3.3. Gereç ve Yöntem
3.4.3. Hasta ve Kontrollerin Kan Glukozu ve İnsülin ile İlişkili Parametreleri
Toute l’enquête converge vers un même but : mettre en parallèle les besoins des pauvres, le minimum dont ils doivent pouvoir disposer pour survivre, et leurs ressources. Dans cette configuration, la détermination du « moins qu’il leur faille (…) pour vivre sans s’affautir », du minimum vital, joue donc un rôle central.
Donner le prix de plusieurs biens est une opération aisée, et, avec plus ou moins de précision, tous les correspondants ont répondu. Il leur est par contre beaucoup plus difficile de déterminer de quelle quantité de nourriture ou de bois, de combien de vêtements un pauvre a besoin par année. Certains esquivent complètement la question :
« quand à ce qu'il faut en argent pour vivre il est difficile d'y répondre sa dépent de l'infirmité » (Fontaines) ; « Il n'est [pas] possible que nous apprécions ce qu'il leur faudroit pour vivre de la manière qu'on demande » (Peseux) ; « On peut d'après ce que je viens de dire, établir à peu près ce qu'il faut en argent à un pauvre pour sa subsistance journalière » (Fenin).
Dans la majorité des cas, néanmoins, un chiffre est avancé. Les estimations varient considérablement, en particulier parce qu’elles ne visent pas toutes la même réalité : des estimations de la somme nécessaire à la nourriture d’un pauvre ou à son entretien complet (habits, logement) côtoient des évaluations de ce qu’il faut à une famille entière pour se nourrir ou « pour pourvoir à leurs besoins essentiels » (Cortaillod). La part de ces facteurs faite, les différences demeurent néanmoins importantes.
L
A NOURRITUREPour la somme nécessaire à la nourriture d’une personne pour une année (tabl. n° 7), les estimations varient entre 91.5 £ et 168 £. Le pasteur de Bevaix, certes, arrive, en estimant « le moins qu’il leur faille pour se nourrir », à des sommes de 182 et 310 £ par année, mais il s’agit d’une erreur manifeste, sur laquelle il conviendra de revenir ultérieurement. Le chiffre de 218.8 £ avancé par le pasteur de Lignières, de la même façon, peut être écarté, dans la mesure où il s’agit du prix d’une mise en pension incluant le gîte et une nourriture comprenant de la viande :
« quand nos plus pauvres manœuvres qui n'ont pas de ménage se mettent en pension chez des paysans, ceux-ci, pour se tirer d'affaire sans perdre avec eux, leur demandent un gros écu par semaine. Encore ne prendrait-on pas volontiers à ce prix un homme tout seul. S'il y a quelques piécettes à gagner par individu avec de tels pensionnaires, ce n'est que par le nombre qu'on peut être payé de ses peines. [Mais il s’agit de] pensions où l'on a (…) de la viande le dimanche et quelquefois encore le jeudy à midy. »
Sans ces deux cas, la moyenne est de 128.9 £ : il faudrait donc « à une personne en argent pour vivre en achetant tout » au moins 25 bz par semaine pour la nourriture seulement. Proposant un chiffre légèrement supérieur (31½ bz), le pasteur de Lignières estime qu’une somme de 21¼ bz est insuffisante, en arguant de l’exemple de son domestique :
« il s'apauvrirait et ne pourrait point faire son travail s'il était nourri de cette manière ; et quand je voudrais le nourrir sans viande, sans beurre, sans vin etc., seulement comme se nourrissent les plus pauvres, je pense qu'il me coûterait au moins £ 3.3 par semaine. »
TABLEAU N° 7 : LE MINIMUM VITAL À NEUCHÂTEL EN 1802/3 (EN £ PAR ANNÉE) : NOURRITURE59
St-Aubin «le moins qu'il faille journellement à chaque individu» : 2½ bz 91.5 £ Les Ponts Un pauvre adulte, nourriture, 19½ bz/sem. 101.8 £ Coffrane «Une personne adulte» : «l’entretien» 100.16 £ La Sagne «Pour vivre», «sans comprendre l’habillement» 100.16 £ Les Brenets «Un pauvre adulte», «pour la nourriture» 100.16 £ St-Martin «Pour l’entretien de la vie» - Enfants (2 gros écus/mois) 100.16 £ - Adulte (3 gros écus/mois) 151.4
Couvet 3-4 bz/jour 109.10-146 £
La Chx-du-Milieu «Un individu», «alimentation» : 25 bz/sem. 130 £ Savagnier «À une personne en argent», «pour vivre en achetant tout» 134.8 £ Fleurier Pour une famille60 : entretien du ménage 142.16 £
Boudry 4 bz/jour 146 £
Auvernier «Un pauvre», pour «entretien» : 4½ bz/jour 164.5 £ Lignières Pour un pauvre - Nourriture, 21.1 bz-42 bz/sem. 110.10-218.8 £ - Nourriture, moyenne (3.3 £/sem.) 163.16 £ La Chx-de-Fonds «Un homme pauvre» : pour «se nourrir» 168 £ Bevaix «Pour se nourrir » - femme (5 bz par jour) 182.10 £ - homme (8.2 bz par jour) 310.5 £
Bevaix Pour une femme : nourriture 100.16-117.12 £ Le Locle «Ce que la - «vieillards infirmes » 100.16-168 £
chambre de charité paye»
- «pour des enfans plus jeunes que 12 ans et qu'on peut faire travailler»
16.16-50.8 £ Cernier Pension payée par la commune «pour une pauvre»,
«san conter son habillement»
142.16 £ Les Brenets Ménage de 7 personnes (veuve+6 enfants) : nourriture 593.9 £
Ces estimations sont confirmées par les quelques exemples de dépenses effectives que livre notre source : la moyenne61 en est de 130.2 £ par personne par année pour la nourriture, environ la moitié moins pour un enfant. Une somme de six à sept louis (100.16 à 117.12 £) semble effectivement représenter un minimum. Le pasteur de Bevaix cite ainsi l’exemple d’une femme « connue par son extrême économie » qui dépensait sept louis par an presqu’uniquement pour se nourrir :
« Elle n'achetait point d'habits, que des souillers ; elle était logée et avait son bois, de plus elle était âgée et usait très peu. »
Un second exemple, à Bevaix également, confirme l’affirmation. Une veuve « âgée et infirme » reçoit de sa commune (Neuchâtel) six louis par an, ce qui lui permet de se nourrir, mais non de se loger, se chauffer, s’habiller et se chausser :
« c'est tout ce qu'elle peut faire que de pourvoir à ses alimens ; on lui paye son loyer et dans ce moment je suis obligé de solliciter auprès de la chambre un suplément à sa pention pour lui acheter des souillers et du bois. »
59 La deuxième colonne du tableau résume l’objet estimé par la source. Italique : exemples de dépenses
effectives (vs estimations).
60
Selon Alphonse PETITPIERRE, Un demi-siècle…, p. 360 ; il s’agit vraisemblablement de la dépense en nourriture pour une seule personne.
61