H. 121 cm ; L. 40 cm ; P. 30 cm
Classé au titre des monuments historiques
(5 décembre 1908)
Restauré en 2006 par Clara Stagni mise en sécurité et traitement de la couche picturale
Budget : 3 668 €
Vierge à l’Enfant.
Eglise Saint-Leu de Sens de Marcilly-le-Hailler (Aube) © P. Stritt
aube marCilly-le-hailler eglise saint-leu de sens
polychromie complète recouvrant l’ensemble de la sculpture. Elle a été réalisée avec soin sur une préparation appliquée sur la polychromie originale. La robe comportait un décor de motifs losangés réa- lisés à la feuille d’or et au pinceau. Le manteau de la Vierge était rouge et les bordures dorées. Le premier surpeint est une intervention locale qui concerne le manteau et le surcot de la Vierge repeints en bleu et rouge. Enfin, le second surpeint s’étend à l’ensemble de la sculpture. Il a été appliqué directe- ment sur la polychromie sous-jacente, sans couche de préparation. Les carrés de feuilles d’or vernies reprennent le motif de losange présent sur la robe de la polychromie précédente. L’exécution grossière de ce surpeint permet de penser qu’il s’agit d’une intervention relativement récente.
Cette restauration a rétabli la stabilité de la sculpture par l’élimination partielle de la semelle de plâtre existante et par la mise en place de plots de soutien ponctuels. Le traitement de la couche picturale a permis d’améliorer la conservation et la présentation de l’œuvre.
Marie est représentée de face. Sa longue cheve- lure ondulée descend sur ses épaules. Elle incline légèrement la tête vers sa gauche et son regard se porte vers le bas. Un long manteau, fermé par deux cordelettes nouées, repose sur ses épaules. Au-des- sous, elle porte un surcot, dont les manches sont resserrées aux poignets par des manchettes, et qui surmonte une robe blanche. L’enfant est représenté nu, de profil et tient un bouquet de fleurs dans ses mains.
Le matériau du support plâtre était sain. L’ar- mature en bois avait subi une attaque d’insectes xylophages. Elle se trouvait localement vermoulue et pulvérulente. Les principales faiblesses concer- naient la stabilité de l’objet : la base avait été sciée localement et la semelle de plâtre de la base était cassée. Son aspect de surface était également altéré par des épaufrures. Les polychromies étaient dans un état satisfaisant malgré quelques soulèvements par endroits. On remarquait également que le man- teau présentait de nombreuses lacunes ainsi qu’un réseau de micro-fissures sur le dernier repeint. La statue a d’abord été dépoussiérée. La couche picturale a été refixée et nettoyée. Les lacunes de polychromie ont ensuite été remises à niveau, essen- tiellement sur le manteau, par l’application d’un mastic qui a été isolé. Des retouches ont été appor- tées sur ces parties afin de les réintégrer visuel- lement. Les lacunes laissant apparaître la couche picturale sous-jacente ne perturbant pas la lisibilité n’ont pas été refermées. Enfin une cire de protection a été appliquée sur l’ensemble de la surface. La terrasse a été reprise en ragréant les parties lacu- naires. La partie pulvérulente de l’armature en bois a été partiellement purgée. D’autre part, la sculpture a été mise en sécurité. En effet, un goujon plein s’adaptant dans une fourrure a été scellé dans le socle pour bloquer l’œuvre tout en permettant sa dépose si cela est nécessaire.
L’étude stratigraphique a révélé l’existence de trois interventions colorées. La polychromie ori- ginale est très lacunaire et repose sur une couche de bouche-pores très fine. Certaines parties sont partiellement dorées comme l’attribut végétal de l’Enfant, par exemple. Le manteau de la Vierge était bleu, les carnations rosées, ses cheveux et ceux de l’Enfant noirs. La seconde couche est une nouvelle
aube
mesnil-lettre
Église saint-pierre-ès-liens
Saint-Pierre en
costume de Pape
sculpture1
èremoitié du XVI
esiècle
pierre calcaire polychrome et repeinte H. 130 cm ; L. 57 cm ; P. 44 cmClassé au titre des monuments historiques (18 février 1908)
Restauré en 2009 par Florence Godinot traitement de la couche picturale, soclage et mise en sécurité
Budget : 10 388 €
L
e saint est représenté barbu, tenant un livre sur ses genoux. Il arbore toute la paramentique pa- pale : la tiare (tête), le manipule (bras gauche), le pallium (cou). Sa chasuble est ornée d’un brocart au centre et sur toute la longueur. On peut voir une étole dépasser de l’aube en partie inférieure. On remarque une pièce de tissu carrée et brodée, posée au bas de sa robe. Saint-Pierre est assis dans un siège curule, rappe- lant que le pape est le chef de l’Église catholique romaine.Le matériau présentait des lacunes, en particulier la clef (main dextre) et la partie haute de la tiare. Quelques épau- frures étaient également visibles sur la bordure de la terrasse. La surface, quant à elle, souffrait d’un fort empoussièrement et encrassement, en particulier dus aux fientes. Les repeints avaient tendance à s’écailler et la polychromie montrait des traces noires par endroits (brûlures de cierges). Par ailleurs, la statue était posée sur un pilastre étroit faisant ainsi surplomber une partie de la terrasse.
La restauration s’est déroulée in situ après la dépose de l’œuvre. Dans un premier temps, la surface a été dépoussiérée, la polychromie refixée et nettoyée. Quelques retouches ont été apportées sur les repeints et sur la pierre. Ensuite, une couche de protection a été appliquée sur l’ensemble de la sculpture. Pour améliorer la présentation de l’œuvre, un nouveau socle a été réalisé et positionné devant le pilier nord, à l’entrée du chœur.
L’étude de la polychromie montre l’existence d’une polychromie originale recouverte par de nombreux repeints. L’étude stratigraphique a permis de se rendre compte de la qualité du travail accompli par le sculpteur : le visage a des traits biens spécifiques et la polychromie apparente durcit un peu le regard et l’expression. Lors de la dépose, un signe « K » de grande taille a été repéré au-dessous de l’œuvre, la marque du tailleur.
Saint-Pierre en costume de Pape. Église Saint-Pierre-ès-Liens de Mesnil-Lettre (Aube) © P. Stritt
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