembles anatomiques attestés en connexion lors de la fouille pose aussi des problèmes de comptabilisation. En effet, il est possible de compter le tout, qui peut parfois être composé de dizaines d’os, comme un seul reste, ou alors d’en faire le décompte. Si l’on en fait le décompte, cela donnera un NR exhaustif, si nous utilisons le terme de « reste » dans le sens où le définit Poplin, comme tout vestige osseux, entier ou non, belle pièce ou esquille (Poplin, 1976a). Mais, cela peut avoir certaines limites d’en faire le décompte, comme le montre Chaix et Méniel (2001) avec l’exemple des dépôts de quartiers de viande, un grill de côtes peut

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représenter une dizaine d’ossements et un jambon en représentera au mieux 3 ou 4, alors qu’en termes de consommation les deux sont considérés comme un seul morceau. Le problème se pose aussi par exemple pour l’activité de pelleterie qui peut produire des dépôts de bas de patte, queue, tête et cou en connexion (Yvinec, 1987, cité dans Debord, 1993) représentant alors une très grande quantité d’os même pour un nombre d’individus très faible, notamment en comparaison de restes de consommation. La question de la méthode de comptage du NR se pose alors. Dans notre étude, même dans le cas d’ensembles en connexion anatomique, tous les os seront décomptés afin de rendre compte au mieux de l’assemblage, les commentaires sur le NR serviront à tempérer les résultats.

Le NR présente certains avantages une fois sa méthode de comptage établie : il est facile à obtenir, il est objectif et facile à appréhender, il permet de faire des analyses statistiques, de plus c’est la méthode de comptage la plus généralement utilisée, ce qui permet de faire des comparaisons (Blaise, 2009). Cependant pour que la comparaison soit juste, encore faut-il que les différents auteurs emploient les mêmes techniques de comptage. Il est aussi et surtout fractionnable et additionnable, ce qui permet de calculer des NR en fonction des US, des structures, des années de fouille, … puis de les additionner pour obtenir un NR qui englobe plusieurs de ces critères. Cependant, le NR présente certaines limites que nous avons déjà entrevues. En fonction de la méthode de comptage choisie, certaines informations seront biaisées. De plus, certains taxons possèdent plus d’os que d’autres, ce qui induit la probabilité que leur NR soit plus élevé, et il en est de même avec la conservation différentielle, qui n’est donc pas la même en fonction des taxons et des os (Blaise, 2009 ; Poplin, 1976a). C’est pour cela que le NR aura besoin d’être complété par d’autres modes de comptages et d’autres informations.

Pour notre étude, le décompte du NR se fera après un recollage total afin de pouvoir faire des comparaisons inter-taxons. Afin de rendre compte de l’état de fragmentation, nous mentionnerons lors de la description des restes osseux l’état de fragmentation. De plus, la fouille du site étant récente, et les données bien enregistrées, pour les os fragmentés sur place identifiés à la fouille comme un seul os, et dont les fragments ont été prélevés et isolés, même lorsque nous n’arrivons pas à procéder à tous les recollages, le tout sera compté comme un reste.

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Dans le cas d’ensembles d’os, attestés en connexion anatomique lors de la fouille, chaque os sera compté individuellement. Le NR total avant recollage donnant simplement un état quantitatif de la collection sans réel apport pour l’étude ne sera pas calculé.