2.3. ŞEMA KAVRAMI
2.3.1. Şema Alanları ve Erken Dönem Uyumsuz Şemalar
2.3.1.5. Aşırı Tetikte Olma ve Bastırılmışlık Alanı
Les carnivores ainsi que les omnivores consomment des produits animaux (viandes, moelle, os, …), cette pratique peut alors avoir un impact taphonomique. Mais les os contiennent des nutriments et sont riches en minéraux nécessaires à de nombreux animaux, comme les rongeurs, les herbivores, certains volatiles, mais aussi les insectes et les gastéropodes.
4.2.1.1 Qui est le responsable : humain ou carnivore ?
L’approche des traces de carnivores se fera de façon très différente que l’on soit sur un site paléolithique ou néolithique. Pour le Paléolithique, l’impact des carnivores revêt un caractère parfois majeur de l’étude afin de déterminer si les restes accumulés proviennent de l’activité de carnivores uniquement ou de l’Homme (Lyman, 1994), tous deux ayant pu partager leurs lieux de vie, notamment les grottes et abris.
Au Néolithique en France, et dans notre cas sur un site d’habitat de plein air, à plus forte raison pour les taxons domestiques, les restes peuvent être associés à l’activité humaine beaucoup plus facilement, les gros carnivores ne partageant plus les mêmes lieux d’habitats que les Hommes. En revanche, un accès secondaire aux ossements, par des carnivores mais aussi par des herbivores, ayant joué un rôle dans la constitution de notre ensemble de restes est envisageable (Blaise, 2009 ; Binford, 1981 ; Lyman, 1994). Plusieurs petits carnivores (chat,
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fouine, belette, …) sont susceptibles d’être entrés en contact avec les os de notre corpus, tel que les chiens dont nous allons détailler les effets.
4.2.1.2 Le rôle du chien
Au Néolithique, le chien est domestiqué et sa présence est attestée sur de nombreux sites, site des Moulins à Saint Paul-Trois-Châteaux ou du Gournier à Montélimar (Bréhard, 2007) par exemple. Ce carnivore peut donc avoir un accès aux restes animaux, les restes pouvant même lui être directement donnés par l’Homme. Cela va avoir différents impacts.
Les études sur les carnivores de Marean et Spencers (1991) à partir de plusieurs études antérieures ont révélé que les chiens s’attaquaient en priorité aux extrémités graisseuses des os, pouvant aller jusqu’à les faire disparaître, avec des résultats très significatifs. Cette recherche de graisse amène ensuite l’animal à s’attaquer à la diaphyse distale et proximale et en dernier lieu à la partie centrale. Marean et Spencers ont réalisé le gros de leur étude sur des hyènes, mais ils montrent que cela est transposable pour le chien, avec une puissance de destruction moindre. Leur expérience démontre que les chiens vont s’attaquer en priorité aux os et parties d’os les plus fragiles, qu’ils pourront le plus facilement ronger, voire broyer alors qu’ils laisseront quasiment intactes des parties d’os plus solides.
Les chiens peuvent également ingérer des ossements, qui se retrouveront alors en partie dans leurs déjections. L’acidité des sucs gastriques aura pour effet de dissoudre les ossements (Davis, 1987). Payne et Munson (1985), ont montré que les chiens n’avalent pas les os supérieurs à 2,5 cm, avec, dans le cas de corrosion due au chien un impact qui ne sera visible que sur les petits fragments, permettant de la distinguer d’une corrosion due à l’environnement.
Tous ces paramètres induisent alors une conservation différentielle des restes due au chien. Et c’est en observant ces différents critères que l’impact du chien peut être appréhendé. Le chien peut également laisser des traces sur les ossements, et notamment des traces de crocs, de forme plutôt circulaire, enlevant parfois des éclats, des dérapages de dents, des denticules sous forme d’encoche en bord de diaphyse (Blaise, 2009).
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Enfin, le chien peut aussi déplacer les restes par rapport à leur lieu de rejet initial. Si sa présence est attestée, c’est un critère à prendre en compte en cas d’étude spatiale des restes fauniques sur le site.
4.2.1.3 Les herbivores.
Les herbivores peuvent, dans le cas de carences alimentaires, chercher certains minéraux essentiels dans les os. Une étude a été réalisée au Bosque de Riofrio en Espagne (Càceres et
al, 2011). C’est une forêt peuplée par de nombreux cervidés et notamment des daims, où des
comportements d’ostéophagie ont pu être observés chez les herbivores. A partir des observations réalisées, trois stades ont été mis en place, a, b et c (fig. 25) :
- Le stade « a » correspond à la présence de rainures dans le sens transversal concentrées au niveau de l’épiphyse, qui peuvent se superposer. Ces rainures auront des bords très irréguliers, rugueux, cela est dû à la mastication des herbivores, en « zig- zag ».
- Le stade « b » est un stade intermédiaire, le rainurage se fait plus profond est peut être difficile à distinguer, l’épiphyse disparaît petit à petit. La partie spongieuse de l’épiphyse est visible.
- Le stade « c » : la surface est irrégulière, on ne distingue plus vraiment les rainures. L’épiphyse a alors complètement disparu, tout comme une bonne partie du tissu spongieux. Les parties latérales de l’épiphyse peuvent avoir totalement disparu ou être encore présentes, ce qui donne alors une forme en fourche à l’extrémité de l’os (fig. 26).
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Figure. 25 : Stades a, b et c des marques d’ostéophagie laissées par des herbivores. (Càceres et al.,
2011).
Cette étude avait également pour but d’apporter des éléments pouvant permettre de différencier l’impact des herbivores par rapport à celui des carnivores. Le rainurage, sa localisation au niveau de l’épiphyse et la possible disparition de cette dernière sont des caractéristiques que l’on retrouve aussi bien chez les herbivores que les carnivores, tous recherchant les minéraux contenus dans cette partie de l’os. Cependant des différences ont été observées, elles sont liées notamment à la morphologie des mâchoires et des dents de ces animaux. Parmi les os mangés par les herbivores, très peu portaient des traces de dents sous forme de trous ou dépressions généralement circulaires que l’on observe beaucoup sur les os rongés par les carnivores qui ont des canines et des dents plus pointues. La mâchoire des herbivores ne leur permet pas de mordre dans tous les os, et les os les moins larges (os longs, bois, …) sont le plus souvent choisis. Les herbivores ne vont pas non plus avoir exactement la même façon de mâcher que les carnivores, avec généralement un mouvement de zig-zag de leur mâchoire alors qu’un carnivore va croquer l’os. Les herbivores ne fragmentent pas les ossements, bien que leur action puisse les fragiliser. Les herbivores vont donc surtout avoir une action d’usure, d’abrasion de l’os. Enfin nous pouvons noter une différence entre les herbivores et les carnivores, qui ne laisse pas de trace mais est à prendre en compte : les herbivores ne déplacent pas les os, ils les rongent sur place (Càceres et al., 2011).
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Figure. 26 : Exemple d’altérations sur des os dues à des herbivores (Càceres et al., 2011).
4.2.1.4 Les autres animaux.
Les rongeurs sont attirés par ces nutriments, mais aussi par la dureté de l’os pour user leurs incisives. Ils laissent alors des traces sous forme de stries parallèles (fig. 27) qui ont pu être observées lors des expérimentations.
Figure. 27 : Stries laissées par le raclage des incisives de rongeur (source : http://www.crime-
expertise.org/la-taphonomie-une-science-meconnue/ )
Il ne faut pas négliger l’importance des insectes et des gastéropodes. Eux aussi attirés par les nombreux nutriments contenus dans les os, ils peuvent être un facteur très important de la dégradation des ossements, allant jusqu’à les faire disparaître complètement. (Chaix et Méniel, 2001).
Les suinés peuvent aussi laisser des traces sur les os et avoir un impact sur les restes osseux (Cf. partie 4.2.5.3).
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Enfin, nous pouvons supposer que les animaux peuvent fragmenter les os en y marchant dessus et en tassant le sol, engendrant des fractures droites, dites sur « os secs » (Lyman, 1994). Si ce type de fragmentation est mis en évidence cela pourrait alors nous renseigner sur le site et indiquer une zone de piétinement. Evidemment, plus un animal sera gros et lourd plus son impact doit être important. Cela pourrait aussi engendrer des stries de charriages.