TFRS 9 Finansal Araçlar (devamı)
2. FİNANSAL TABLOLARIN SUNUMUNA İLİŞKİN ESASLAR (Devamı) 3 Yeni ve Revize Edilmiş Standart ve Yorumlar (devamı)
De 1960 à 1975, le développement de la production cotonnière dans les départements du Borgou et de l’Alibori était encore sous le contrôle de la CFDT. La régulation de la commercialisation de la production était de nature marchande.
1.1. Relations marchandes, asymétriques et jeux de rapport de force
Dans la coordination marchande, les producteurs se déplaçaient individuellement loin de leur village avant de pouvoir commercialiser leur coton-graine, avant d’accéder aux intrants et autres facteurs de production comme les appareils de traitement et l’équipement agricole. L’insertion des producteurs aux relations marchandes se faisait dans un cadre strictement individuel et indépendant à l’intérieur d’un même village. Un seul marché peut être le lieu d’échange de la production cotonnière pour plusieurs producteurs venant de villages parfois très éloignés.
L'équipe d’achat de la CFDT avait le pouvoir et l’exclusivité de décider, de classer et de payer le coton-graine en fonction de sa qualité. L’agent d’achat de la CFDT déterminait la valeur marchande de la production livrée en fonction de la qualité, du prix et de la quantité produite. Dans la coordination marchande, le producteur individuel avait le sentiment d’être un acteur dominé, ignoré, peu écouté, ayant peu de droit au chapitre. Il était logiquement peu incité à s’impliquer réellement dans la relation marchande engendrée par la production du coton- graine caractérisée par une plus forte incertitude sur les modalités de commercialisation. Cela est confirmé par le niveau faible de la production cotonnière au plan national sur la période considérée : seulement 10.300 tonnes de coton-graine produites en 1966-67 contre 35.985 tonnes en 1970-71 et 49.795 tonnes en 1972-73.
La valeur marchande de la production tient au prix d’achat et dépend de la qualité du coton- graine livré. L’asymétrie des relations marchandes était accentuée parce que les producteurs étaient en majorité analphabètes et ne pouvaient maîtriser le processus de commercialisation de leur production. Le manque de contrôle légal des producteurs sur la commercialisation de la production créait un environnement méfiant et suspicieux. Etant donné qu’à l’époque, le coton était la principale production marchande génératrice de revenu monétaire substantiel par rapport aux productions vivrières, les relations marchandes étaient concentrées sur cette production dans les deux départements du Borgou et de l’Alibori.
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L’approvisionnement en intrants (engrais, insecticides, herbicides, semences) et en équipement agricole (appareil de traitement phytosanitaire, houe, coupe-coupe) se faisait individuellement et de manière non coordonnée par les producteurs à travers des relations économiques indépendantes. La CFDT approvisionnait et s’occupait de livrer individuellement les intrants et matériels agricoles aux producteurs dans un cadre strictement marchand.
Les relations économiques en amont pour l’approvisionnement en intrants et en aval pour la commercialisation de la production étaient indépendantes des relations et normes sociales existantes entre producteurs dans les villages. Si les relations économiques exclusivement marchandes gouvernaient les relations individuelles entre producteurs, le nombre de catégories d’acteurs intervenant dans la production et la commercialisation du coton-graine était certes limité : les agents d’achat de la CFDT d’un côté et les producteurs individuels de l’autre. Les mécanismes d’échanges marchands individuels et indépendants des producteurs génèrent, pour eux, d’importants coûts de transaction mais aussi à la CFDT pour la définition et le transfert de droit de propriété sur le coton en tant que commodities. La CFDT recense les besoins en intrants et les livre individuellement aux producteurs, récupère les crédits intrants et achète le coton-graine individuellement auprès des producteurs dans les villages.
Les relations économiques entre producteurs dans un même village sont indépendantes et non coordonnées entre eux. Ce qui importe pour les acteurs, c’est le contrôle physique des biens et des ressources. En effet, les producteurs sont obligés d’aller individuellement sur un marché éloigné avant de pouvoir commercialiser leur coton-graine et la CFDT est tenue de passer de village en village pour acheter et transporter le coton-graine vendu vers ses usines de transformation. Les relations économiques étaient celles d’une transaction de négociation ou de marchandage où les agents d’achat de la CFDT usaient des relations asymétriques sur le plan de la persuasion et de la coercition économique pour convaincre individuellement les producteurs. Ainsi, le marché favorise les jeux de rapport de force et présente des dissymétries entre acteurs (Henochsberg, 2001).
1.2. Des relations économiques limitées à l’échange marchand
Il n’y a pas de continuité dans les relations économiques qui sont arrêtées à la fin du processus de commercialisation et lors du paiement du coton-graine aux producteurs. Il n’y a qu’un seul type de revenu payé aux producteurs. Le seul revenu payé correspond à la quantité réelle de
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coton-graine commercialisée par chacun des producteurs. Ainsi, les relations marchandes créent un lien temporaire qui ne dure que le temps de l’échange et est dissout avec sa réalisation (Barthélemy et Nieddu, 2003). Les relations économiques étaient peu encastrées dans les réseaux sociaux de producteurs puisqu’elles sont individualisantes et sans actions collectives. Le fonctionnement et l’organisation économique de la production cotonnière étaient basés sur des relations marchandes entre producteurs, entre vendeurs et acheteurs, et sur des comportements individuels. Il y avait peu de place aux organisations, aux actions collectives et aux réseaux sociaux dans les échanges marchands qui accompagnent en amont et en aval la production de coton-graine28.