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[Firnelicht Oteli tarafından Prens Sabahaddin'e gönderilen mektuplar]

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Tam metin

(1)

9faits Sirnelichf

St. Beatenberg^

(Berner Oberland) 1150 m. U. AI. Tel. 4904 Monsieur Sabaheddine c/o M r . Evard C o l o m b i e r a v . de la gare 3

(2)

St. Beatenberg Pension Firnelicht

- n .

le 8 novembre 1947

Cher Ami

depuis longtemps nous sommes sans nouvelles de votre part et nous n e ■pouvons qu'esperer que vous trouvez bienl Je vous rends la lettre ci-inclase, que vous m'avez envoyé l'hiver

dernier.

En attendant, est-ce-que les affaires ont un peu avancé ?

A mon grand regret $e doit de nouveau vous demander de nous rembourser les $oos.— fr., soit en une fois, soit à plusieurs reprises. Comme vous le savez, nous gagnons notre vie à grande peine et une somme pareille ne peut pas etre perdue. Je vous avais déjà demandé de faire des petits versements chaque mois, ce qui vous serait possible avec de la bonne volonté. En versant

chaque moi 2o à 3o sfrs, la somme diminuerait bientôt et on verrait la bonne volonté de votre part. Comme Mr. Lutfi vous fait des envois assez généreux, vous pourriez assez bien réussir dà faire des économies dans ce sens.

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Voulez-vous que je m'adresse a Mr. Lutfi personellement? Je ne doute pas, qué il comprendra la

situation.-Avez-vous l'intention de passer tout l'hiver chez vos amis < Evard? Veuillez bien saluer Mr. Evard de la part de soeur Anna

et de la mienne, c'est avec plaisir que nous nous rapellons sa visite au Beatenberg et le beau concert qu'il a donné avec

V M r . Lehman.

(3)

T-T-SVi/JlL.

St. Beatenberg Firnelichf'

le 4 juin 1948.

Cher Ami,

qu'est-ce cela veux dire? Voulez-vous essayer l'efÆèt que produit une telle nouvelle chez vos plus proches amis? Je n'y comprend rien et je vous prie de bien vouloir m'écrire quelques mots pour me renseigner au sujet de la lettre de votre frère, |âS^je ne peux pas lire le nom.

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, Il m'écrit:t „ . , . , . , ,,

... . e me fais ^ devoir de vous aviser qu'étant son ^

(çirfï

. , exécuteur (testamentaire, conformément aux dispositions de

* ' son testament, je ouis chargé de vous remèttre deux milles francs suisses sur la part qui lui reviendrait de l'héritage en vue et dont le recouvrement est activement poussé.1'

Jamais je H'ai entendu qu'on exécute un testament pendant! la

personne même qui fait les dispositions testamentaires est encore en vie et peut-être en bonne santé! Vous êtes en vérité un

original, je dois le dire!

J'ai reçu cette lettre juste avant le souper et elle m'a entière­ ment pris 1'appétitl J'étais toute attristée et même un peu

fâchée, que nos ami^s communs ( Evard,Leemann, Bosshard) ne m ’avaient pas avisé ni d'une maladie sé.rieus^ni de votre départ dans l'autre monde! Quelle situation

jj

Heureusement que Mr. Evard a le téléphone et que j'ai pu prendre mes renseignements à votre sujet, avant de commander une courronne, qui hélas, cerait arrivée beucoup trop tand, j ' em étais sûre!

Cher Ami, je regrette vivement que vous ne soyez pas ici, pour que je puisse vous secouer un peu en révanche du choque que vous m'avez occasionné. Mais c'est une consolation de penser au fait, que les personnes dites parties, vivent d'autant plus longtemps! Donc je peux espérer d'avoir un jour le plaisir de vous secouer la main et de me persuader que vous êtes en bonnes conditions et réellement en chair

et

en os!

J'attend donc prochainement une explication concernant les l'44o.- fr. dépassant votre empr unt, et même d u s , comme vous avez déjà fait des petits versements.

(4)

Afrez-vous l'intention de faire un séjour à Beatenber^, au Eirnelicht même? Dans ce cas ne tardez pas, en juillet et août la maison est déjà pleine.

ïïous avons eu une misérable fréquentation pendant tout le printemps, c'était la règle un peu partout, même au Tessin. Beaucoup de Suisses vont à l'étranger mainteneant que les frontières sont ouvertes. En hiver nous avons eu 3 visites

chaqu'une de 3 mois, cela veux dire 3 x 9o jours, donc 27o jours de moins de pensionaires payants et cela n'était pas très

facile pour nous. Mais c'était très beau d'avoir nos amis Petersen et une soeur de S)r. Anna ici, qui avaient ce séjour fort besoin. Madame Petersen a une tuberculose des yeux, occasio née par les privations de ces dernières 9 années. Mr. Petersen avait la mine et la tenue d'un vieillard de 8o ans et en partant après ces 3 mois il était rajeuni d'au moins2o ans!

Ce qui concerne la soeur de sr. Anna, celle-ci ne l'a pas

reconnue en lui ouvrant la porte, tellement elle avait changée et telle sa mine était mauvaise.

Moi-mème je suis en mauvais état de santé, et cela au début de la saison. J'ai eu un accidant en février,tombant sur mon genou, et la lésion n'est pas encore guérrie. Je marchépénible­ ment, aussi peu que possible.Pour que la pauvre soemr Anna ne

soit pas trop surmenée nous avons du engagé une aide de ménage en plus.

Vouf voyez, cher Ami, que ce n'est pas seulement vous qui avez des misères et des peines, la vie est difficile et il faut beaucoup d'energie pour pouvoir se maintenir.

J'ai entendu avec plaisir, que Mr. Evard me disait:" Merci, cela va joliment1/" Lors son séjour au Beatenberg cela n'allait pas bien, sa situation financière semblait soucieuse et je suis

eontente que cela aille mieux maintenant.

Et vous-mème, que fait la santé et le moral? Quand vous aurez enfin touché cet héritage si longtemps attendu-irez vous dans votre pays? Pour le moment ce n'est pas gai dans ce coin du monde,il faut espérer que cette malheureuse guérre finnisse bientôt sans autres conséquences.

Veuillez remettre mes bons souvenirs à Mr. Evard. Bonne chance et au plaisir de vous lire

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***En langage courant, on renforce souvent l’interrogation avec “est-ce que” sans inversion:?. *Où est-ce que