Milletlerin ve Milliyetçiliğin Geleceği

In document Balkanlaşma ve Balkanlar'da Türk kimliği (Makedonya ve Kosova örneği) (Page 95-99)

3. MİLLET KİMLİĞİ VE MİLLET KİMLİĞİNİN OLUŞUMU

3.6. Milletlerin ve Milliyetçiliğin Geleceği

L’étude en lien avec le public des mineurs non accompagnés et des habitants de la Côte Sainte-Catherine, impose, de facto, une contrainte géographique et une limitation au quartier prioritaire de la politique de la ville. De même, j’ai circonscrit la recherche aux personnes qui habitent et interviennent sur le quartier. Étant des acteurs engagés dans ce microenvironnement, ils sont à même de mieux en parler.

L’étude des représentations sociales a été détaillée sous différentes approches dans son histoire, tant quantitative par le biais de questionnaires, que qualitative via des entretiens. Une véritable richesse existe quant aux multiples méthodes employées pour recueillir les différents commentaires des gens interrogés. Néanmoins, c’est l’entretien qui a retenu mon choix. La méthode de recueil de données choisie est par conséquent qualitative et discursive. Elle relève d’entretiens semi-directifs individuels et groupaux via trois corpus permettant de recueillir une parole relativement ouverte. De plus, elle permet d’observer les similitudes et les variations des différents discours, véritable élément voulant être recueilli, qui sera comparé dans la partie analyse de ce mémoire. Selon Blanchet et Gotman, cette méthode est idéale pour les enquêtes sur les représentations : « ces enquêtes sur les modes de pensée supposent la production de

raisonnements et les logiques subjectives de l’interviewé » (BLANCHET, GOTMAN, 2017,

p29).

Les corpus choisis sont les suivants :

• Un collège de différents professionnels du secteur social travaillant sur le quartier, gravitant autour des MNA et des habitants, interrogés de façon individuelle,

• Un groupe composé des acteurs du conseil citoyen du quartier prioritaire de la politique de la ville, interrogé de façon collective,

• Un groupe complémentaire composé de jeunes du quartier âgés de 8 à 12 ans, membres du groupe « Les P’tits médiateurs », interrogé de façon collective.

Le premier corpus a été pensé en vue de collecter des informations dites « de terrain » au contact de la population locale. En effet, interroger des professionnels du secteur social et du logement, en contact régulier de près ou de loin avec ces populations me semble correspondre à ce qui est recherché : l’avis de professionnels de la cité sur les causes d’un phénomène. J’ai à cet effet, décidé de rencontrer : animateurs, médiateurs, éducateurs, responsables de service ou d’établissement, intervenants sociaux. Ces derniers ont pu alors livrer leur avis de technicien quant à ce qui se joue sur le quartier, en lien avec leur expérience.

Le second corpus composé des membres du conseil citoyen est géré par le centre social après délégation du service politique de la ville. Ce regroupement de personnes est un véritable porte-voix des individus présents sur un quartier prioritaire. Pour rappel « les conseils citoyens doivent

favoriser l’expression de la parole des habitants des quartiers »8. Cet outil de concertation et de mise en place de nombreux projets est une ressource précieuse dans le cadre de cette enquête car il porte la parole du quotidien de ses résidents. Ainsi, le conseil citoyen étant composé d’habitants et d’acteurs locaux (commerçants du quartier mais aussi représentants d’associations), permet de recevoir un avis riche et varié. J’ai choisi l’entretien collectif car ma volonté n’était pas de sélectionner un habitant plus qu’un autre. De plus, avoir un avis de chaque « secteur du quartier » aurait été un chantier trop fastidieux pour cette étude.

Par ailleurs, le sujet des représentations sociales des habitants vis-à-vis des MNA est un point relativement sensible qui peut être accueilli de façons diverses et ainsi dans certaines éventualités, bloquer la parole d’une personne en entretien individuel. D’autant plus que la crainte de « l’entretien blanc » à savoir que l’interrogé se fige et ainsi n’exprime pas ce qu’il pense était présente. Par conséquent, grâce à l’entretien de groupe et sa liberté de parole, l’échange a été facilité avec les acteurs du conseil citoyen présents, instaurant un climat propice au débat. Il est important de noter que, préalablement à notre entretien, je suis venu présenter ma démarche lors d’une réunion afin d’informer les membres du conseil citoyen de la teneur de cette entrevue. L’intégralité du groupe a été d’accord pour m’accueillir. Enfin, l’autonomie du conseil citoyen et l’absence d’élu sont des éléments à prendre aussi en considération. Il m’a semblé intéressant et pertinent d’associer cette structure représentative du quartier en intégrant pleinement ses membres à ma démarche.

Le troisième corpus est composé de jeunes âgés de 8 à 12 ans vivant sur le quartier. Ce groupe appelé « Les P’tits médiateurs » est géré par le médiateur social du centre social de la CSC dans le cadre du Projet de Réussite Éducative financé par le service politique de la ville. Les objectifs de ce groupe sont multiples : éduquer à la citoyenneté, favoriser la non-violence et la communication, développer des compétences sociales et civiques comme l'autonomie et la responsabilité. Toute l’année, les jeunes sont accompagnés afin d’acquérir les techniques de médiation : travail sur les émotions et sur l'écoute, connaissance du groupe, vocabulaire du médiateur (mots-clés, reformulation...), message clair, utilisation et création d’outils. Les jeunes ont aussi passé une journée au parlement européen de Strasbourg, dédiée à la citoyenneté. La finalité de ce projet est la suivante : être capable de gérer des petits conflits et de communiquer de manière bienveillante. L'intervention et l'action « des p'tits médiateurs » doivent apaiser les tensions sur le quartier et dans les établissements scolaires. À cet effet, et en qualité d’entretien complémentaire, j’ai décidé d’interroger ces jeunes. Leur vision du quartier en tant qu’enfant peut être une donnée intéressante dans le cadre de cette étude. De plus, habitant le QPV, ils ont pu donner leur ressenti quant à la situation observée via leurs yeux d’enfants et d’apprentis médiateurs. Afin de procéder à l’entretien, une autorisation parentale et une note d’information ont été données aux parents. Le médiateur social a quant à lui informé les jeunes de ma venue. L’intégralité du groupe été d’accord pour m’accueillir.

Aussi, courant janvier 2019, lors de la réalisation du diagnostic sur l’intégration des mineurs non accompagnés, la question s’est aussi posée quant à la mise en place d’un questionnaire à destination des habitants, en passant par les différents commerçants du quartier (boulangère, bar-tabac, petite distribution, coiffeur, médecin…) Il fut rédigé et prêt à être distribué. J’ai alors reçu le conseil avisé du directeur adjoint du Centre Intercommunal d’Action Sociale, m’invitant vivement de ne pas le mettre en place. Au regard d’une vive tension du sujet des mineurs non accompagnés, tant par la direction de l’agglomération mais aussi par le service enfance-parentalité du conseil départemental et de l’atmosphère palpable existante sur le quartier, il convenait d’être vigilant. Toujours dans le cadre du diagnostic quant à l’intégration des MNA, j’avais sollicité une rencontre avec la cheffe du service MNA du conseil départemental. Après deux mois d’appels, de plusieurs relances téléphoniques, mailing et une lettre officielle signée de la vice-présidente de l’agglomération en charge du service, j’ai finalement réussi à décrocher un rendez-vous. J’avais aperçu cette responsable du département lors d’une conférence mise en place par l’Association Meusienne d’Accueil des Trajets de vie des Migrants, intitulée

« Aujourd’hui MNA et demain … ? », la première en la matière sur le territoire. J’avais alors

sollicité un agent du service s’occupant des jeunes migrants afin de répondre à quelques questions pour mon étude. La cheffe du service MNA s’était alors interposée, m’expliquant qu’il fallait « préparer les réponses à donner ». À mon sens, cela caractérise les tensions que suscite ce sujet sur le département meusien. C’est lors de ces événements que j’ai pris l’ampleur de la situation autour de ce public, l’enjeu politique qui en découlait et les difficultés pour en parler. Toutefois, dans le cadre de cette étude, le contexte n’était pas le même : une étude scientifique universitaire concernant la recherche ; un diagnostic commandé, concernant l’agglomération. Ma qualité de « stagiaire-chercheur » et non d’agent de la collectivité intéressait et intriguait les différentes personnes que j’ai sollicitées.

• Outils de la recherche

Afin de procéder aux entrevues, différentes grilles d’entretiens avec des thèmes communs ont été réalisées (annexe 4).

Le positionnement n’était pas le même en fonction des enfants, des membres du conseil citoyen et des professionnels :

Les entretiens individuels avec les professionnels furent réalisés de façon semi-directive, à l’aide d’une grille d’entretien.

L’entretien collectif avec les membres du conseil citoyen fut réalisé de façon semi-directive, puis de façon libre, afin de laisser place au débat, tout en régulant celui-ci lorsque cela était nécessaire. La grille d’entretien servait alors de fil conducteur à la conduite de celui-ci.

L’entretien collectif avec le groupe des « P’tits médiateurs » fut réalisé de façon semi-directive au même titre que le précédent, néanmoins, je devais veiller à réguler la parole des enfants, celle-ci pouvant vite sortir du contexte de la présente recherche.

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